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La rédactionLe grand écart de l’UDC sur le certificat Covid

Pas facile tous les jours, la vie de ministre. Et c’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit d’affronter une crise sanitaire majeure. Guy Parmelin peut en témoigner, lui qui vient de vivre une nouvelle semaine délicate dans son costume de conseiller fédéral UDC.

Samedi dernier, à Granges-Paccot (FR), le Vaudois assistait, impuissant, au torpillage de la loi Covid par les délégués de son parti. Un vote cinglant – 181 non pour 23 petits oui – qui sanctionne avant tout l’instauration du certificat sanitaire en Suisse. L’UDC pèsera ainsi de tout son poids sur le scrutin du 28 novembre, qui doit en entériner l’usage.

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Mercredi, le président Guy Parmelin et ses collègues du gouvernement décidaient de faire un pas de plus: en cas de surchauffe dans les hôpitaux, ce sésame honni pourrait être exigé à l’entrée des restaurants, théâtres, matches de hockey et autres fitness. L’UDC a évidemment réagi au quart de tour, en fustigeant «la politique incompétente et injuste» du Conseil fédéral.

Un décalage similaire apparaît aussi au grand jour dans certains cantons. Prenez Argovie, où le Département de la santé est en mains d’un représentant de la ligne dure de l’UDC, Jean-Pierre Gallati. Mardi, dans les colonnes de «Blick», il dialoguait avec une autre figure de l’UDC, le bouillant conseiller national argovien Andreas Glarner. Résultat? Un échange surréaliste mais révélateur.

«C’est une chose de donner son avis, c’en est une autre de prendre des décisions fortes, souvent impopulaires, qui ont un impact direct sur la vie des citoyens.»

Depuis dix-huit mois, Jean-Pierre Gallati est aux prises avec les réalités du virus dans son canton (678 morts à ce jour). Andreas Glarner le traite de mauviette. Selon lui, les mesures prises vont beaucoup trop loin. Mais que faire face à la hausse inquiétante des hospitalisations? S’adressant au conseiller d’État, il affirme qu’il suffit d’embaucher du personnel supplémentaire. «Publie une annonce en Allemagne en présentant les salaires suisses, ta boîte mail va exploser.»

Jean-Pierre Gallati se pince – et nous avec. Sans même évoquer les coûts liés à de nouveaux engagements, il rappelle que la prise en charge des malades du Covid requiert des forces supplémentaires et des qualifications spécifiques. «Ce n’est pas facile de recruter, surtout aux soins intensifs.»

Grand écart

C’est une chose de donner son avis, c’en est une autre de prendre des décisions fortes, souvent impopulaires, qui ont un impact direct sur la vie des citoyens. Un grand écart qui n’est certes pas propre à l’UDC. Mais avec sa capacité sans égale à déclencher les hostilités, le plus grand parti de Suisse creuse ce fossé et attise les tensions.

Adeptes des mots outranciers, les idéologues de l’UDC n’ont pas hésité à dénoncer «le dictateur» socialiste Alain Berset. Samedi dernier, ils déploraient encore le fait d’avoir gaspillé «des milliards de francs des contribuables pour une prétendue lutte contre la pandémie»… Dans la bataille engagée autour du certificat sanitaire, Guy Parmelin n’a pas fini de naviguer à contre-courant.