Carnivores et antispécistes se toisent devant Swiss Expo

En marge de la foire bovine lausannoise, les opposants à l’exploitation animale ont partagé la scène avec le «barbecue de la liberté», sans heurts.

Alors que le vice-président de l’UDC du Jura-Nord vaudois Ruben Ramchurn profitait de son «barbecue de la liberté», les antispécistes ont donné de la voix avec des slogans tels que «venir à Swiss Expo, c’est se foutre des animaux».

Alors que le vice-président de l’UDC du Jura-Nord vaudois Ruben Ramchurn profitait de son «barbecue de la liberté», les antispécistes ont donné de la voix avec des slogans tels que «venir à Swiss Expo, c’est se foutre des animaux». Image: Martial Trezzini/Keystone

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En se rendant à Swiss Expo, le public a eu droit hier après-midi au contraste parfait. Face à l’entrée principale, une centaine de militants de l’Association pour l’égalité animale (PEA) entonnent des slogans tels que «élevage, abattoir, les spécistes, y en a marre» ou encore «venir à Swiss Expo, c’est se foutre des animaux». Vêtue d’un manteau rouge sang et armée d’un mégaphone, la présidente de l’association antispéciste, Pia Shazar, dénonce une «exposition de honte» qui véhicule une «image idéalisée de l’élevage». Dans son viseur, non pas les éleveurs, «mais un système qui opprime et qui tue». Parmi les militants, Anne-Marie, cheveux blancs et lunettes noires, vient pour l’occasion depuis Estavayer-le-Lac (FR). «On va beaucoup trop loin», s’insurge-t-elle en brandissant à bout de bras une photo format A3 sur laquelle un boucher décapite un veau dans une mare de sang. «Quand il y aura assez de jeunes qui prennent la relève, j’arrêterai», confie la femme de 73 ans.

Deux cents mètres plus loin, derrière un cordon de huit policiers, un monde baigné de fumée et d’odeurs de grillade se dévoile. Alors que les antispécistes sont en majorité des femmes, les grilleurs sont surtout masculins. Les cheveux teintés de rouge ou de turquoise font place aux casquettes solidement vissées et les écharpes colorées se muent en salopettes de travail. Là, sous les flèches géantes à côté des halles sud, a lieu la «grillade de la liberté» organisée par Ruben Ramchurn, vice-président de l’UDC du Jura-Nord vaudois.

Steaks hachés, saucisses de veau, merguez et autres saucisses à rôtir cuisent sur deux grils professionnels et sont donnés gratuitement. Toute la viande, d’une valeur de 1000 francs, est offerte par des éleveurs de la région, qui «préfèrent rester anonymes», souligne Ruben Ramchurn. De la provocation, son initiative en réponse à la PEA? «Des évangélistes qui vont à la Gay Pride, ça, c’est de la provocation. Nous, on est à notre place», tranche-t-il, pince de barbecue à la main. Parmi les mangeurs de viande, beaucoup d’exposants venus soutenir la démarche. Pour Jérôme Deillon, éleveur de Romont qui présente seize vaches laitières, la manifestation des antispécistes est un manque de respect. «Chacun a le droit de dire ce qu’il veut, mais pas ici. On veut qu’ils respectent notre exposition», tonne le jeune homme de 19 ans. Malgré la proximité des deux manifestations, aucun incident n’est à déplorer, selon la police, qui avait déployé un dispositif en prévention.

Créé: 12.01.2019, 23h01

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