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ÉditorialLe défi de la cohérence

La carte postale oui, mais le livre non. La gigoteuse pour bébé oui, mais pas le bonnet. Les fleurs mais pas le vase pour les mettre dedans. Les piles, mais pas le réveil. Les bougies mais pas la lampe. Il faut lire l’annexe 2 de l’ordonnance sur les nouvelles mesures destinées à lutter contre la pandémie de Covid-19 en Suisse, qui liste ce que les magasins pourront vendre dès lundi et les rayons interdits.

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En décidant de plonger le pays dans une sorte de semi-confinement revisité, le Conseil fédéral procède à un nouvel exercice d’équilibrisme à la suisse, comme il les aime tant. Il a écouté en partie les experts sanitaires et a pris acte, un peu, de l’état d’épuisement des soignants, des familles endeuillées, des personnes vulnérables et de la force de contamination des nouvelles variantes du virus.

D’un autre côté, il a entendu, en partie, la détresse des acteurs économiques empêchés de travailler. Il a simplifié le dispositif d’aide aux cas de rigueur. Il est prêt à mettre plus d’argent. Mais il laissera les Cantons patauger pour traiter les milliers de demandes, un vrai défi pour des administrations dont les ressources humaines ne sont pas extensibles.

Le Conseil fédéral s’estime légitime dans ce rôle d’équilibriste et de maître d’école du fédéralisme. Pourtant, aujourd’hui, même la bonne volonté ne permet pas de se départir d’un sentiment de bricolage face à l’action gouvernementale. Bien sûr, il n’y a pas de recette miracle contre le Covid-19 et l’arbitraire est inhérent à la gestion de cette pandémie qui épuise. Mais en Suisse, la confiance envers les autorités et leur crédibilité s’effritent à coups d’annexes 2. Et ce n’est bon pour personne. Depuis la deuxième vague, le défi est aussi celui de la cohérence.

12 commentaires
    Avocado

    Il aurait juste fallu que le Conseil Fédéral ait eu le courage de fermer les frontières avant Noël. Mais voilà, l’appât du gain pour les stations de ski passe bien avant la santé des concitoyens. Il n’y a aucune cohérence du Conseil Fédéral depuis le début. Et ça continue.