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FootballLe héros, c’est Mory Diaw

Le portier français du Lausanne-Sport, titularisé depuis quelques jours, a grandement aidé le LS dans sa quête d’une promotion toujours plus proche.

Le gardien lausannois Mory Diaw intervient devant le Vaudois de GC Nassim Ben Khalifa.
Le gardien lausannois Mory Diaw intervient devant le Vaudois de GC Nassim Ben Khalifa.
KEYSTONE

Des fois, dans le football, il y a des héros sortis de nulle part. Au LS, c’est clairement le cas de Mory Diaw. Ce gardien de 27 ans, formé au PSG, a un joli CV finalement. Dans sa carrière, il a officiellement gagné un championnat de France, une Coupe de France, une Coupe de la Ligue et un Trophée des Champions. Sauf qu’à y regarder de plus près, c’est un peu plus compliqué que ça...

Depuis qu’il a été engagé par le Lausanne-Sport – d’abord simplement pour 6 mois en juillet dernier, avant de prolonger quelques mois plus tard jusqu’en 2022 – le dernier rempart né à Poissy, dans les Yvelines, n’a pas beaucoup joué. Il a été titularisé en Coupe à deux reprises, avant de chiper la place de Thomas Castella, lors de la réception de Schaffhouse le 10 juillet dernier. Depuis, il a été décisif.

Après sa formation parisienne, le cerbère de 1m97 est passé par Mafra au Portugal, avant d'enchaîner sur le Lokomotiv Plovdiv en Bulgarie, pour se retrouver ensuite à l'United Zurich deux ans plus tard. Pas un CV qui ferait rêver beaucoup de recruteurs. Mais c’est là que le LS a eu fin nez, puisque depuis quelques jours, c’est lui qui lui a rapporté des points. Du coup, on est allé l’interviewer à sa sortie de la victoire quasi miraculeuse contre GC.

Mory, félicitations pour cette victoire. Mais c’était chaud ce soir...

Merci! Oui, c’était chaud... On était en place défensivement. Offensivement, on n’a pas eu trop d’occasions. Mais on a montré qu’on avait du réalisme. La dernière action, on l’a mise au fond, on a pris les trois points, c’est le principal.

Votre saison était particulière, quand même. Mais vous avez fait depuis peu ce qu’on demande à un gardien: être décisif…

C’est sûr. J’ai fait en sorte d’être prêt! J’avais déjà vécu ce genre de situation il y a trois ans au Portugal (ndlr: avec Matra, en 2e division portugaise, il avait joué la moitié des matches de la saison, pour 17 titularisations et seulement 13 buts encaissés). Le gardien de but, on le sait, si tu joues et que tu enchaînes, c’est bien. Mais le remplaçant doit être prêt à tout moment. C’est ce que j’ai fait au maximum. Je me suis entraîné à fond. Je me suis donné à fond et aujourd’hui j’ai fêté mon troisième blanchissage de suite. Ça fait plaisir!

Ce match était quand même un peu frustrant. Vu de la tribune, on pense que le LS peut faire mieux dans le jeu…

On peut faire mieux, mais on ne retient que la victoire. Là, on a remporté les trois points et, avant, on a été dur défensivement. Du coup, on a onze, ou huit points d’avance s’ils gagnent leur match en retard.

Comment avez-vous vécu ces dernières semaines. Ça ne devait pas être simple dans la tête?

Bien sûr. On a eu certaines discussions entre nous, dans le groupe. On a causé de ce qui n’allait pas. On a crevé des abcès entre nous, à propos de ce qui n’allait pas. Chacun a dit ce qu’il pensait. Là, on le voit sur le terrain, ça va mieux. Ça fait la quatrième victoire de suite.

Ça doit être bizarre votre relation avec Thomas Castella…

C’est le roi des types, mais c’est le football...Mais moi non plus je ne suis pas un mauvais type (rires)! Quand il jouait, j’étais derrière lui, je le poussais. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Mais le principal, c’est le projet du club, de monter en Super League. Peu importe qui joue. Le principal, c’est de gagner et d’être performant.

Vous êtes arrivé il y a peu dans ce projet. Comment le vivez-vous?

J’étais là depuis le début de la saison et on est un groupe. Ceux qui sont sur le banc, en tribune, ou ceux qui ne viennent pas ou sont avec les moins de 21 ans... Au final, on est tous ensemble, on est unis et j’espère qu’on fêtera ça le plus rapidement possible.