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ÉditorialLe désespoir est mauvais conseiller

Rares sont les sujets qui font l’unanimité, comme la nécessité de repenser la répartition de la facture sociale. Dans les Communes comme au Canton, tout le monde reconnaît que le modèle en place a vécu et qu’il est urgent d’en changer. Malgré cette situation qui paraît favorable, les négociations semblent au point mort depuis des mois.

Dans ce contexte, des députés lancent une initiative pour faire baisser la pression de la facture sociale sur les Communes. Ils apparaissent comme les joueurs de poker proches de la ruine qui misent encore leur maison et leur voiture pour tenter de se refaire, quitte à tout perdre. «C’est très risqué, mais qui n’ose rien n’obtient rien. Ça fait vingt ans que ça dure et rien ne bouge», justifie le PLR Pierre-André Romanens. Dans plusieurs Communes à la capacité contributive élevée, la peur s’est muée au fil des mois en impatience pour terminer en désespoir face à la hausse constante de la facture sociale. Celles qui n’avaient pas l’habitude de devoir compter crient désormais leur incapacité à investir, pris à la gorge par les factures du Canton.

Pas certain que ce désespoir soit bon conseiller. Dans tous les cas, les initiants devront faire transparaître d’autres émotions pour réussir leur pari. Ils devront parvenir à expliquer le mécanisme de financement d’une facture péréquative à des électeurs dont les impôts ne bougeront pas quoi qu’ils décident. Ils devront aussi remettre en question la répartition de la facture tout en convainquant la population de leur ferme volonté de conserver la solidarité intercommunale. Le défi s’annonce déjà majeur.

En cas d’échec de l’initiative, la pression diminuera pour trouver un consensus rapide autour de la question de la facture sociale. Et l’espoir dont ont besoin certaines Municipalités sera envolé. Comment géreront-elles les prochaines années sans améliorations à l’horizon. Les acomptes pour l’année 2021 seront calculés sur l’exercice 2019. Entre les deux, le Covid est passé. Ce qui aura deux conséquences, la sensible hausse de la facture sociale et une baisse des rentrées fiscales. Il faudra payer plus avec moins d’argent dans la caisse.

Il reste peut-être une lueur d’espoir. Au football, quand une équipe est à la peine, on change d’entraîneur et de joueurs. Depuis cinq mois, l’ancienne syndique de Payerne est entrée en fonctions et a repris l’épineux dossier. Christelle Luisier a la sensibilité des Municipalités. Aura-t-elle le pouvoir de changer la donne? Les Communes pourraient être inspirées de lui laisser sa chance.

2 commentaires
    Mendriziotto

    Votez socialistes ou et verts, vous allez comprendre votre douleur,