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ÉditorialLe bitume, ce champ de bataille

Derrière la décision d’interdire de tourner à gauche au sud du pont Chauderon se cache une question: à qui appartient le bitume? Une étude danoise sur l’espace public de la ville publiée ce printemps le dit, Lausanne dédie une part comparativement très grande de son territoire à la voiture. En marche ou à l’arrêt.

Depuis, des places de parking ou des morceaux de route sont devenus terrasses ou encore pistes cyclables. Certains adorent, d’autres détestent. Sur la route des commerces, il y a aussi désaccord. Tout comme entre ceux qui veulent diminuer le bruit en ville grâce à un abaissement de la vitesse et ceux qui veulent rouler à leur rythme habituel.

Lire aussi: Tout sur la réorganisation du trafic lausannois pour le tram et les super-bus

Au cœur de ces visions opposées, l’incapacité de certains à comprendre que la voiture ne constitue plus l’option unique de mobilité contemporaine. Près de la moitié des ménages lausannois n’a pas de voiture. Marcher, pédaler ou prendre les transports publics ne sont pas (que) des loisirs, mais des moyens de déplacement freinant le réchauffement climatique ou préservant le sommeil d’une ville qui se densifie. Et dont les rues nappartiennent pas plus aux quatre-roues qu’aux autres. Il va falloir céder du terrain. Sur le Grand-Pont, 72% des véhicules n’ont pas pour destination le centre-ville.

Derrière un tourner à gauche, c’est toute une campagne pour les Communales qu’on voit poindre.

13 commentaires
    Bien joué

    A l'époque où la population est vieillissante et a besoin de moyens de transports d'immédiate proximité, que seule la voiture peut offrir, que ce soit pour les aînés eux-mêmes, pour leurs proches-aidants, pour les soins à domicile ou la livraison des repas chauds, sans parler des autres services, la Municipalité agit au contraire du bon sens, en privilégiant outrageusement le vélo, alors que les personnes âgées ne peuvent l'utiliser. Preuve en est que la majorité des accidentés de la bicyclette sont des vieux. Il serait grand temps que les élus réfléchissent de manière plus pratique, dans écouter les délires des technocrates de l'urbanisme et de la mobilité qui, de fait, créé l'immobilité et nuit à la liberté de déplacement du citoyen.