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Conjoncture de pandémieLe coût de la crise évalué à 8516 francs par habitant du canton Vaud pour 2020-21

Une étude des Banques cantonales romandes calcule l’impact de la chute du PIB sur la performance économique à ce jour. La perte de richesse est sans doute la plus élevée depuis le choc pétrolier de 1974

Lausanne, 24 mars 2020. Chantier de l’Ecole Hôtelière en  période de pandémie. © Olivier Vogelsang
L’activité de la construction a tourné au ralenti pendant le semi-confinement
Lausanne, 24 mars 2020. Chantier de l’Ecole Hôtelière en période de pandémie. © Olivier Vogelsang
© Olivier Vogelsang

Mesuré à l’échelle de la performance économique du canton de Vaud cette année, suite à la chute de son produit intérieur brut (PIB), le coût de la pandémie du coronavirus représente une perte de quelques 8516 francs par habitant. C’est moins que la moyenne des Romands (8654 francs) et beaucoup moins douloureux que pour nos voisins genevois (13 427 francs). La dernière étude sur le PIB romand des banques cantonales, en collaboration avec l’Institut CREA de la Faculté HEC de l’Université de Lausanne, le révèle ce mardi. Elle se fonde sur l’estimation d’un plongeon de 5,7% du PIB romand en 2020 à cause de la crise sanitaire qui a nécessité l’arrêt d’une très grande partie de l’activité économique durant plusieurs semaines.

La Suisse romande paraît s’en sortir mieux que l’ensemble du pays, puisque l’évaluation pour la Suisse est un recul de 6,2% du PIB. Toutefois, le SECO serait en train de réviser ce taux à un meilleur niveau, plus proche de 5% de baisse annuelle. Ce qui devrait aussi diminuer la perte de richesse – ou de valeur ajoutée – estimée à ce jour. Il n’empêche, cette crise reste l’une des plus graves depuis un siècle. Il faut remonter au choc pétrolier des années 70 pour mesurer des dégâts d’une telle ampleur selon Jean-Pascal Baechler, chef économiste de la BCV et l’un des auteurs de l’étude. La crise financière mondiale (dite des subprimes) n’avait de loin pas eu le même effet sur la performance économique du pays tandis que la fin du taux plancher de l’euro face au franc suisse, provoquant une onde de choc dans les milieux économiques, se perçoit à peine sur la courbe du Produit intérieur brut.

22 septembre 2020. Etude des Banques cantonales romandes, Institut CREA (UNIL), Forum des 100
Il faut remonter au choc pétrolier de 1974 pour enregistrer une chute du PIB en Suisse aussi forte que durant la pandémie de ce début d’année
22 septembre 2020. Etude des Banques cantonales romandes, Institut CREA (UNIL), Forum des 100
DR

Avec un franc encore plus surévalué, «la Suisse ne s’en sort pas si mal», estime toutefois l’économiste, en regard de la scène internationale. Les prévisions pour l’an prochain table en effet sur un rebond de 4,5% en moyenne pour la Suisse romande et de 4,9% pour la Suisse, grâce à une relance plus marquées de l’économie attendue outre-Sarine car elle repart de plus bas. Toutefois, les auteurs de l’étude ne s’emballent pas pour autant. Tout va dépendre de l’évolution de la pandémie et des mesures qui pourraient à nouveau freiner ou paralyser certains secteurs.

Pendant cette crise, la Suisse a bénéficié de la diversification de son économie, même si en Suisse romande, les cantons de Neuchâtel et Jura sont beaucoup plus dépendants de leur secteur secondaire (horlogerie, industrie des machines) que Vaud et Genève. Ce dernier est toutefois fortement pénalisé en ce moment par l’absence d’une clientèle internationale, notamment dans son hôtellerie et ses commerces de luxe, joaillerie et horlogerie. Les diverses mesures de soutien de la Confédération – ainsi que le système d’indemnisation des réductions d’horaire de travail (RHT) – ont également servi d’amortisseur à la chute du PIB. Pour l’heure, la hausse du chômage est restée contenue (4,4% fin août dernier contre 3,1% en août 2019).

En 2009, rappelle Jean-Pascal Baechler, le chômage était de 6% en moyenne en Suisse romande. Toutefois, là encore, il faut attendre la fin des RHT liées à la Covid pour mesurer les effets à terme de la pandémie sur l’emploi et par ricochet sur la consommation des ménages. L’économiste ne se voile toutefois pas la face en affirmant que sans les aides fédérales , «ça aurait été un bain de sang»!

1 commentaire
    tete

    Et on veut faire des cadeaux au futur Papa?... ba allez comprendre