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Hockey sur glaceLe Lausanne HC a un problème de riche à régler

Le club de la Vaudoise aréna a le luxe de pouvoir améliorer ses petits défauts dans le plus grand des calmes. Dès ce vendredi soir face aux Zurich Lions (19 h 45).

Craig MacTavish et ses spécialistes de power-play en pleine discussion.
Craig MacTavish et ses spécialistes de power-play en pleine discussion.
KEYSTONE

Ce ne sont pas les ouvriers du bâtiment qui diront le contraire. Il est toujours plus agréable de travailler lorsque le temps est au beau fixe. C’est exactement la situation dans laquelle se trouve Craig MacTavish, entraîneur du Lausanne HC. Alors que son équipe flirte avec la tête du classement depuis plusieurs semaines, le Canadien a pourtant deux chantiers ouverts. Et pas des moindres.

Mais commençons par les réjouissances. Le Lausanne HC est l’équipe la plus efficace de la ligue lorsqu’elle évolue à 5 contre 5. Et de très loin. Avec un différentiel de +1,19 but par match à égalité numérique (2,44 buts marqués contre 1,25 but encaissé), les Lions sont sur une autre planète. Les plus «proches» poursuivants du LHC? Zoug et Genève ne boxent tout simplement pas dans la même catégorie depuis le début de saison (différentiel de +0,47).

«Pas une science exacte»

Pour résumer, les Lions ont du succès depuis le début de la saison malgré un jeu en supériorité numérique défaillant et un box play quelconque voire mauvais. Dans les deux domaines, ils pointent au 10e rang de la ligue. Dans un hockey toujours plus dépendant de ces situations spéciales, ce constat a plutôt valeur de bonne nouvelle… si une réponse est trouvée tôt ou tard. «Vous savez, le power-play n’est pas une science exacte, détaille Mark Barberio, capitaine québécois du LHC. Tu peux avoir de bonnes périodes puis d’autres plus compliquées. Il est important de continuer de travailler sans trop se poser de questions.»

«Il est important de continuer de travailler sereinement sans trop se poser de questions.»

Mark Barberio, défenseur du Lausanne HC

Un rapide coup d’œil aux statistiques confirme la tendance. Oui, le power-play est actuellement mauvais, mais les occasions sont présentes. Et pas qu’un peu puisque Lausanne est l’équipe qui tire le plus dans cette situation. Avec plus de 71 tirs par 60 minutes de temps de jeu en avantage numérique, les Vaudois ont deux essais de plus qu’Ambri-Piotta, équipe ayant inscrit le plus de buts dans cette situation spéciale (19).

Changements majeurs

Les Léventins peuvent se targuer de posséder dans leurs rangs l’arme fatale, Julius Nättinen, avec ses sept réalisations en «PP». Personne ne fait mieux. À titre de comparaison, Lausanne n’a marqué qu’un but de plus que le Finlandais en power-play. Ce dernier score toujours le même but depuis le cercle d’engagement à la gauche du gardien. Point précis où Charles Hudon a établi son campement. La saison dernière, Yannick Herren, avec Joel Genazzi, était le meilleur réalisateur vaudois dans la spécialité avec six réalisations. Son départ peine-t-il à être compensé? Pas forcément puisque la lacune en power-play ne date pas d’hier. La saison dernière, les Lions étaient déjà à la traîne (10e).

À gauche, l’influence de Yannick Herren la saison dernière et à droite celle de Charles Hudon cette saison.
À gauche, l’influence de Yannick Herren la saison dernière et à droite celle de Charles Hudon cette saison.
www.nlicedata.com

Contrairement à Yannick Herren parti à Fribourg, Lukas Frick est toujours bien présent à Lausanne. Mais cette saison, le Zurichois voit son rôle changer drastiquement. Il est désormais positionné devant le gardien adverse. Meilleur passeur vaudois en supériorité numérique en 2019-2020 (7 assists), il a désormais cédé sa place à Mark Barberio à la ligne bleue sur la première unité du power-play, tandis que Joël Genazzi est toujours présent sur la seconde. Par ailleurs, Dustin Jeffrey, deuxième meilleur passeur dans cette situation (6 passes décisives) est parti à Berne, affaiblissant encore un peu les Vaudois dans cette situation particulière.

À gauche, l’influence de Lukas Frick la saison dernière et à droite cette saison.
À gauche, l’influence de Lukas Frick la saison dernière et à droite cette saison.
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«J’ai l’impression que nous peinons à mettre en place notre jeu de puissance, précise Genazzi. Tout vient de là et lorsque nous aurons réglé ce problème, tout devrait être plus simple.» Certes, le LHC a un problème avec ses unités spéciales, mais les Vaudois sont toujours deuxièmes au classement. Un problème de riche, en somme. D’autant plus que mercredi, deux des trois buts sont tombés avec au moins un homme de plus sur la glace.