Donald Trump prendra-t-il Davos d’assaut à bord de «La Bête»?

Digne de James Bond, la Cadillac présidentielle est la pièce maîtresse d’un convoi hors du commun. Une armada de véhicules et des centaines de personnes accompagnent chacun de ses voyages officiels.

Image: Evan Vucci/Keystone

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Elle pèse 9 tonnes, et chacune de ses portières a le poids d’une porte de Boeing. Son prix? 1,5 million de francs. Son surnom? «The Beast», La Bête. Une Cadillac. C’est à son bord que Donald Trump pourrait faire son entrée à Davos, lors du World Economic Forum qui s’ouvre ce mardi. S’il agit comme à son dernier passage il y a deux ans, il se contentera d’un gros SUV blindé. Mais, rappelait hier la «Neue Zürcher Zeitung» (NZZ), les déplacements présidentiels américains mobilisent très souvent un imposant cortège.

Sa fille et son gendre, Ivanka et Jared Kushner, seront-ils aussi à bord? La place ne manque pas, étant donné que l’habitacle est conçu pour recevoir sept personnes. Ils pourraient aussi faire le voyage dans une limousine semblable. Le cortège présidentiel comporte toujours une ou deux Cadillac supplémentaires, en tous points semblables, au cas où un changement de voiture serait nécessaire. Ou par mesure de sécurité: pour peu qu’il n’abaisse pas la vitre, rien n’indique dans quel véhicule le président des États-Unis a pris place. De même, Air Force One, l’avion présidentiel, vole toujours avec son double. Des précautions à la hauteur de la menace, l’Iran ayant offert 80 millions de dollars de récompense pour sa tête.

La Maison-Blanche a acheté douze Cadillac, avec quelques variantes selon les modèles, afin d’assurer le tournus lorsque Trump enchaîne les visites. «The Beast» répond aussi au surnom plus classique de Cadillac One, sur le modèle d’Air Force One ou de Marine One, l’hélicoptère qui, si la météo le permet, l’amènera de Zurich à la station grisonne. Un mot sur le Boeing présidentiel, qui offre 370 m2 sur trois niveaux, avec une grande suite, un bureau, une salle de conférences, et même des installations médicales, salle d’opération comprise. À bord: les conseillers, les officiers des services secrets, quelques journalistes et la fameuse mallette présidentielle qui contient les codes des armes nucléaires.

Délégation impressionnante

The Beast et Air Force One ne sont pas les seuls à donner le vertige, et la composition de la délégation qui accompagnera Donald Trump n’est pas en reste: outre sa fille et son beau-fils, pas moins de quatre secrétaires (ceux des Transports, du Commerce, du Travail et des Finances), ainsi que des centaines de personnes, des agents de sécurité aux médecins personnels, rapporte la «NZZ». Jeudi dernier, «20 Minuten» indiquait qu’un avion de transport de l’US Air Force avait déjà atterri sur l’aérodrome de Dübendorf (ZH), de même que sont déjà à pied d’œuvre les camions-citernes (pour le plein des limousines), et plusieurs hélicoptères.

Ce n’est pas tout! Le jour de la venue de Donald Trump – la date exacte est encore inconnue –, ce sont des dizaines de SUV et camions spéciaux, dont une ambulance privée, un véhicule chargé des télécommunications, ainsi qu’un SUV détecteur d’armes, qui seront acheminés afin de constituer l’armada qui l’escortera (voir l’infographie).

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Un coût de 9 millions pour la Suisse

Bien que les Américains déploient leur propre logistique et assurent eux-mêmes l’essentiel de la sécurité, celle-ci se fait aussi en collaboration avec la police et l’armée suisses. Selon Walter Schlegel, commandant de la police des Grisons, «des policiers des 26 cantons et de la principauté du Liechtenstein sont de service durant le WEF», rapporte «Blick». Au total, environ 1000 policiers et 5000 militaires seront engagés. Donald Trump est toujours entouré de ses propres services secrets, et ces agents spéciaux ont tous un permis de port d’arme.

Les coûts sont à la hauteur de l’événement. Selon Berne, les frais de sécurité se sont élevés en moyenne pour la Suisse à quelque 9 millions lors des précédentes éditions. Tout dépend du nombre de personnes classées à haut risque, et Donald Trump occupe la 1re place de ce classement. À titre d’estimation, sa visite à Londres en juin 2019 avait coûté à la Ville 3,4 millions de livres (4,2 millions de francs), et 6300 agents avaient été impliqués, indique la «NZZ».


Prix fous et chambres louées deux fois, le chaos de l’hôtellerie pendant le Forum

À Davos, les prix des chambres deviennent fous pendant la semaine du Word Economic Forum (WEF). Dans son édition de samedi, «20 minutes» a repéré un appartement à louer pour la modique somme de 64 534 francs pour quatre nuits. L’offre figurant toujours sur le site Booking.com, le propriétaire attend toujours qu’une personne accepte de débourser plus de 16 000 francs par nuit pour trois chambres et trois salles de bains (150 m2), certes situées à cinq minutes du congrès.

Ce logement de luxe détient un record. Mais d’autres lui emboîtent le pas, à l’instar de cette chambre de 100 m2 située à une demi-heure à pied du palais du WEF: 48 024 francs les quatre nuits. La qualité de l’ameublement de la chambre reste un mystère, aucune photo n’étant disponible. Mais il y a un balcon.

S’il s’agit là d’exemples extrêmes, la moyenne des prix des logements pendant cette semaine-là se situe tout de même entre 4000 et 13 000 francs pour quatre nuits. Et on ne parle pas de grand luxe: les chambres sur les photos sont souvent exiguës, situées loin du centre ou avec des toilettes sur le palier. Avec un taux d’occupation à 90%, les logeurs peuvent se le permettre. Si en moyenne le prix de la chambre d’un hôtel quintuple lors de cette semaine spéciale, la multiplication peut aller jusqu’à 20 fois le prix.

À être trop gourmands, les hôteliers mettraient en péril l’avenir du forum. Cet été, le fondateur du WEF, Klaus Schwab, a prévenu dans la presse que le forum risque d’être déplacé dans un autre pays si les tarifs persistent à grimper. «Si les prix continuent d’être exagérés, il se pourrait que nous soyons exposés à une telle pression de la part de nos participants que nous devions abandonner le site de Davos malgré notre bonne volonté, a déclaré Klaus Schwab dans la «Südostschweiz». Si ces conditions ne sont pas remplies, nous devrons chercher un autre endroit, le cœur lourd.»

Pour cette année, la folie des prix ne semble pas avoir été freinée. Pire, certains participants risquent d’avoir une très mauvaise surprise en arrivant à la station. Un hôtel aurait vendu deux fois l’ensemble de ses chambres, selon un article de «Blick» publié samedi. Après le décès de l’ancien propriétaire, survenu cet automne, les nouveaux gérants n’ont pas tenu compte des réservations effectuées avant leur arrivée.

Ceux-ci se défendent en assurant que les serveurs de l’hôtel étaient vides: impossible de savoir si une chambre avait déjà été réservée ou non. De nombreux participants au WEF s’organisant dès le mois de mars de l’année précédent le congrès, ceux ayant choisi l’hôtel en question risquent fort de se retrouver à la rue. Impossible également de les contacter pour les prévenir, le registre n’existant pas. Près de 80 lits seraient concernés. C’est d’autant plus douloureux que la note a déjà été payée – plus de 4000 francs pour la semaine. L’ancien propriétaire étant mort et sa société ayant fait faillite, les chances de récupérer l’argent sont quasi nulles. Lucie Monnat


Le convoi motorisé du président des Etats-Unis

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Créé: 18.01.2020, 22h34

Petites folies en coulisses

Le «Tages-Anzeiger» a recensé les anecdotes les plus croustillantes du WEF grâce aux témoignages de Jürgen Dunsch, journaliste spécialiste du forum, et Ernst Wyrsch, hôtelier ayant dirigé le prestigieux Steigenberger Grandhotel Belvédère à Davos entre 1996 et 2011.

BILL CLINTON a participé au forum pour la première fois en 2000. La chambre qui lui était réservée posait des problèmes de sécurité. Ernst Wyrsch a alors cédé son propre appartement au président américain. «Il a dormi dans mon lit. Le code de tir nucléaire, qui donnait au président un accès immédiat à l’arsenal nucléaire en cas d’urgence, a été gardé dans la chambre de mon fils.»

«BRANGELINA»

En 2006, l’enthousiasme suscité par la visite du couple Jolie-Pitt a vite été douché par leurs caprices. Les stars ont exigé la suite présidentielle de l’Hôtel Steigenberger, ainsi qu’un convoi spécial de véhicules de protection lors de leurs déplacements. Deux demandes rejetées. «Nous n’allions pas fournir plus d’efforts pour la sécurité d’Angelina Jolie que pour Angela Merkel!» aurait déclaré un policier cité dans le livre de Jürgen Dunsch.

CRAVATES DE CLASSE

Il y a une dizaine d’années. Klaus Schwab a tenté de desserrer l’étiquette du vêtement en interdisant les cravates. Si cet assouplissement a laissé les Occidentaux indifférents, l’abandon de la cravate pose un réel problème aux représentants des pays émergents, à l’instar des chefs d’État du Bangladesh ou du Pakistan. Il y a donc deux classes visibles au WEF, entre les porteurs de cravate et les autres.

SÉCURITÉ LIGHT

En 50 ans d’existence, le changement le plus important au WEF concerne certainement la sécurité. Alors qu’aujourd’hui on trouve des tireurs d’élite sur les toits et des militaires aux quatre coins de la station, dans les premières années, le dispositif de sécurité était assuré par… le policier du village et son chien méchant. «La sécurité n’était vraiment pas prise au sérieux à cette époque, écrit Markus Reinhardt, ancien commandant de la police grisonne, dans ses Mémoires. Ainsi, le policier du village de Davos patrouillait avec son chien pour assurer la sécurité du congrès et de ses participants.»

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