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CommentaireLe congé paternité, un minimum vital pour la Suisse

En Suisse, rien n’est simple quand il s’agit de politique familiale. Il aura fallu une initiative populaire, de longs débats parlementaires et un scrutin national pour accoucher d’un modeste congé paternité. Heureusement, le score, ce dimanche, aura été clair et net. Il démontre que l’UDC, l’Union suisse des arts et métiers et leurs quelques alliés de la droite bourgeoise ont mené un combat du passé.

Quinze ans après l’introduction des quatorze semaines de congé maternité, les Suisses veulent donner aux jeunes pères la possibilité de s’impliquer dès la naissance d’un enfant. Et non pas leur accorder des vacances au frais de la communauté, comme le prétendaient les référendaires.

«Pour notre pays à la démographie vieillissante, ce coup de pouce n’est pas un luxe»

Ces deux semaines de congé paternité ne propulseront pas la Suisse parmi les pays les plus généreux en la matière. On est encore loin des modèles de congé parental mis en place dans les pays nordiques. Mais elles réduiront au moins l’écart avec nos voisins. Et elles rétabliront une certaine égalité de traitement sur notre marché du travail: de grandes firmes offrent aujourd’hui déjà jusqu’à 18, voire 20 semaines de congé à leurs employés après la venue au monde d’un enfant. L’ensemble des salariés aura désormais droit à un socle minimal de dix jours ouvrables.

Certes, ce dispositif a un prix. Il sollicitera davantage notre régime des allocations pour perte de gain, avec une légère hausse du taux de cotisation dès l’an prochain. Mais pour notre pays à la démographie vieillissante, ce coup de pouce n’est pas un luxe. Peut-être juste un premier pas.

2 commentaires
    Nicki

    Rassurez-vous les gens ne vont pas choisir leur place de travail en fonction du congé paternité ! D'autant moins que les jeunes couplent se limitent souvent à un enfant, voire deux au maximum. Ce n'est donc pas un motif pour le choix d'un employeur. D'ailleurs le choix d'employeur va se réduire rapidement, on doit le craindre, suite à la pandémie et ses contraintes.