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Plan climat«Lausanne lance un défi au Canton et à la Confédération»

Julia Steinberger est professeure à l’Université de Lausanne, chercheuse en économie et écologie, et coauteure du prochain rapport du GIEC. Elle livre son analyse du plan présenté par la Ville.

Julia Steinberger a été nommée professeure ordinaire à l’Institut de géographie et durabilité de l’UNIL l’été dernier. Elle est notamment focalisée sur les enjeux sociétaux liés à l’impact des changements climatiques. Elle a été formée en physique aux États-Unis (bachelor à Brown University et doctorat en 2004 à MIT).
Julia Steinberger a été nommée professeure ordinaire à l’Institut de géographie et durabilité de l’UNIL l’été dernier. Elle est notamment focalisée sur les enjeux sociétaux liés à l’impact des changements climatiques. Elle a été formée en physique aux États-Unis (bachelor à Brown University et doctorat en 2004 à MIT).
Thibault Schneeberger

Julia Steinberger est professeure à l’Université de Lausanne, chercheuse en économie et écologie, et coauteure du prochain rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Nous lui avons soumis le plan climat de la Ville de Lausanne. Elle précise qu’elle n’a pas travaillé à son élaboration.

Quelle impression générale ce plan vous a-t-il faite?

Je trouve que la démarche de Lausanne fait preuve d’une volonté admirable et ambitieuse. Par exemple en se dirigeant vers le zéro émission réel, Lausanne réfléchit à toutes ses émissions et fait preuve de rigueur. La Ville voit aussi bien ce qui est réalisable ou non. On voit souvent des plans frileux où les problèmes et les responsabilités sont minimisés. Ou au contraire on voit parfois une surenchère de mesures pas réalisables. Ici, c’est tout l’inverse.

L’échelle de la ville est-elle la bonne?

Oui, c’est essentiel d’élaborer des réflexions à toutes les échelles. Parce que des mesures sont possibles à tous les niveaux. Mais aussi parce que Lausanne, avec son plan, lance un défi à la Confédération et au Canton. Elle leur dit: «Nous avons une ambition, nous sommes partants. Et vous? Vous allez faire quoi pour permettre que ça se passe?»

«Je pense que ce plan est probablement un des plus ambitieux et transparents que j’aie vus.»

Le plan s’appuie sur l’Accord de Paris. Est-ce une bonne idée?

C’est un cadre pertinent. Certes, il est vague sur les objectifs à atteindre. Mais c’est voulu. Son grand avantage, c’est qu’il est international et qu’il est entré en vigueur. Il a donc un effet sur le droit suisse. Récemment, les Pays-Bas ont été traînés en justice pour inaction en vertu de l’Accord de Paris. Ils sont désormais contraints d’agir contre leurs émissions de CO2.

Comment jugez-vous ce plan climat en regard des ambitions formulées ailleurs dans le monde?

Je ne suis pas une spécialiste de tous les plans climat! Mais de ce que j’ai eu l’occasion de voir, je pense que ce plan est probablement un des plus ambitieux et transparents que j’aie vus.

Le volet dédié à la participation citoyenne est-il important?

Certainement, et il est en tout cas intéressant de voir la façon très positive qu’a Lausanne de présenter les choses. Elle dit que toutes ces mesures visent à créer une ville plus conviviale, plus sûre, plus saine, moins polluée.

C’est nouveau, ce discours positif?

Je l’espère fortement! Dans le cadre des rapports du GIEC, on a souvent vu que les choses sont présentées sous l’angle des contraintes, des coûts, des perspectives négatives. Maintenant on sort un peu de cette vision. Il faut dire que celle-ci était largement due aux producteurs d’énergies fossiles qui ont œuvré à cette désinformation.

Deux axes d’action sont dessinés: la mobilité et l’efficacité énergétique des bâtiments. Manque-t-il quelque chose à ce plan?

Il y a trois à quatre vrais grands chantiers: les deux premiers sont cités ici. Il y a aussi la nourriture et l’industrie. Je trouve que la réflexion sur la nourriture manque. Avec le CHUV, les cantines, etc., Lausanne pourrait décider d’aller vers des régimes tournés vers le végétal et moins vers les animaux. Mais cette question est toujours très difficile à aborder en Suisse. Les politiques craignent d’entrer dans ce dialogue de transformation nécessaire avec le secteur agricole. La Suisse a la vache parmi ses symboles. Mais même les meilleures traditions doivent pouvoir être discutées…

14 commentaires
    Bien joué

    Ben voyons ... Entre "camarades" communistes, on se soutient. Encore une universitaire, payée grassement par nos impôts, qui profite de sa notoriété pour soutenir son parti (Ensemble à Gauche). Je n'accorde aucun crédit à cette personne.