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ÉditorialL’assaut tardif des marques en Chine

Le véhicule électrique chinois prend des airs de planche de salut dans une industrie sinistrée par la pandémie actuelle.

«Dans l’électrique, il faut avant tout réussir en Chine», déclarait en 2019 Stephan Wöllenstein, le patron de la division locale du groupe Volkswagen. Il aura toutefois fallu un an supplémentaire et un effondrement mondial des ventes en 2020 pour que le géant allemand se réveille enfin. En plus d’un plan de 2 milliards déjà présenté au printemps, VW compte désormais mettre les bouchées doubles en Chine en y investissant quelque 16 milliards de francs. D’ici 2025, le groupe parle de la mise sur le marché chinois d’une quinzaine de nouveaux modèles 100% électriques.

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Après un bref coup de mou ces dernières années provoqué par une stagnation des ventes, le marché automobile chinois est donc à nouveau au centre de l’attention des constructeurs. Il prend même des airs de planche de salut dans une industrie sinistrée par la pandémie actuelle. Du moins dans le domaine électrique au vu des ambitions de Pékin dans ce domaine. Pour inciter l’achat de véhicules à faibles émissions, le gouvernement s’est décidé à prolonger les soutiens financiers à l’acquisition de voitures vertes jusqu’en 2022. L’objectif est clair, d’ici cinq ans, l’État a pour ambition qu’un quart des voitures roulant en Chine aient un moteur électrique.

«Déjà notable chez nous, le retard des marques occidentales dans l’électrique est encore plus flagrant en Chine»

Vu que le parc de ce type de véhicules ne pèse pas plus de 5% à ce jour, le potentiel de croissance des ventes est gigantesque dans un pays qui accapare déjà plus de la moitié des ventes mondiales de voitures électriques. Sans trop de surprise, ce nouvel eldorado chinois fait rêver toute l’industrie automobile. Les marques occidentales y trouveront-elles pour autant leur place? Déjà notable chez nous, leur retard dans l’électrique est encore plus flagrant dans l’Empire du Milieu. Face aux géants nationaux que sont BYD, SAIC, BAIC et les quelques rares outsiders comme Tesla, Volkswagen et ses consœurs occidentales auront forts à faire pour séduire les consommateurs chinois. Sans cela, elles risquent fort de devoir se contenter des quelques miettes restantes.