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ÉditorialCette fois, le GSsA joue sa crédibilité

Le mouvement qui menace de lancer une initiative contre les jets de combat aura une idée de sa force de frappe lors du scrutin du 29 novembre.

Il fallait les voir, le 27 septembre au stamm des opposants aux nouveaux avions de combat. Les membres du Groupe pour une Suisse sans armée exultaient à ce point qu’on en aurait presque oublié qu’ils avaient perdu la votation.

Lire aussi: Le GSsA mène la guerre contre l’armée depuis 40 ans

Après être resté tapis dans l’ombre durant toute la campagne – une technique déjà éprouvée lors du scrutin sur les Gripen en 2014 –, le GSsA apparaissait de nouveau sous les projecteurs. Combatifs, ses responsables menaçaient de lancer une initiative pour couler le projet que le peuple venait d’accepter du bout des lèvres. De quoi faire trembler les états-majors politiques.

Crédible? Le 29 novembre permettra de répondre à cette question. Ragaillardis comme rarement, les antimilitaristes jouent sans doute une bonne partie de leur crédibilité sur ce scrutin. Car, cette fois, c’est bien le GSsA qui est aux avant-postes. Plus possible de se cacher derrière une gauche pragmatique qui veut garder une structure militaire dans le pays. Ceux qui portent l’initiative qui veut interdire le financement des producteurs de matériel de guerre sont ceux qui veulent, à terme, l’abolition de l’armée.

«Le Conseil fédéral a peut-être lui-même tendu la perche pour se faire battre.»

Or ce texte fait furieusement penser à une autre initiative du GSsA, celle qui voulait en finir avec l’exportation du matériel de guerre, rejetée à 68% en 2009. Et c’est à la lumière de ce score que la popularité du mouvement pourra être calculée.

Un effet d’annonce

S’il fait mieux dans une vingtaine de jours, le groupement aura la certitude qu’il est de nouveau le trublion qui peut bouleverser la politique suisse. Et que son initiative pour bloquer la défense aérienne n’est pas qu’un effet d’annonce. S’il fait moins, il devra revoir ses ambitions à la baisse.

Le Conseil fédéral semble en tout cas lui avoir facilité la tâche en agendant au même dimanche l’initiative sur les «entreprises responsables». Ce texte de tous les superlatifs en matière de campagne pourrait bien booster la participation, notamment celle de ses partisans, qui attendent ce scrutin depuis quatre ans.

Et avec un second objet à même de séduire cet électorat, urbain, jeune, féminin, religieux et écolo, le gouvernement a peut-être lui-même tendu la perche pour se faire battre.

26 commentaires
    Il faut choisir

    Seul un fou renoncerait volontairement à la capacité de se défendre pour économiser un peu d'argent.

    Auriez-vous échangé votre système immunitaire contre un peu d'argent en 2019?

    Pourquoi pas, après-tout, les épidémies n'arrivent que dans les films, non?

    …et bien non, les situations les plus impensables (épidémies, guerres) arrivent comme ça, sans trompettes ni signes annonciateurs, de la manière la plus injuste et inopinée. Personne n'est à l'abris.

    Observez le budget militaire des pays à l'est du Rhin et vous comprendrez que ce n'est pas le moment de baisser la garde.