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ÉditorialL’Amérique à l’heure du décompte

Dans l’Amérique de Trump, le verdict des urnes ne suffit plus. Il faudra attendre celui des tribunaux. L’Amérique est suspendue au lent décompte des bulletins de vote. Mais ce qui est banal dans d’autres démocraties – compter chaque voix exprimée pour départager des adversaires – ne l’est plus aux États-Unis. En exigeant, avant même l’annonce des résultats, l’arrêt du décompte des votes dans certains États, Donald Trump ébranle davantage encore des institutions qui lui ont pourtant permis, en 2016, d’accéder au pouvoir. En menaçant de saisir la Cour suprême pour assurer sa victoire, il ajoute du chaos à la confusion.

Le président compte sur des juges pour trancher l’issue du scrutin. Alors qu’il vient d’accomplir l’une des plus efficaces campagnes de l’histoire américaine. Allant chercher chaque voix sur le terrain, à l’ancienne. N’oubliant aucun comté susceptible de basculer dans son camp. Ne s’avouant vaincu ni par les sondages ni par la pandémie qui a détruit son bon bilan économique. Repartant au combat après la maladie. Ne ménageant aucun effort pour élargir sa base électorale.

Même si ses adversaires peinent à l’admettre, Donald Trump reste le porte-voix de la moitié du pays. Pas seulement pour ses outrances et ses talents de bateleur, mais aussi parce que près d’un Américain sur deux est convaincu de vivre mieux depuis quatre ans. Et persuadé que l’énergie et l’optimisme du président sont plus utiles au pays que le retour à la décence et à l’apaisement promis par Joe Biden.

Qu’ils soient vainqueurs ou vaincus dans les urnes et les tribunaux, les démocrates devront s’interroger sur leur incapacité à écouter cette Amérique qu’ils ignorent ou méprisent. Donald Trump vient de démontrer, sans l’aide de la Cour suprême, que ses électeurs sont encore plus nombreux qu’en 2016.

19 commentaires
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    Fort bien dit. Qui sont les responsables qui ont permis à Donald Trump de se retrouver président ? Ce sont ces mêmes démocrates qui jouent et ont joué les vierges effarouchées pendant 4 ans. Qui ont tout fait pour empêcher le pur produit de leur sottise et de leur arrogance de gouverner. Car ils sont mauvais joueurs et orgueilleux. Ces mêmes démocrates qui ont, pendant des décennies, pensé que les USA ce sont deux côtes et qu'au milieu c'est le vide sidéral. Mais Biden n'est qu'un alibi. Ce qui se prépare c'est l'arrivée de Kamila Harris. Si ce scenario devait se réaliser, là on pourra dire que que le vote de beaucoup aura été trahi.