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Engagement citoyenLausanne démarre son 3e budget participatif

Le budget participatif de la Ville de Lausanne a su résister au coronavirus. La troisième édition, dotée de la plus haute cagnotte à ce jour, est officiellement lancée.

Le Conseiller municipal David Payot le 10 octobre 2020 à Lausanne lors de l’ouverture des votes pour les projets citoyens pour la 2e édition du budget participatif.
Le Conseiller municipal David Payot le 10 octobre 2020 à Lausanne lors de l’ouverture des votes pour les projets citoyens pour la 2e édition du budget participatif.
Florian Cella/24 heures

La troisième édition du budget participatif de la Ville de Lausanne est officiellement lancée. Dans la salle du Conseil communal, le municipal POP David Payot, chargé de l’Enfance, de la Jeunesse et des Quartiers, a présenté les modalités de ce qui est encore un projet pilote.

Comme lors des deux éditions précédentes, la population lausannoise est invitée à présenter des projets destinés à améliorer la vie des quartiers. Tout projet est digne d’intérêt pour autant qu’il se tienne dans la limite de 20’000 francs. Cette année, ce sont 175’000 francs qui sont alloués à ce budget participatif, contre 150’000 l’année passée, et 100’000 en 2019.

Autre nouveauté cette année, la volonté affichée d’inciter les établissements scolaires de la ville à participer. Pour rappel, le plus jeune participant de l’édition passée avait 12 ans.

Les effets positifs du coronavirus

David Payot a souligné que «malgré la situation particulière, la 2e édition a connu un franc succès, tant au niveau du nombre de projets acceptés qu’en termes de vote, puisque c’est 3% de l’ensemble de la population lausannoise qui s’est prononcée sur les propositions des candidats». Et Julie Erard, chargée du projet pour la Ville de rebondir: «Nous avons pu réaliser tous les projets de la première édition, et la moitié des projets de l’année passée sont en passe de se concrétiser, avant que le reste ne suive.»

Et c’est justement avec l’aide d’une lauréate de la 1re édition que David Payot a lancé cette édition 2021. Christelle François Micoulas, représentant le projet «L’autre midi» en collaboration avec la Bourse à travail, est revenue sur son expérience, elle qui avait vu son idée de formation solidaire en cuisine créditée de 15’000 francs en 2019.

«Notre projet propose à toute personne n’ayant pas de CFC d’acquérir une formation pour devenir aide de cuisine. La formation leur permet de prétendre à un emploi dans la restauration par la suite. Le but est de savoir travailler en cuisine, mais aussi d’acquérir des compétences en service, en préparation de plats à l’emporter, en relation clients et autres domaines touchant à la restauration. L’équipe d’apprenantes était essentiellement composée de femmes issues de l’immigration.»

«Nous voulons valoriser les personnes issues de l’immigration en démontrant leurs ressources.»

Christelle François Micoulas, lauréate de la 1re édition

Le coronavirus a passablement compliqué la mise en œuvre du projet, d’après Mme François Micoulas, mais malgré un arrêt entre mars et juin, la formation a pu concrétiser les attentes de tous les participants.

À ses côtés se tenait d’ailleurs l’une de ses «apprenantes», Mme Maritza Badoux, qui s’est dite «très reconnaissante» pour un projet qui lui a permis de se sentir «enrichie en tant que personne, femme, et mère». Car le projet de «L’autre midi», en plus de sa vocation formatrice, comporte également une dimension sociale. Les repas préparés par la dizaine d’apprenants de Mme François Micoulas sont en effet proposés à toute personne qui en a envie ou besoin. Le prix du plat est à la discrétion du client.

«Nous voulons valoriser les personnes issues de l’immigration en démontrant leurs ressources, explique la lauréate. Créer du lien social, améliorer leur intégration et faire baisser la crainte à leur égard, voilà ce que vise aussi ce projet. On a moins peur de ce que l’on connaît.»

Un horizon envisagé sereinement

«Cet exemple est typique de ce que nous voulions avec ces budgets participatifs, reprend David Payot. Le but est vraiment de mobiliser et accompagner la population dans des projets porteurs dans les quartiers, en mettant les habitants au cœur de l’action sans que l’État soit vu uniquement comme un pourvoyeur de services.»

Cette troisième édition est aussi la dernière de la phase pilote de cette expérience pionnière en Suisse, mais qui a su faire des émules, puisque Zurich s’est doté d’un budget participatif dans l’un de ses quartiers depuis l’automne passé.

«La pérennisation de ce projet ne pourra être effective que si le Conseil municipal l’approuve une fois sa composition définitive connue (ndlr: après les élections communales, le 28 mars prochain), conclut David Payot. Pour l’instant, le préavis est plutôt favorable, et la question n’est pas tant de savoir si, mais plutôt comment nous allons le pérenniser.»

Pour l’heure, les Lausannois sont cordialement invités à se creuser la tête pour le bien de leur quartier, et ce jusqu’au 5 septembre prochain, dernier délai pour le dépôt des projets.

Pour plus d’informations sur le budget participatif, visitez le site web dédié: https://www.lausanne.ch/budget-participatif/

4 commentaires
    Bien joué

    Ce budget participatif n'est qu'un alibi électoral de plus. Quand je pense qu'on a attribué 5000.- fr. à une association de dames qui tricotent pour "habiller" des troncs d'arbres dans le bas de la ville, j'ai mal à mes impôts. Maintenant, on veut valoriser des gens issus de l'immigration dont certains n'ont même pas le droit d'être là. Nous autres Suisses, personne ne nous aide à trouver des apprentissages pour nos gamins. Encore une fois, la gauche utilise l'argent du contribuable pour sa promotion politique. Que dirait-on si le PLR ou l'UDC utilisaient de l'argent public pour promouvoir leus campagnes électorales ? La gauche aurait tôt fait d'organiser campagne de presse et manifs en ville.