L'asile aussi a oublié les femmes
Le 14 juin dernier, la déferlante violette qui a rempli nos rues a démontré une chose: les femmes sont là, en masse. Et pourtant elles restent quantité négligeable dans un monde fait par et pour les hommes. Dans leurs revendications, les organisatrices de la grève féministe ont eu assez de vista pour ne pas oublier les migrantes. Ce triste constat les touche elles aussi. Ô combien.
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Dans la foule, on a vu des pancartes exigeant le droit de rester pour toutes les femmes victimes de violences non seulement sexuelles, mais aussi sexistes dans leur pays. À l'ère de #MeToo, on se pique de voir que ce thème ne fait qu'émerger dans les consciences. Barricadées dans les zones de transit des aéroports, comme autrefois les dissidents politiques, les jeunes femmes fuyant l'Arabie saoudite s'invitent désormais à la une des journaux. Il était temps. Car combien de régions du monde offrent encore une citoyenneté de seconde zone à la moitié de leur population? Combien de femmes ne peuvent compter que sur elles-mêmes lorsque leur famille fait la loi et que l'État n'y voit rien à redire? Cela ne date pas d'hier, et les pays concernés sont bien connus. Malgré cela, dans le domaine de l'asile aussi les femmes ne sont pas au centre des préoccupations.
«En 2017, la Suisse a accordé sa protection à 545 femmes menacées parce qu'elles étaient femmes. On est loin de la déferlante»
En Suisse, il a fallu attendre 1998 pour que la loi sur l'asile reconnaisse que, dans certains cas, quand on est une femme il n'y a pas d'autre choix que la fuite. Depuis dix ans seulement, le Secrétariat d'État aux migrations applique des directives spécifiques aux persécutions liées au genre. Ce n'est qu'une demi-reconnaissance. La loi sur l'asile protège les personnes en danger en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social ou de leurs opinions politiques. Cherchez la femme. À ceux qui craindraient l'appel d'air, relevons qu'en 2017 la Suisse a accordé sa protection à 545 femmes menacées parce qu'elles étaient femmes. On est loin de la déferlante. Sans doute parce qu'aujourd'hui encore la Suisse n'hésite pas à répondre à une victime de mariage forcé que le régime des mollahs peut certainement garantir ses droits.
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