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Coup de froid printanierLe combat contre le gel est engagé dans les vergers

Le retour soudain des gels nocturnes est un cauchemar pour les arboriculteurs. Exemple avec un producteur de kiwis à Allaman.

Pour protéger du gel sa culture de kiwis bio à Allaman, Matthias Faeh, utilise des turbines à gaz
Pour protéger du gel sa culture de kiwis bio à Allaman, Matthias Faeh, utilise des turbines à gaz
Odile Meylan

La chute de 20°C dans la nuit de lundi à mardi a provoqué un sacré coup de froid… chez celles et ceux qui se réjouissaient de profiter des balcons et terrasses. Mais pour certains producteurs elle provoque des insomnies au sens propre du terme.

«On ne peut pas se permettre de dormir, car nous devons surveiller en permanence l’évolution de la situation», confirme Matthias Faeh, plus grand producteur de kiwis du pays, installé à Allaman. «C’est un véritable casse-tête, car les actions contre le gel ont un coût qui peut devenir important et il faut donc les limiter. Mais si l’on réagit trop tard, on risque de perdre une grande partie de la récolte.»

Solution pire que le mal

Outre la question du moment de l’intervention se pose celle de la technique à utiliser. «Pour protéger les bourgeons floraux (ndlr: les kiwis ne fleurissent qu’en mai), mes prédécesseurs utilisaient la vaporisation d’eau. Mais on s’est aperçu que cette dernière, sous forme de glace, pouvait détruire le feuillage. Et si la période de gel se prolonge, cet arrosage finit par gorger le sol d’eau, ce qui nuit aux arbres.»

Le producteur du Domaine de la Pêcherie et de la Fraisère est donc passé ensuite aux bougies. «Mais elles sont chères, longues à installer et lentes avant d’être efficaces. En plus, elles polluent, ce qui est dérangeant puisque nous produisons en bio.» Il a donc finalement opté pour les turbines à gaz qui, contrairement à ce qu’on imagine, ne chauffent pas simplement l’air ambiant. En se déplaçant dans les vergers, elles créent des mouvements d’air chaud qui font évaporer le givre, opération chimique dégageant beaucoup d’énergie potentiellement récupérable par les plantes. «En plus, chaque turbine protège environ un demi-hectare et il ne nous faut que cinq minutes par machine pour les mettre en route.»

«Ce type de situation se produit de plus en plus souvent.»

Nicolas Mischler, conseiller technique à l’Union fruitière lémanique

Conseiller technique à l’Union fruitière lémanique, Nicolas Mischler confirme que l’inquiétude est grande chez les producteurs. «Ce type de situation était historiquement exceptionnel dans la région, mais on constate qu’il se produit de plus en plus souvent. Or tout le monde n’est pas encore équipé et formé.» Le risque le plus grand concerne les arbres en fleur en ce moment: pruniers, cerisiers et pêchers. Il semble moindre pour les pommiers et poiriers, qui ne sont pas au même stade de développement. «Mais la situation varie en fonction des variétés et des conditions de chaque parcelle.»

Autres cultures moins impactées

Du côté des autres productions, le coup de froid actuel ne devrait en revanche pas poser de problèmes aux grandes cultures, à l’exception des colzas, qui commencent à fleurir, ni à la vigne, qui n’a pas vraiment démarré sa période de végétation. «Les dégâts importants en 2017 avaient été causés par un refroidissement survenu fin avril», rappelle David Rojard, de l’Association vaudoise de formation continue et de conseil en viticulture Vitiplus.

Les températures devraient rester fraîches jusqu’à la fin de la semaine, avec de forts risques de gel jusqu’en plaine encore durant les nuits de mardi à mercredi et de mercredi à jeudi. «Le pire est donc à venir et nous ne sommes de plus aucune utilité, constatait Nicolas Mischler mardi après-midi. Quand le gel arrive, chaque producteur est seul avec sa parcelle.»

1 commentaire
    César Gavin

    «Ce type de situation était historiquement exceptionnel dans la région, mais on constate qu’il se produit de plus en plus souvent. mais bien sûr cela n'a rien a voir avec le dérèglement climatique vu qu'il n'existe pas ailleurs que dans la tête des vert-e-s et des jeunes