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TéléphonieLe canton de Vaud va effectuer des essais sur la 5G

Neuf lieux ont été choisis dans le canton de Vaud pour mener des essais sur la 5G. Les communes conservent toutefois leurs compétences sur ces dossiers, explique le Conseil d’État.

Un technicien de l’entreprise Axians cable des antennes 5G de communication pour la téléphonie mobile sur un mat ayant aussi des antennes 4G situe au stade de Balexert, ce mercredi 12 février 2020 a Genève. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
Un technicien de l’entreprise Axians cable des antennes 5G de communication pour la téléphonie mobile sur un mat ayant aussi des antennes 4G situe au stade de Balexert, ce mercredi 12 février 2020 a Genève. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
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Le canton de Vaud va lancer des projets pilotes sur des antennes de téléphonie mobile 5G. Il a choisi neuf installations sur son territoire pour tester et vérifier les outils de mesures développés par la Confédération. Ces essais dureront jusqu’en mars 2021 et un bilan sera dressé dans la foulée.

«Ces tests permettront de procéder à des mesures de rayonnement et de les analyser, conformément aux recommandations de la Confédération, afin de garantir le respect des valeurs limites fixées dans l’Ordonnance fédérale sur la protection contre le rayonnement non ionisant (ORNI)», a indiqué jeudi le Conseil d’État vaudois dans un communiqué.

Pour mener ces essais, neuf installations ont été retenues dans les communes d’Onnens, Villeneuve, La Chaux, Yverdon-les-Bains, Eysins, Jouxtens-Mézery, Penthalaz, Lonay et Lausanne. Ces sites ont été sélectionnés afin de «refléter les différentes réalités du canton».

Après vérification des dossiers techniques, le Département de l’environnement et de la sécurité (DES) délivrera les autorisations nécessaires. Les communes conservent toutefois leurs compétences sur ces dossiers, souligne le gouvernement vaudois.

Groupe d’accompagnement

À la suite de la mise en service des premières installations, chaque site fera l’objet d’une mesure du rayonnement aux lieux à utilisation sensible (LUS) les plus pertinents, tels qu’habitations, écoles, crèches. Une vérification des paramètres physiques des installations sera aussi effectuée.

Cette démarche se fait en collaboration avec les opérateurs de téléphonie. Dans le but de suivre ces projets pilotes dont un bilan sera dressé au printemps 2021, le DES souhaite mettre sur pied un groupe d’accompagnement dans lequel des représentants de l’Office fédéral de la communication (OFCOM) et de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) vont être conviés.

Le DES a informé la Confédération de la conduite de ces projets pilotes. Dans un courrier, le Conseil d’État a indiqué souhaiter que le principe de précaution reste cardinal dans les décisions futures en lien avec le développement des technologies de télécommunication.

Dossier sensible

Le dossier de la 5G reste très sensible en Suisse. La valeur limite de la protection contre le rayonnement non ionisant est au cœur des débats. En plus des réticences exprimées par la population, la résistance à cette nouvelle technologie a notamment grandi dans les cantons romands. Outre Vaud et Genève, le Jura a aussi décrété un moratoire sur la construction d’antennes, invoquant des risques pour la santé.

Fribourg et Neuchâtel ont, eux, décidé de soumettre l’implantation d’antennes 5G à l’octroi d’un permis de construire. Enfin, une initiative populaire intitulée «Responsabilité en matière de téléphonie mobile», visant la 5G, a été lancée l’automne dernier.

«Moratoire boiteux»

Pour le président des Verts vaudois, Alberto Mocchi, ces projets pilotes sont «en soi positifs et rassurants». «La marge de manœuvre des cantons est limitée car le dossier est de compétence fédérale (…) Le moratoire était donc un peu boiteux», reconnaît-il. Avec les nouvelles directives d’application venant de Berne, le canton était obligé d’aller de l’avant, selon lui.

Si Alberto Mocchi prend acte de ces essais cantonaux, il rappelle que la technologie de la 5G est «énormément énergivore». Il espère que la question sera définitivement résolue au niveau fédéral et qu’à terme la population puisse surtout s’exprimer dans les urnes.

Les Verts encouragent aussi les communes à mettre à l’enquête publique toute demande d’opérateurs qui viserait à modifier leurs antennes de téléphonie existantes afin d’y intégrer la 5G.

ATS/NXP