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AboDroit humanitaire
Le CICR mise sur les drones pour accélérer le déminage

Démonstration du nouveau programme de détection des mines par drone du CICR, au Centre d’instruction des troupes de sauvetage à Avully (GE), le 7 juin 2023.
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Le drone orange s’envole en bourdonnant, monte à une dizaine de mètres et survole tranquillement une parcelle d’herbe. Au sol, des mines de différentes tailles, antipersonnel ou antichars. «Il a plus de facilité avec celles en métal, mais reconnaît aussi celles en plastique», commente Erik Tollefsen, chef de l’unité Contamination par les armes du CICR. «Mais en fin de compte, il identifie 95% des mines. C’est révolutionnaire.»

Des drones pour débusquer les mines. Le projet présenté mercredi par le CICR dans le centre d’entraînement de l’organisation à Avully, dans la campagne genevoise, s’appuie sur la technologie de l’intelligence artificielle. Après son tour dans les airs, l’engin muni de deux caméras – normale et thermique – transmet ses images à un logiciel qui va créer une carte. La personne au sol a accès ensuite à cette carte, sur son smartphone par exemple, avant de procéder au déminage. Le taux de fausses alertes et les accidents pour les démineurs seront aussi réduits.

Projets en Syrie

Le gain de temps est énorme. «Alors qu’un démineur va identifier des mines sur une surface d’environ 50 m2 en un jour, le drone, en quatre vols, aura fait le même travail sur 100’000 m2», explique Erik Tollefsen. Autre comparaison, l’engin volant fait en un jour le travail d’un chien en six mois. Plus le logiciel se nourrit d’images, plus il affine la recherche. Le drone peut aussi reconnaître une mine jusqu’à une certaine profondeur en fonction des sols. Les forêts denses, en revanche, restent pour l’heure impénétrables.

«Alors qu’un démineur va identifier des mines sur une surface d’environ 50 m2 en un jour, le drone, en quatre vols, aura fait le même travail sur 100’000 m2

Erik Tollefsen, chef de l’unité Contamination par les armes du CICR

Lancée au début de la pandémie, l’initiative menée en collaboration avec une université japonaise a abouti à un premier test l’année dernière en Jordanie. Deux projets en Syrie attendent le feu vert des autorités de Damas. En raison de leur faible coût (environ 4000 francs pour un drone tout équipé) et de leur simplicité d’utilisation, le CICR espère convaincre de plus en plus d’États de les adopter.

La présidente du CICR Mirjana Spoljaric à Avully, le 7 juin 2023.

«Ces nouvelles technologies sont au cœur de notre travail au CICR», explique sa présidente, Mirjana Spoljaric. «Elles vont nous permettre d’accélérer l’effort de déminage.» Plus de vingt-cinq ans après leur interdiction, les mines antipersonnel qui tuent et mutilent continuent de pulluler dans le monde, comme nous le rappelle la guerre en Ukraine, le plus grand champ de mines du monde: entre 250’000 et 300’000 km2 du territoire seraient contaminés.

Mines charriées par l’eau du barrage

La récente destruction du barrage de Kakhovka, dans le sud de l’Ukraine, risque justement d’avoir des conséquences terribles sur les mines. Emportées par les eaux, enlisées dans la vase, elles réapparaîtront un peu partout dans les villes et les campagnes après l’inondation. «Nous ne savons pas combien de ces engins se trouvent près de Kherson, mais le nombre en Ukraine est massif, pense Erik Tollefsen. Elles peuvent rester pendant des années dans l’eau et toujours être actives.» Avant la destruction du barrage, le CICR et ses partenaires sur place avaient balisé la région pour repérer les mines. «Tout cela a été balayé», déplore le spécialiste.

«Nous appelons les belligérants à respecter le droit de la guerre et à ne pas viser les infrastructures sensibles.»

Mirjana Spoljaric, présidente du CICR

Selon lui, il faudra plusieurs jours pour analyser précisément les dégâts. Si l’on manque de chiffres, les experts pensent néanmoins que cette partie de l’Ukraine est actuellement l’une des régions densément habitées qui abritent le plus grand nombre d’engins explosifs enterrés.

La destruction du barrage de Kakhovka «est symbolique» du besoin d’honorer le droit international humanitaire, a rappelé Mirjana Spoljaric. «Nous appelons les belligérants à respecter le droit de la guerre et à ne pas viser ces infrastructures sensibles.» Mercredi, alors que l’Ukraine et la Russie continuaient de se rejeter la responsabilité de l’acte et que le président turc Recep Tayyip Erdogan suggérait la création d’une commission d’enquête internationale, experts et ONG alertaient sur des conséquences humaines et environnementales «sans précédent».

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