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Cour d’Assises de ParisLe djihadiste lausannois M.J. est condamné à 15 ans de prison

Après deux semaines de procès, le djihadiste vaudois a été condamné ce vendredi.

Face à la Cour, M.J. n’a reconnu que les accusations les moins compromettantes.
Face à la Cour, M.J. n’a reconnu que les accusations les moins compromettantes.
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Le djihadiste suisse M.J., 31 ans, a été condamné par la cour d’Assises de Paris à 15 ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Les juges ont donc suivi le réquisitoire de l’avocat général qui demandait 15 ans de prison avec une peine de sûreté des deux tiers.

M.J. écope néanmoins de la sanction la plus sévère, ses six co-accusés ayant reçu des peines comprises entre 3 et 12 ans de prison.

Les faits remontent à l’année 2017, quand des groupes constitués sur la messagerie sécurisée Telegram avaient été infiltrés par des enquêteurs français, l’un d’eux réunissant quatre Français de la région niçoise, deux Parisiens et le Lausannois M.J., qui passait pour l’ «émir», ou du moins l’organisateur principal du groupe. Pendant des mois, entre juillet et octobre 2017, ils avaient exalté la propagande de l’Etat Islamique et n’avaient cessé d’envisager toutes les formes possibles d’attentats terroristes.

Ils ignoraient pourtant que leurs domiciles et voitures avaient été placés sous écoute, en Suisse également. Les propos haineux de M.J. et de sa femme, une Colombienne qui a été expulsée de Suisse, témoignent de sa volonté constante d’organiser un attentat, dont ils imaginaient les scénarios les plus divers, à la bombe, à la kalachnikov, en faisant dérailler un train.

«Je me sens tellement sale d’avoir trahi la Suisse»

M.J., l’émir lausannois condamné à Paris

Mais tout est resté virtuel, car au moment de l’arrestation du groupe, en novembre 2017, à l’occasion d’un passage en France de M.J., aucune cible ou plan précis n’avait été décidé, aucun acte préparatoire réel effectué. En somme l’intention de commettre un délit était abondamment prouvée par les discussions du groupe, mais pas leur capacité à le faire ni la décision de véritablement passer à l’action.

M.J. ne niait pas les faits mais il faisait valoir une folie haineuse «sans intention de finalité terroriste», et aussi le fait qu’il a profondément changé. Vendredi matin, dans son ultime prise de parole, M.J. avait présenté ses excuses à la Suisse: «Je me sens tellement sale d’avoir trahi la Suisse, par mes paroles, le pays qui nous avait accueillis, ma mère et mes frères, et qui nous a tant donné.» Aux juges, il avait lancé cet appel: «J’ai besoin de votre indulgence pour me permettre d’avancer. Pour moi, ce n’est pas une page qui se tourne, mais une véritable bibliothèque.» Apparemment, les juges n’ont pas été convaincus.

24 commentaires
    Jacques Gaillard

    Évidemment, les messages de haine proférés par ces énergumènes doivent être condamnés, mais ce qui me gêne sur le plan juridique, c'est la condamnation du délit d'intention. Ça ouvre la porte à des dérives dangereuses.