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L’invitéLe complotisme peut-il impacter l’école vaudoise?

Yannick Maury s’inquiète de la présence d’enseignants au sein de la mouvance conspirationniste.

Si le nom de Marjorie Taylor Greene n’est pas connu en Suisse, il l’est en revanche outre-Atlantique. Il s’agit d’une politicienne américaine membre du parti républicain et très en vue dans l’État de Géorgie. Son curriculum vitae n’aurait rien de particulier, si l’on n’y trouvait pas un soutien prononcé au mouvement d’extrême droite QAnon, ouvertement complotiste et perçu comme une potentielle menace terroriste par le FBI.

Cette mouvance obscurantiste trouve une certaine résonance en Romandie, comme l’a révélé un reportage de la chaîne Léman Bleu et du site heidi.news. Parmi les thuriféraires de cette idéologie conspirationniste, on trouve un certain nombre d’enseignants et d’enseignantes. L’une des principales figures du mouvement est d’ailleurs professeure de mathématiques à l’école publique.

«Le personnel enseignant doit évidemment rester libre de penser ce qu’il veut»

Au vu de la propension de certaines de ces personnes à utiliser tous les moyens existants pour diffuser leurs croyances, on peut légitimement se demander si celles et ceux qui travaillent dans l’instruction publique utilisent leur position d’influence pour faire passer des théories contestables auprès du public scolaire. Le site heidi.news a d’ailleurs déclaré qu’il allait interpeller le DIP genevois et le DFJC vaudois sur cette problématique.

Le personnel enseignant doit évidemment rester libre de penser ce qu’il veut, voire de se montrer critique vis-à-vis de l’État, et ce dans une perspective dialogique et démocratique qui caractérise notre société. La possibilité d’exprimer une opinion, s’il n’y a aucune visée propagandiste, reste un droit inaliénable.

En revanche, une idée complotiste, si elle devait être soutenue en milieu scolaire, est problématique, dans la mesure où elle peut s’avérer dangereuse pour la construction intellectuelle des élèves. La frontière entre complotisme et négationnisme est à ce propos très ténue. Ainsi, une portion non négligeable d’adeptes de ces mouvements soutient, par exemple, que la Shoah n’a jamais existé, favorisant l’émergence d’un terreau fertile pour l’antisémitisme.

Réalité niée

Les savoirs enseignés à l’école publique font normalement consensus auprès des politiques et de la communauté scientifique. En ce sens, ils sont légitimés. Ces savoirs servent à décrire et comprendre la réalité du monde complexe qui nous entoure. Or les idées conspirationnistes déforment cette réalité, la nient, et vont ainsi à l’encontre même de la démarche scientifique, enseignée aux élèves durant l’ensemble de leur cursus de formation.

L’école a donc un rôle à jouer pour apprendre aux élèves à comprendre l’actualité de façon critique, mais méthodique, et à questionner les sources d’une information. Il serait dès lors dommageable qu’une petite minorité virulente vienne entacher le travail de qualité qui est effectué quotidiennement par toutes les personnes qui travaillent au sein de l’école publique.

11 commentaires
    Julien Lièvre

    Personnellement, j' ai changé d'avis sur la shoah et mon changement d'avis se base sur des documents d'archives et les procès contre les révisionnistes dans lesquels on à toujours condamné par la loi qui interdit la contestation de ces faits (Loi Gayssot) et jamais pu condamner ces gens pour falsification ? La lecture des plaidoiries de ces procès est passionnante...avec certains témoignages qui vont contre les lois de la physique et des mathématiques (Le rapport Leuchter ).

    Je pense que n'importe seras dérouté si il a le courage de le faire...

    Aussi il existe des juifs révisionnistes, d'autres qui témoignent avoir été à Auschwitz entre 1941 et 1943 et n' avoir pas vu d' extermination..Je précise bien que ce sont des témoins qui n'ont comme véracité le seul fait de bien vouloir les croire, ce que je ne fait pas, comme pour tout ce qui ne se base sur rien d' autre. Et bien sur il peuvent très bien être truqué, inventé ou joué par des acteurs. mais cela doit aller dans les 2 sens....et la shoah en très grande partie basée sur des témoins et son récit à évolué au fil du temps...(Shoah story, Martin Peltier ) Conclusion: La shoah je n'y crois plus bcp comme pour le reste de l'histoire officielle...et si me poser des questions et être très méfiant....envers le discourt de l'histoire écrite par les vainqueurs, même pour le sujet le plus explosif qu'il existe encore aujourd'hui, si cela c'est être complotiste alors j'en suis un et j'ai raconté comment on peut le devenir...