Le déjanté Harry Crews se prend un coup de soleil en Floride
Dès 1971, avec «Le karaté est un état d'esprit», le romancier culte bottait le cul de l'Amérique bien-pensante. Roman culte.

Harry Crews, cet homme qui tenait du poème sur pattes titubantes de l'Amérique transgressive, semble avoir tout vu dans l'existence (1935-2012). Né «au bout de la route» selon son expression, dans la Géorgie du Sud des «red necks», l'autodidacte a brûlé son destin par tous les bouts, gamin aux jambes ébouillantées lors d'une fête du cochon, marine en Corée à peine débourré de l'adolescence, avant de se distinguer en universitaire subversif, puis mourir le crâne orné d'une crête d'Iroquois punk.
Ses romans ont paru de manière sporadique par la grâce de l'homme des lettres noires Patrick Raynal. Avant «Péquenots» aux Éditions Finitude à la rentrée, c'est lui qui déterre «Le karaté est un état d'esprit», salutaire injection venimeuse dans les romans de l'été.
Car Harry Crews, le chroniqueur des «freaks» les plus déjantés, avaleur de pièces de carrosserie («Car»), cul-de-jatte sourd-muet («La malédiction du gitan»), dresseur de dangereux reptiles («La foire aux serpents») ne s'encombre jamais de bonnes manières au moment d'attaquer l'humanité à mains nues.
Ici, des karatékas qui s'entraînent dans une piscine vide en pleine canicule. En alter ego de l'auteur, l'antihéros John Kaimon drague en connaisseur l'une de ces athlètes. Et la dérision loufoque de cette communauté en quête de pureté existentielle au milieu des crocodiles carnivores pique aux yeux comme le chlore évaporé de ce bassin.
Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.


















