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Fabrique des Arts VivantsLe Far soutient-il assez le tissu nyonnais?

Le livret de 100 pages qui présente le programme a été produit et imprimé en France. Un élu UDC demande de faire plus local.

Le programme du Far compte près de 100 pages et présente les spectacles par de longues interviews des artistes qui se produiront du 13 au 22 août à Nyon.
Le programme du Far compte près de 100 pages et présente les spectacles par de longues interviews des artistes qui se produiront du 13 au 22 août à Nyon.
Ebinger

Le livret présentant le programme de la Fabrique des arts vivants de Nyon (Far°), qui aura lieu du 13 au 22 août, n’a jamais autant été commenté. Distribué il y a une semaine aux fidèles de la manifestation, il s’est incontestablement distingué auprès d’un public privé de spectacles culturels. Avec comme conséquence indirecte, une lecture dans les détails du support de communication fort de près de 100 pages. L’impressum a ainsi provoqué une réaction du conseiller communal UDC Sacha Soldini. Il a regretté que la création de la publication ait été confiée à une graphiste installée à Paris, tout comme la photogravure, alors que les 5000 exemplaires avaient été réalisés dans une imprimerie proche de Besançon.

«Je n’ai rien contre les Français, ni contre le festival auquel j’ai moi-même déjà participé, explique le chef de file du parti à Nyon. Mais je pense que dans la situation que nous vivons après le confinement, qu’il faudrait soutenir l’économie locale.» Celui qui est aussi député promet d’intervenir autant au Grand Conseil qu’au Conseil communal pour demander que le tissu local soit privilégié par les manifestations touchant des subventions, comme le Far.

«C’est dur. Nous avons travaillé énormément pour que l’édition 2020 puisse avoir lieu dans le contexte actuel et on nous attaque sur un poste représentant moins de 1% du budget. Il faudrait aussi parler de tous nos autres fournisseurs qui sont locaux», souligne Véronique Ferrero Delacoste, directrice du Far. Elle cite ainsi les flyers imprimés à Lausanne, mais aussi les affiches à Berne, «parce qu’il y a peu d’imprimeries qui font du grand format», la signalétique fabriquée à Gland et le site internet hébergé à Genève. «À la buvette, tous nos produits sont bios et locaux, insiste-t-elle. Cela va du vin à la bière, les limonades, les jus en passant par les pâtés vaudois.»

Depuis plusieurs années, le Far s’est questionné, à l’interne et dans le cadre de sa programmation, sur son rapport à son territoire et à l’écologie en général. Elle a signé récemment la Charte des artistes, acteurs et actrices culturelles pour le climat, forçant les artistes par exemple à renoncer à l’avion.

Reste qu’il existe des contraintes budgétaires. C’est ce qui a prévalu dans le choix d’imprimer le livret en France. «Notre engagement en faveur du développement durable a aussi un coût. Nous aimerions être parfaits, mais nous n’y arrivons pas. Une option aurait été de réduire le budget artistique au profit des frais de communication, mais nous ne le souhaitions pas car notre mission principale et celle de soutenir les artistes de proposer une offre culturelle attractive.»

Un objet culturel

L’abandon de la publication du programme n’était pas une alternative. De belle facture, le Far l’a voulu comme un objet culturel. Il est cette année plus épais et plus fouillé que les années précédentes. «Nous pensons que dans la période que nous traversons, il pourrait être le seul lien que certains spectateurs à risques pourraient avoir avec le Far, explique la directrice. C’est pourquoi, il est plus étoffé cette année avec des interviews qui entrent plus profondément dans les propositions artistiques.» Par contre, pour les informations pratiques comme l’horaire et le lieu des spectacles qui sont habituellement l’apanage du programme, le Far renvoie uniquement à son site internet sur lequel la billetterie vient d’ouvrir. Ce qui permet une plus grande flexibilité et réactivité dans cette période particulièrement instable à cause du Covid.

L’intervention de Sacha Soldini aura le mérite de préciser les attentes des autorités en matière de soutien à l’économie locale de la part des institutions subventionnées. «La problématique est un sujet de réflexion pour la Ville, confirme Fabienne Freymond Cantone, municipale de la Culture. Elle devrait être précisée dans les prochaines conventions qui seront signées avec Visions du Réel, le Far, L’Usine à Gaz ou encore l’Élastique Citrique.»

Je pense qu’aujourd’hui, dans la situation que nous vivons après le confinement, qu’il faudrait soutenir l’économie locale

Sacha Soldini, conseiller communal et député UDC

On nous attaque sur un poste représentant moins de 1% du budget

Véronique Ferrero Delacoste, directrice du Far