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Réorganisation des devoirs surveillésLausanne licencie du personnel pour le réengager à un taux plus faible

Les accompagnants et responsables des devoirs scolaires ont tous reçu un congé-modification pour le 31 août. Objectif: rogner de dix minutes leur travail quotidien.

Les devoirs accompagnés font l’objet d’une réorganisation à Lausanne, qui passe par le licenciement et le réengagement du personnel.
Les devoirs accompagnés font l’objet d’une réorganisation à Lausanne, qui passe par le licenciement et le réengagement du personnel.
Corbis

Par lettre recommandée datée du 20 mai, les 150 accompagnants et responsables des devoirs scolaires de la Ville de Lausanne se sont vu notifier leur licenciement au 31 août. Mais tous ont jusqu’au 15 juin pour accepter, s’ils le souhaitent, un nouveau contrat. La manœuvre vise à rogner dix minutes de leur travail quotidien, car dès l’année scolaire prochaine les devoirs accompagnés dureront cent dix minutes au lieu de cent vingt et ne s’achèveront plus à 17 h 30 mais à 17 h 20. Le taux d’activité du personnel, qui se calcule au millième de pour-cent, sera ajusté en conséquence, tout comme son salaire.

L’opération était menée sans bruit jusqu’à vendredi et la publication d’un communiqué du PLR Lausanne. Lequel s’offusque de la manœuvre «mesquine». «En pleine incertitude liée au Covid, la Municipalité agit à la hussarde et sans ménagement», décoche le président Philippe Miauton, pointant les contradictions de cette «Ville de gauche» dont l’Exécutif, mardi dernier encore au Conseil communal, se félicitait d’être «un employeur exemplaire».

Stabiliser les engagements fixes

Abrupt, ce congé-modification? «Formellement, il n’y avait pas d’autre manière de procéder, mais cela aurait mérité une meilleure communication, admet le municipal popiste des Écoles David Payot. Le fait est qu’à cause du coronavirus nous n’avons pas pu tenir une séance d’information collective.» Et d’expliquer la raison de cette réorganisation: «On voit que l’activité de devoirs accompagnés dure plus longtemps que ce qui fait sens pour les enfants. Le dernier quart d’heure n’a pas beaucoup de valeur, car dans les faits ils ont fini leurs devoirs.»

Vu la durée en question, l’impact sur le salaire sera limité, ajoute l’édile. «On est prêts à entrer en matière pour offrir une compensation à ceux qui en exprimeraient le souhait. On cherche notamment du personnel pour d’autres activités d’accueil, typiquement pendant les vacances.» L’objectif n’est pas que comptable, assure-t-il: «Deux tiers de ces personnes sont au bénéfice d’un contrat de droit privé, les autres sont des employés communaux. Nous allons en profiter pour stabiliser ces engagements fixes. Une quarantaine d’accompagnants seront réengagés au bénéfice d’un contrat de droit public.»

«Tant mieux si c’est le cas, nous verrons bien», réagit Maria Pedrosa. La secrétaire syndicale de SSP-Vaud reste circonspecte: «Je suis surprise, car nous n’avons pas été consultés. L’économie budgétaire qui peut être attendue d’une telle mesure est dérisoire et ces dix dernières minutes ont une valeur, c’est l’occasion pour les enfants de partager autre chose avec l’accompagnant.»