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Promotion League«Le défi de la pandémie, c’est l’intégration des nouveaux joueurs»

Bon troisième avant l’interruption de ce printemps, Stade Nyonnais entend se tenir en embuscade dans la saison qui débute.

Anthony Braizat refuse l’étiquette de favori pour son équipe. Ce qui ne l’empêche pas de viser très haut.
Anthony Braizat refuse l’étiquette de favori pour son équipe. Ce qui ne l’empêche pas de viser très haut.
Chantal Dervey

Après une cascade d’événements compliqués cet été, le Stade Nyonnais se remet en piste samedi (16h à Colovray) contre YF Juventus. L’entraîneur Anthony Braizat a vécu des situations plus qu’inhabituelles depuis son arrivée en janvier à la barre de l’équipe. Mais la confiance est bien présente pour ce retour à la compétition, grâce notamment à une très belle performance en qualification pour la Coupe de Suisse contre le FC Bavois (1-0), trois jours seulement après la fin de la quarantaine du groupe nyonnais. Selon Anthony Braizat, son équipe n’est pas favorite dans le championnat qui débute. Mais elle est bien décidée à exploiter chaque faux pas des cadors.

Comment jugez-vous votre préparation mouvementée?
Je suis satisfait, car j’ai un bon groupe composé de joueurs qui veulent progresser, même si notre préparation a été freinée par dix jours d’arrêt
(ndlr: cinq membres du Stade Nyonnais ont été contrôlés positifs au Covid-19, le médecin cantonal a décidé de mettre l’équipe en quarantaine jusqu’au 5 août). Par rapport à la situation sanitaire, nous «jouons le jeu». Si certains joueurs ou membres du staff présentent des symptômes, nous effectuons directement un dépistage. Je suis en contact avec beaucoup de monde et je ne suis pas certain que tous les clubs agissent de cette manière. Surtout concernant les tests, pour ne pas prendre le risque de devoir tout arrêter. Pour notre part, nous préférons protéger nos joueurs et leur santé. Nous sommes extrêmement vigilants et je me retrouve parfois à «jouer le maître d’école» avec mes joueurs pour qu’ils se protègent un maximum. Parfois, il faut aussi vivre comme des moines, lorsque la situation le demande.

Est-ce que cette expérience vous a rendus plus forts?
Je ne sais pas si nous sommes plus forts, mais je sais qu’il va falloir vivre avec la situation sanitaire. Ce que je retiens, c’est notre match gagné trois jours après notre sortie de quarantaine. Ce résultat prouve l’état d’esprit du groupe. La situation pose toutefois quelques défis, notamment l’intégration des nouveaux. Alors, nous essayons d’organiser des repas, des moments en équipe pour forger une cohésion. Même si cela est plus compliqué, nous essayons de trouver des antidotes pour créer ces liens nécessaires à la magie d’un groupe.

Vous avez dû attendre longtemps avant de diriger votre équipe en match officiel. Est-ce une libération?
Reprendre l’entraînement avec le groupe était déjà une libération. Pour être franc, l’histoire du match, je n’y pensais même pas. Mon activité ne se limite pas à la compétition, c’est aussi l’entraînement, le travail sur l’état d’esprit des joueurs, comment les faire progresser. La compétition, c’est la cerise sur le gâteau. Nous travaillons cette reprise depuis plusieurs semaines lors des matches amicaux. Nous sommes aussi partis en stage avant l’interruption de la saison. Cette préparation n’est pas sans enjeu, elle permet de mettre notre jeu en place, de façonner notre identité qui est différente de ce que le groupe avait avec Ricardo Dionisio
(ndlr: parti à Sion le 3 janvier 2020). C’est un travail quotidien qui demande une implication constante dans la proximité avec le groupe, mais aussi dans le coaching mental. Cette implication, je la dévoue au club et au groupe, je ne suis pas avec cette équipe pour moi, mais pour la faire progresser.

Au niveau du recrutement, vous vous êtes entouré de joueurs que vous connaissez bien.
Oui, l’idée est de ne pas perdre de temps. Ces renforts connaissent ma philosophie ainsi que le type de jeu que je veux instaurer. Nous avons pu engager trois joueurs d’Yverdon-Sport (le défenseur François Marque, les milieux Shaho Maroufi et Bruno Caslei), deux d’Étoile Carouge (le gardien Léo Lécureux et le latéral gauche Loïc Ombala), ainsi qu’un prêt de Stade-Lausanne Ouchy (le latéral droit Belly Vumbi). Nous sommes encore à la recherche d’un attaquant et le recrutement sera terminé. J’ai voulu travailler avec ces joueurs car je connais leurs qualités. Ces renforts vont apporter une plus-value à l’équipe, même si elle était déjà de grande qualité. Je veux aussi souligner l’aspect humain de ces nouveaux arrivés, qui sont à mes yeux des avantages pour le groupe. La plupart sont jeunes, mais il y a aussi un joueur d’expérience, François Marque, qui vient remplir le vide laissé Dalibor Stevanovic, parti comme adjoint de Meho Kodro à SLO. Nous avons réussi aussi à garder certains joueurs importants. Le défenseur Antony Baron notamment, qui aurait pu s’engager avec Stade-Lausanne. Nous tenions aussi à conserver le buteur Jordi Nsiala, qui a marqué 10 buts durant le premier tour.

Vous refusez l’étiquette de candidat à la promotion. Alors quelles sont vos ambitions?
Nous voulons faire mieux que l’année dernière
(ndlr: troisième à la mi-saison). Nous gardons en tête que nos moyens sont limités en comparaison d’équipes comme Rapperswil ou Yverdon Sport. Pour moi, les ténors sont ces deux clubs.