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Aéroport de LausanneL’avion électrique qui fait des ronds sur la Blécherette

L’aéroclub a fait l’acquisition d’un appareil pour la formation des pilotes. Il fait encore moins de bruit qu’un sèche-cheveux: 60 dB à pleine puissance.

Silence, il vole!
Le Velis Electro est un appareil slovène. Il dispose de deux batteries et d’une autonomie de 50 minutes.
Patrick Martin/24 heures

C’est un avion que les riverains de l’aéroport de la Blécherette aimeraient voir se multiplier dans le ciel lausannois. Et pour cause: le Velis Electro est 100% électrique et ne génère que 60 décibels. Pour comparaison, un sèche-cheveux affiche 70 décibels. Un aspirateur jusqu’à 88 décibels. «Nous faisons des efforts constants pour que la formation initiale de nos pilotes, qui nécessite de rester à proximité de l’aéroport, soit la plus respectueuse possible de notre environnement», explique Jean-Marc Puthod. Il est le président du Lausanne Aeroclub.

C’est après des tests concluants l’été dernier que l’aéroclub local, association forte de 250 pilotes et de douze avions, a mis en service son avion électrique la semaine dernière. Un biplace léger, premier avion 100% électrique certifié par les autorités de l’aviation civile, suisses et européennes. Objectif: former les élèves pilotes qui le souhaitent sur cette machine qui annonce «un avenir qui s’engage vers une réduction de l’utilisation des énergies fossiles». Remi Oudinot, membre du comité de l’aéroclub et responsable de sa communication: «Nous pouvons aussi nous enorgueillir d’utiliser une électricité particulièrement verte pour recharger l’électricité de cet avion, puisqu’elle est produite en grande partie par les cellules photovoltaïques qui recouvrent la quasi-totalité des toits des hangars de l’aéroport lausannois, pionnier lui aussi dans ce domaine.»

Vitesse max. de 200 km/h

Le Velis Electro est un appareil slovène. Il pèse 420 kilos à vide. Il peut emmener deux personnes, en général un élève et son instructeur. Vitesse maximale: environ 200 km/h tout de même. Il est équipé de deux packs de batteries redondantes pour 24,8 kWh. Le coût de l’appareil est sensiblement le même que pour un avion «classique», soit près de 190’000 francs. «Lun de ses principaux avantages, très apprécié en aviation, reste un coût dexploitation plus bas, et un coup de maintenance équivalent au tiers de celui dun avion standard», poursuit Remi Oudinot.

Le plus important reste tout de même l’autonomie de cet avion électrique. Elle est de 50 minutes, pas assez pour un week-end à Nice mais idéal pour effectuer des tours de piste. Des ronds au-dessus de la Blécherette, en quelque sorte. Les tours de piste, ce sont des vols courts pendant lesquels l’appareil réalise le plus de décollages et d’atterrissages possibles. Chargé au maximum, le Velis Electro peut enchaîner cinq à six tours de piste à Lausanne. Et à piloter, il est comment cet avion? «Il demande un pilotage agile, sensible et peut-être plus fin que pour un autre appareil. La sensation est surprenante, notamment quand il n’y a plus aucun bruit dans la cabine, juste avant de mettre les gaz pour décoller», témoigne Remi Oudinot.

«La sensation de pilotage est surprenante.»

Remi Oudinot, membre du comité du Lausanne Aeroclub

Le rêve du Lausanne Aeroclub désormais, c’est de montrer la voie verte des airs. Il aimerait créer «un cercle vertueux», en incitant davantage d’aéroclubs du pays à enrichir leurs flottes d’appareils électriques, et ainsi encourager les constructeurs à développer cette technologie innovante. En Romandie, deux autres appareils de ce genre sont déjà basés à Écuvillens et à Môtiers.

1 commentaire
    Pelot

    Super j en veut un pour Noel . 50minutes de vol ok, mais combien de temps pour charger cet engin .