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Équipement scolaireLe Canton et les Communes règlent la f(r)acture numérique

Sept ans de négociations ont été nécessaires pour clarifier les rôles en termes de planification scolaire et de préciser le financement du matériel scolaire.

Les tableaux interactifs ont petit à petit remplacé les tableaux noirs dans les écoles. (Photo d’archives)
Les tableaux interactifs ont petit à petit remplacé les tableaux noirs dans les écoles. (Photo d’archives)
Jean-Paul Guinnard-A

Après sept années de négociations, le Canton et les Communes sont enfin parvenus à s’entendre sur le développement des infrastructures scolaires et la clé de répartition de leur financement. D’intenses discussions menées avec l’Union des communes vaudoises (UCV) et l’Association des communes vaudoises (AdCV) qui avaient été relancées via le dépôt d’une initiative parlementaire en décembre 2018 devant le Grand Conseil par le PLR yverdonnois Jean-Daniel Carrard. «C’est une grande satisfaction d’être arrivé au bout de son long voyage. On va arrêter de perdre des heures et même des mois de discussions pour savoir qui doit payer le squelette de la salle de sciences.» L’exemple donné par Andreas Sutter, membre du comité de l’AdCV, peut prêter à sourire, mais il représente à la perfection le casse-tête chinois sur lequel l’État et les Communes butaient depuis le début des années 2000 et l’entrée en force d’EtaCom. Un processus qui visait pourtant à obtenir une répartition des tâches et des charges plus claire entre les différentes instances politiques.

Pour Cesla Amarelle, c’est bien une étape historique qui a été franchie avec cette révision complète du Règlement sur les constructions scolaires primaires et secondaires (RCSPS). Et elle ne concerne évidemment pas que de vieux ossements, mais aussi les outils nécessaires à l’école de demain. «Elle permet en effet de définir un développement coordonné et durable des équipements numériques de toutes les salles de cours pour le déploiement de l’éducation numérique», s’est réjouie la conseillère d’État en charge de la Formation. La transition numérique de l’enseignement pourra ainsi se faire de manière uniformisée au niveau du matériel à disposition des enseignants. «Ce qui gommera les disparités qui existent entre les élèves en fonction du lieu où ils sont scolarisés», précise Jean-Daniel Carrard, membre du comité de l’UCV.

On coupe la poire en deux

Si Communes et Canton s’entendaient généralement sur le fait que les premières payaient les constructions ainsi que les infrastructures scolaires, alors que le second s’acquittait des salaires, du matériel et des fournitures, la mésentente était totale sur la question de l’affichage numérique. Pour les Communes, qui le considèrent comme du matériel pédagogique, il devait être financé par l’État. Mais pour ce dernier, il émargeait au chapitre infrastructure et devait de ce fait être pris en charge par les Communes… L’accord trouvé coupe la poire en deux dans le cadre d’un forfait numérique: 2500 francs pour chacune des deux entités par salle de cours et pour une durée de huit ans. Une durée définie selon l’obsolescence programmée de l’équipement. La question du wi-fi a également été tranchée. Il est désormais géré par l’État et cofinancé à parts égales par les partenaires.

L’État y trouve son compte dans le sens où il peut définir le standard uniforme pour l’ensemble des salles de classe vaudoises. «Et nous faisons bénéficier les Communes de tarifs réduits grâce aux commandes groupées que nous passerons», reprend Cesla Amarelle. Ce développement coordonné va permettre aux partenaires de réaliser une économie d’échelle importante. Pour les Communes, il est ici question d’un montant estimé par le Canton à quelque 40 millions de francs.