Carnet noirL’archéologue Michel Egloff est décédé
L’un des pionniers de l’archéologie romande s’en est allé. Le Vaudois, spécialiste de la préhistoire, était surtout connu comme fondateur du Laténium, à Neuchâtel.

Un de ces Vaudois qui a contribué à construire l’archéologie romande s’en est allé. Michel Egloff est décédé jeudi dernier à l’âge de 80 ans. Le grand public le connaît surtout comme ancien archéologue cantonal neuchâtelois, enseignant à l’Université et fondateur du Laténium, ouvert en 2001 à Hauterive (NE). Derrière cette figure, un vulgarisateur et un archéologue qui a beaucoup œuvré en terres vaudoises.
D’Yverdon aux sables coptes
Natif de la Riviera vaudoise, de parents instituteurs, formé à l’Université de Lausanne au milieu de la génération qui a littéralement construit et développé l’archéologie professionnelle sous nos latitudes, Michel Egloff avait commencé à gratter le sol à Villeneuve de manière complètement clandestine, avant de se faire un nom sur des chantiers devenus emblématiques: la Baume d’Ogens, puis l’abri dit de la Cure de Baulmes. «Un chantier difficile, mais il avait su bien s’entourer», se souvient l’ancien archéologue cantonal vaudois Denis Weidmann, comparse avec Michel Egloff d’une expédition auprès des Kellia, en Égypte. Le futur préhistorien, qui sera également un des premiers à étudier les céramiques d’Aventicum, ramènera des sables de Nitrie un solide bagage en céramique et en archéologie copte, dont il reste une référence.
Formé encore à la Sorbonne, fouilleur à la Cité à Lausanne, enseignant au collège d’Yverdon et conservateur du musée régional, Michel Egloff sera engagé à Neuchâtel en 1969. Il va y assurer les grandes recherches sur le littoral alors en plein développement notamment autoroutier. Avant de voir se concrétiser son grand musée, le Laténium, voué à porter une archéologie tournée vers le public et vers la recherche, comme le relève son successeur, Marc-Antoine Kaeser, dans les colonnes du «Temps». «Homme curieux, distingué, diplomate et puits de sciences», note encore Denis Weidmann, Michel Egloff a également inspiré toute une série d’archéologues, aujourd’hui à l’œuvre.
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