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Portrait de Gabi FatiLe couturier-né a emmené ses idées textiles dans son périple

Gabi Fati est arrivé seul en Suisse alors qu’il n’avait que 14 ans. Huit ans plus tard, le Musée suisse de la mode consacre une exposition à Fako, la griffe qu’il a cocréée.

L’ancien mineur non accompagné vit désormais à Oron, chez l’artiste François Burland.
L’ancien mineur non accompagné vit désormais à Oron, chez l’artiste François Burland.
Jean-Paul Guinnard


Sourires timides mais sincères sur un visage tendre. Gabi Fati entremêle ses longs doigts fins et se crispe légèrement sur sa chaise en bois lorsqu’il aborde son parcours migratoire de huit mois, qui l’a emmené de sa Guinée-Bissau natale au Centre de requérants d’asile de Vallorbe. Des éclats de rire solaires ponctuent son récit, puis s’effacent devant une grande pudeur. Comment résumer ce qui ne peut l’être, sélectionner des bribes pour former les grandes lignes de ce qu’un gamin de 14 ans a pu endurer dès l’entame de son long périple? «Je n’aime pas parler de ce voyage, murmure le couturier, 22 ans aujourd’hui. Cela me rappelle énormément de souffrances. Mais cette épreuve a fait de moi celui que je suis.»

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