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Patrimoine lausannois en détresseL’Auberge de Sauvabelin restera vide encore au moins deux ans

L’avenir du site avait déchaîné les passions l’an dernier. Les autorités lausannoises ont renoncé à détruire l’édifice et relancent une démarche participative.

L’auberge est vide depuis 2015, après que le dernier tenancier a baissé les bras devant l’ampleur des travaux de mise en conformité à effectuer.
L’auberge est vide depuis 2015, après que le dernier tenancier a baissé les bras devant l’ampleur des travaux de mise en conformité à effectuer.
Odile Meylan


Recours, pétition, interpellation urgente… La municipale Verte Natacha Litzistorf, s’était retrouvée face à un mur l’an dernier, lorsqu’elle avait annoncé vouloir «déconstruire» l’Auberge de Sauvabelin. Aujourd’hui, c’est l’option de la rénovation complète qui est choisie. Précédée et basée sur une méthode que l’élue écologiste affectionne: la démarche participative. La deuxième dans le cas de l’établissement lausannois.

La «saga» de l’Auberge de Sauvabelin débute en 2015 alors que le nouveau tenancier décide de jeter l’éponge et de rendre les clés à la Ville.

Un premier appel à la population

Les années passent et en 2017, Natacha Litzistorf, directrice du logement, de l’environnement et de l’architecture, décide de lancer une réflexion participative «pour savoir comment elle [la population] imagine ce lieu et à quel point l’auberge est chère au cœur des Lausannois» expliquait alors la municipale dans nos colonnes.

L’étude citoyenne conclut que l’Auberge de Sauvabelin est importante pour les quelque 500 participants et que certains regrettent sa fermeture. «À l’époque, précise l’élue écologiste, on avait compris que les gens étaient attachés à la fonction du bâtiment et pas à l’Auberge elle-même.»

On déconstruira…

En mai 2019, la Municipalité annonce la «déconstruction» et l’installation d’un espace de pique-nique pour un montant de 900’000 frs. Un choix motivé, notamment, par la volonté de la Ville de poursuivre la renaturation du site et par l’état de vétusté du bâtiment qui aurait nécessité de doubler l’investissement (1,8 millions).

Le projet se heurte à sept oppositions dont le Mouvement pour la Défense de Lausanne (MDL) qui refuse de voir «effacer plus de cent ans d’histoire». La Municipalité organise alors une rencontre: «en allant sur place avec le MDL, je me suis rendue compte que leurs arguments étaient sensés et touchants, raconte Natacha Litzistorf. La juxtaposition de souvenirs de plusieurs générations nous a fait comprendre que l’on touchait au cœur des habitants de la Ville.» Le projet est suspendu.

… Ou pas

Un an plus tard, rétropédalage. Dans le nouveau préavis, la Municipalité abandonne la «déconstruction» de l’Auberge et réexamine la possibilité de réaliser des rénovations. «Nous voulons absolument conserver le petit chalet originel qui a une valeur patrimoniale et qui mérite d’être conservé, décrypte la cheffe du dicastère logement, environnement et architecture. Par contre, les extensions pourront être retravaillées pour mieux s’intégrer dans le paysage.»

Le chalet originel de l’Auberge de Sauvabelin.
Le chalet originel de l’Auberge de Sauvabelin.
Ville de Lausanne

En attendant, impossible d’utiliser l’établissement puisque les locaux ne sont pas en conformité, notamment avec les normes incendies. Sans parler de la cave qui continue d’être régulièrement inondée.

Avec cette nouvelle démarche participative, la Ville entend offrir aux Lausannois l’occasion de repenser l’avenir de l’Auberge et de ses aménagements afin de garantir la convivialité, le bon usage du site et sa bonne intégration dans le travail de réaménagement et de renaturation du site entreprise avec succès ses dernières années.

Si tout va comme prévu, la population pourrait être appelée à venir consulter le projet dans le courant de l’année prochaine.

9 commentaires
    À.Pasquier

    Cette petite Auberge avec son étang et ses biches, sont un souvenir précieux de mon enfance et certainement aussi pour tant d’autres Lausannois.

    Depuis longtemps désormais on détruit tout le charme des anciens bâtiments, l’âme de cette ville.

    On construit à leur place, sans retenue, des œuvres colossales en grandeur, en coût, et au charme douteux.

    On creuse tous les jours et partout nos routes: on modifie, re-qualifie, re-aménage  les réseaux routiers, soit disant, pour une meilleure fluidité.

    Triste est mon constat: au lieu d’améliorer le quotidien des gens, on le complique, on impose des aberrations structurelles en lieu et place du patrimoine qui devrait être conservé et protégé.

    Mais ainsi va le monde.... 😞