Alyssa Milano, une rebelle qui ensorcelle

Après avoir joué les sorcières dans «Charmed», l'actrice représente la nouvelle vague féministe aux États-Unis et pourrait entrer en politique.

On l’a découverte à 12 ans, en star de série dans «Madame est servie» et la voilà militante des grandes causes.

On l’a découverte à 12 ans, en star de série dans «Madame est servie» et la voilà militante des grandes causes. Image: Bob D’Amico/GettyImages

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«Résister», tel est le mot d’ordre qui habite Alyssa Milano, 46 ans. Il a suffi d’un tweet pour que l’ex-star de «Madame est servie» et de «Charmed» devienne l’une des figures incontournables de la nouvelle vague féministe. Le 15 octobre 2017, elle postait sur le fameux réseau social quelques mots qui sont à l’origine du phénomène #metoo, créé par l’activiste Tarana Burke: «Si vous avez déjà été harcelées ou agressées sexuellement, écrivez #metoo en réponse à ce tweet.»

Sa parole, et surtout sa cote d’amour auprès du public, bouscule les femmes. Alyssa Milano les encourage à partager leurs expériences grâce au mot-clé #metoo. Du coup, c’est le raz-de-marée de témoignages, un déferlement planétaire.

Elle sait s’entourer d’autres vedettes du petit écran, comme Ana Paquin («True Blood»), Debra Messing («Will & Grace»), Sophia Bush («Les frères Scott») et sa collègue Rose McGowan («Charmed»), autre grande figure du mouvement. En quelques clics, elle est devenue l’une des voix féministes les plus entendues du monde.

Alyssa parle en connaissance de cause et raconte, après des années de silence et de crises de panique, ce dont elle a été victime: à 19 ans, elle a été agressée sexuellement lors d’un concert et à 24 ans, sur un tournage, un membre de l’équipe l’a violentée. Alors non, elle ne s’est pas trouvé un nouveau rôle, comme au cinéma, qui lui sied à merveille: activiste professionnelle. L’adorable Samantha de «Madame est servie» est d’autant plus crédible car elle a souffert elle aussi de harcèlement.

Très engagée

Le 15 octobre prochain, deux ans après l’explosion de #metoo, l’actrice – qui vient de tourner la saison 2 de la série «Insatiable» pour Netflix – sort un roman graphique, «Hope», où elle raconte le parcours d’une jeune activiste à l’école. Elle s’adresse aux ados avec des dessins réalisés par Eric S. Keyes, l’illustrateur des «Simpson». D’ailleurs, elle songe à adapter son livre en feuilleton et à y jouer.

Miss Milano travaille actuellement sur un autre projet tout aussi engagé: décliner en série le parcours des deux premières femmes juges arrivées à la Cour suprême des États-Unis, Sandra Day O’Connor et Ruth Bader Ginsburg. Elle vient aussi de lancer un podcast hebdomadaire, «SorryNotSorry», où elle exhorte des activistes, tels Erin Brockovich et l’ex-vice-président des USA Joe Biden – l’un de ses amis – à prendre la parole.

On pourrait croire que la conscience sociale et féministe de l’actrice s’est réveillée avec l’affaire Weinstein. Pas du tout! L’activisme coule dans les veines d’Alyssa Milano depuis son adolescence. À 15 ans déjà, elle prend la défense de Ryan White, exclu de son école après la découverte de sa séropositivité. Elle l’embrasse devant des millions de téléspectateurs pour montrer que le virus du sida ne s’attrape pas par un simple contact.

«Ce moment à changé ma vie, confie-t-elle dans «Elle». J’ai compris que ma notoriété pouvait avoir une influence positive et faire bouger les choses». Ambassadrice de l’Unicef à 31 ans, elle soutient aussi l’association PETA pour les droits des animaux, lutte contre la prolifération des armes dans son pays et s’investit pour préserver le droit à l’avortement aux États-Unis en lançant sur les réseaux sociaux «une grève du sexe».

Alyssa Milano a le sens de la formule et ses discours font mouche. À quand une carrière en politique? «J’y réfléchis, dit-elle. Mais pour l’instant, je me sens plus efficace en simple militante. Quand mes enfants seront grands, je me présenterai peut-être.»

Créé: 23.08.2019, 15h00

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