Chouette, les zoos veulent nous plaire

Les deux grands zoos de Suisse sont presque voisins. Face-à-face pour faire son choix.

À g., au Zoo de Bâle, le volume des enclos pour grands singes a quasi doublé en 2012. À dr., le parc des éléphants du Zoo de Zurich a coûté 57 millions de francs.

À g., au Zoo de Bâle, le volume des enclos pour grands singes a quasi doublé en 2012. À dr., le parc des éléphants du Zoo de Zurich a coûté 57 millions de francs. Image: Zoo Basel /Torben Weber, Jean-Luc Grossmann

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C’est un rituel mensuel. Mercredi, le Zoo de Zurich recevait une foule de journalistes pour annoncer ses nouveautés. Il attend notamment trois heureux événements dans le parc des éléphants. Même jour, presque à la même heure, le Zoo de Bâle accueillait lui aussi les médias pour marquer le retour de perroquets des montagnes. Naissances, arrivées, extensions: les deux grands zoos rivalisent d’efforts pour séduire.

Longtemps devant, le vénérable «Zolli» de Bâle s’est fait doubler au début des années 2000 alors que son concurrent mettait en action un plan d’agrandissement. À coups de millions, le Zoo de Zurich offrait plus de place à ses pensionnaires. Et ça continue. L’an prochain, girafes et rhinocéros investiront un nouvel enclos pour animaux de la savane. Un projet à plus de 50 millions. «Des dépenses nécessaires. Pour vivre, un zoo doit évoluer», commente le directeur du Zoo de Zurich, Alex Rübel.

Bon joueur, son concurrent bâlois ne prend pas ombrage du succès du voisin. «Zurich est premier pour ce qui est de la fréquentation, c’est clair. Notre but à nous est de maintenir le nombre de visiteurs», affirme le directeur, Olivier Pagan. Coincé au milieu de la ville, le Zoo de Bâle a toutes les peines à s’étendre. Un projet d’aquarium géant lui aurait permis d’attirer des centaines de milliers de visiteurs en plus, mais les Bâlois ont enterré en mai l’Ozeanium en votation. Le directeur ne baisse pas les bras et refuse de laisser dire que son parc est moins innovant.

«Notre zoo n’est plus le même qu’il y a douze ans!» Il vient de donner le coup d’envoi du futur pavillon des oiseaux, pour 25 millions de francs.


Trois points forts à Bâle

> Vivarium: C’est incontestablement un des points forts du zoo, selon son directeur, Olivier Pagan: contrairement à Zurich, Bâle dispose d’un vivarium. Le visiteur peut notamment y observer des anguilles, des pieuvres, des méduses, des grenouilles, des poissons-vaches à longues cornes ou le plus vieux brochet-lance à long nez, un fossile vivant âgé d’environ 50 ans. «Nos aquariums montrent comment les poissons se comportent dans leur habitat naturel. On peut voir par exemple le poisson-clown (ndlr: celui du film «Nemo») collé à son anémone, il ne la quitte jamais.» Le vivarium accueille aussi 26 manchots papous et des manchots royaux.

> Enclos des rhinocéros: Le «Zolli» de Bâle est le seul zoo de Suisse à accueillir des rhinocéros indiens, le plus grand des rhinocéros asiatiques, identifiable à sa corne noire mesurant entre 20 et 60 cm. Une vingtaine d’individus occupent un enclos de 2000 m2 qui comprend notamment un bassin d’eau en guise de «zone wellness» ainsi qu’une mare de boue. Le mammifère cohabite là avec des loutres asiatiques et des muntjacs chinois ou cerfs aboyeurs. Espèce menacée par le braconnage, le rhinocéros indien vit en Inde et au Népal. Le Zoo de Bâle soutient un projet de protection des rhinocéros dans l’État indien d’Assam, où se trouvent encore 2800 spécimens.

> Pavillon des antilopes: Confronté à un risque extrêmement élevé d’extinction, l’okapi est aussi appelé la girafe sauvage. On estime la population mondiale à quelque 10 000 individus à l’état sauvage. Seul en Suisse à en accueillir, le Zoo de Bâle en détient cinq, qui se partagent le pavillon des antilopes avec des girafes et des petits koudous. Cette année, leurs rangs ont presque doublé: le zoo a fêté deux heureux événements. «C’est rare», se réjouit Olivier Pagan. La dernière fois que le zoo bâlois a enregistré deux naissances d’okapis la même année remonte à l’an 2000. Pourvu d’une longue langue bleutée, l’okapi vit principalement en République démocratique du Congo.

Trois points forts à Zürich

> Pavillon d'Australie: Il y a d’abord eu Mikey et Milo, deux koalas mâles. L’été dernier, Maisy et Pippa sont arrivées à leur tour de Sydney pour tenir compagnie aux nouvelles vedettes du Zoo de Zurich, voire plus si entente. Les deux femelles sont censées s’accoupler avec les mâles. Le zoo a inauguré son pavillon australien en 2018, devenant du même coup le premier de Suisse à détenir des koalas. Le parc s’étend sur 5500 m2 et accueille, outre quatre koalas, des varans, des martins-chasseurs géants et des lapins de garenne. On y trouve aussi des wallabys à cou rouge et des émeus d’Australie, dont les installations extérieures sont librement accessibles au public.

> Halle tropicale Masoala: Inaugurée en juin 2003, la halle Masoala a véritablement permis l’envol du Zoo de Zurich. Pour 52 millions de francs, celui-ci a reproduit sous une serre tropicale de 11'000 m2 un morceau de forêt pluviale de l’île de Madagascar. «Il n’y a pas de séparation, de barrière, on se trouve directement avec les animaux», s’enthousiasme le directeur, Alex Rübel. Parmi les 50 espèces de vertébrés visibles, on trouve des caméléons, des perroquets, des grenouilles tomate, des zonosaures de Madagascar. L’animal emblématique est le vari roux, un lémurien de la presqu’île malgache de Masoala, connu pour être un des primates les plus bruyants.

> Parc des éléphants: Le pavillon des éléphants de Kaeng Krachan est une des autres attractions phares du Zoo de Zurich. Huit éléphants d’Asie occupent cet espace de 11'000 m2, dont une partie intérieure recouverte d’un toit incurvé. Construit pour 57 millions de francs et inauguré en 2014, il offre six fois plus de place à ses pensionnaires qu’auparavant. «Les éléphants peuvent mener une vraie vie de groupe, c’est unique en Suisse», décrit Alex Rübel. Le parc compte six bassins, dont l’un est assorti d’un point d’observation en sous-sol permettant d’apprécier les talents aquatiques des pachydermes. Trois heureux événements sont attendus pour 2020.

Créé: 16.12.2019, 11h40

Bâle en chiffres

Animaux: Le «Zolli» compte 6660 animaux de 513 espèces différentes dont 57 espèces de mammifères et 214 de poissons.

Surface: Situé au cœur de la ville, le zoo s’étend sur 13 hectares. Il ne s’est pas agrandi depuis 1961.

Fréquentation: Elle fluctue autour du million de visiteurs. L’an dernier, ils étaient 928 239, contre un peu plus de 1 million en 2017.

Chiffre d'affaires: En 2018, le chiffre d’affaires était d’environ 18 millions de francs. Le zoo verse en moyenne 340 000 francs par an à des projets de protection de la nature.

Zürich en chiffres

Animaux: Le Zoo de Zurich compte 4817 pensionnaires de 375 espèces différentes, dont 61 espèces de mammifères et 87 de poissons.

Surface: Elle est de 27 hectares. La superficie a doublé depuis
les années 90.

Fréquentation: Le zoo a accueilli 1,3 million de visiteurs en 2018, contre 1,21 million en 2017. La proportion de Romands est de moins de 5%.

Chiffre d'affaires: Il était de 33,9 millions de francs en 2018. Le zoo investit 1,8 million de francs par an dans des projets de protection de la nature.

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