Enquête sur le système Constantin

2018Football, immobilier et médias: le promoteur et président du FC Sion a bâti une mécanique unique, basée sur le pouvoir et la séduction.

Christian Constantin est un peu un patronus à la romaine, qui règle les litiges dans l’intimité de son hôtel, La Porte d’Octodure.

Christian Constantin est un peu un patronus à la romaine, qui règle les litiges dans l’intimité de son hôtel, La Porte d’Octodure.

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«Cocotte». Si, si, il vient de t’appeler «cocotte» pour la deuxième fois, et toi, tu n’as pas bronché. Pire: tu as pouffé devant ton plat d’asperges blanches, tu as jeté un œil vers les montagnes qui surplombent la ville de Martigny, comme si elles allaient t’inspirer une repartie, tu n’as rien trouvé, alors tu t’es penchée sur ta feuille pour chercher la question suivante. Et voilà. Un seul mot, répété sur un ton paternel, et tu n’es plus une journaliste expérimentée, mais une petite blonde venue du bord du Léman pour admirer le mâle alpha au pied de ses Alpes. Bon, mais tu aurais pu répondre quoi, de toute façon? Genre: «Monsieur Constantin, je ne suis pas d’accord, ça ne se fait pas de traiter les femmes de «cocottes», déjà que ce tutoiement systématique, ça met plein de gens mal à l’aise, ils me l’ont dit, c’est pas parce qu’on préside un club de foot et qu’on pèse 250 millions qu’on peut tout se permettre…» Cause toujours, ouais!

Sur la terrasse de l’hôtel-restaurant La Porte d’Octodure, stamm du FC Sion, des jeunes hommes en tenue de sport défilent pour présenter leurs hommages à celui qu’ils vouvoient et qu’ils appellent «président». Après le repas, Christian Constantin veut te donner la «preuve par l’exemple» qu’il traite bien les gens, les femmes particulièrement. Il prend son téléphone: «Tu m’envoies L., s’il te plaît?» Quelques secondes après, une des employées de l’établissement s’avance vers le patron et la «cocotte». C’est une serveuse d’une cinquantaine d’années, qui t’explique à quel point «CC» est un homme généreux, puisqu’il l’a sortie de la dèche il y a longtemps. Elle a été appelée par son patron pour tresser ses louanges devant une journaliste, tu essaies de te mettre à sa place, mon Dieu comme ça doit être gênant, mais en fait, non, visiblement, parce que c’est un autre monde, où règne une forme de servitude volontaire. Christian Constantin, promoteur, président du FC Sion et septième plus grosse fortune du Valais, est un peu un patronus à la romaine: dans l’Antiquité, le clientélisme désigne la relation d’échange de services entre deux individus de classes sociales différentes. Le patronus, issu des classes aisées, prend sous sa protection des «clients» de rang inférieur. Il les soutient dans leur carrière et leur avancement, et ces derniers, de même que leurs descendants, lui sont fidèles et redevables à vie.

Mais nous sommes en 2018, en des temps où l’argent et le foot, combinés à une médiatisation constante, peuvent rendre fou. Quelques minutes avant le repas, dans la salle de réunion où sont visibles plusieurs maquettes de ses constructions, Christian Constantin te répète l’un de ses nombreux mantras: pour lui, les autres sont des citrons que l’on presse et que l’on jette quand ils n’ont plus de jus. Cette acidité permanente, ça doit monter à la tête, à force, faire exploser l’hybris, causer des aigreurs fulgurantes, de celles qui vous poussent à frapper un homme à terre, devant des caméras, comme ce fut le cas en septembre dernier avec l’ancien sélectionneur national Rolf Fringer à Lugano.

– Donc vous êtes tout en haut et vous pressez les autres, c’est ça? Mais vous, personne ne vous presse. Vous trouvez ça juste?

– T’as une idée de l’angoisse du président quand le club risque de tomber en relégation? Tu crois que je dors bien? Non, toi, t’as jamais vécu ça.

Ses chaussures en cuir posées sur la table de réunion, l’homme réajuste sans cesse son veston sur sa chemise immaculée, empoigne son téléphone, ouvre une application et égrène des chiffres: il possède encore 1 million de mètres carrés de terrain à construire, ce qui fait 4 milliards à dépenser. 298 offres sont en préparation, alors que 1586 affaires ont été conclues depuis 1979. Le Valais n’a pas encore fini d’entendre parler de lui, qui projette de construire prochainement un magasin Ikea et un cinéma multiplexe dans la plaine du Rhône, au risque de tuer les salles valaisannes. Au milieu de ses projets, le promoteur n’est plus un patronus face à son petit personnel, mais un bétonneur que rien ne semble pouvoir arrêter. «Bétonneur», le mot est lâché. Il ne l’aime pas, lui qui, dans un livre envoyé récemment en tous-ménages pour convaincre les Valaisans de voter oui aux JO, insiste sur son amour de la montagne et des paysages. À la présidente du PS du Valais romand, Barbara Lanthemann, qui avait justement usé de ce qualificatif à son endroit dans «Le Nouvelliste», Christian Constantin a envoyé un SMS: «Je lui ai dit que c’était méchant. Moi, je ne dis jamais du mal des autres, encore moins s’ils sont Valaisans.» Vraiment?

Durant des semaines, tu as écouté parler ceux qui sont acquis à sa cause, mais également la cohorte des citrons pressés. Ceux qui sont revenus vers lui la queue entre les jambes après s’être fait insulter et humilier, ceux qui vomissaient de stress le matin avant d’aller travailler, ceux qui dénoncent des promesses non tenues, du travail non payé, celles qui se sont fait mettre la main aux fesses ou qui ont essuyé des propos en dessous de la ceinture, ces autres envers qui il ne s’est jamais acquitté d’une dette de plus d’un million de francs, ces dizaines de personnes qui t’ont dessiné le tableau du pouvoir, qui t’ont tricoté l’histoire, vieille comme le monde, du type pris dans l’engrenage de la toute-puissance. Tous t’ont décrit ce mélange d’affection et de terreur qu’il inspire, cette manière qu’il a de manier la carotte et le bâton, de séduire, d’apitoyer, de dominer, d’amadouer, de menacer, tout en laissant penser à chacun qu’il est son meilleur ami grâce à une arme redoutable: le rire. «Constantin, quand tu entres dans son bureau avec une furieuse envie de l’engueuler, tu en ressors toujours avec la banane», confie un fidèle un brin dépité, qui admet avoir vécu «des hauts et des bas» dans ses relations d’affaires avec le président, qu’il admire.

Tu avais dit «moi, on ne m’aura pas», et puis tu as pouffé devant tes asperges, parce que, quelque part, comme tout le monde, tu ne serais pas contre avoir un copain célèbre et gouailleur qui t’emmènerait faire des tours au-dessus des Alpes en t’abreuvant des bons mots que tu pourrais répéter à l’heure de l’apéro. Il t’appellerait «cocotte», il te montrerait des photos de son petit-fils et vous seriez complices. Sauf que c’est un peu du vent, plus précisément du foehn, qui, avec la jalousie, est l’une des deux «constantes du canton», selon un supporter croisé récemment devant le stade de Tourbillon. À entendre l’entourage proche de Constantin, la seconde serait un péché typiquement valaisan, qui expliquerait les nombreuses critiques à l’égard du promoteur. Las, la vie est généralement plus compliquée que dans les proverbes. Et l’oiseau est lui-même un modèle de complexité, à en croire ceux qui le côtoient. Il est ce type qui invite une personne à son anniversaire, alors que cette dernière vient de lui coller un procès. Qui téléphone à une autre pour «prendre des nouvelles», quand c’est la guerre ouverte par médias interposés. Ou qui signe «becs» à la fin d’un SMS ulcéré.

Depuis ses débuts comme président du FC Sion dans les années 1990, Christian Constantin a mis en place un système unique, dont les trois mamelles sont le football, l’immobilier et les médias. Grâce au sport, combiné avec un flair et un culot indéniables, l’homme est sans doute la personnalité romande qui couvre le plus de mètres carrés d’articles, puisque c’est ainsi qu’il calcule, selon Fabien Girard, un ancien employé du club. Son aura médiatique lui permet de conclure des affaires: pour beaucoup de gens, signer avec Constantin, ce n’est pas rien. D’autant plus que le promoteur sait enrober ses négociations de susucres: travail sur des chantiers pour les sponsors (Christian Constantin SA fonctionne comme entreprise générale) et pour les autres, cadeaux, petites attentions, voire tour en jet ou en hélicoptère. «Après m’avoir acheté un terrain, il m’a laissé piloter sa Ferrari, se souvient une ancienne relation d’affaires, aujourd’hui en litige avec lui. Il était pressé, il m’a dit: «Tu conduis pour rentrer» et il a fait cinq téléphones sur les dix kilomètres de trajet.»

Une partie des bénéfices qu’il retire de l’immobilier, le promoteur les réinjecte dans le football. Or le FC Sion coûte cher – 25 millions de budget annuel. L’apport financier du président lui permet, en quelque sorte, de tenir le Valais en otage: sans lui, plus de club, aime-t-il à rappeler à ceux qui voudraient lui voir les talons. Et ça non plus, ce n’est pas rien: «Vous savez, ça ne fait pas si longtemps qu’on est fiers d’être Valaisans, confie un ancien employé du bureau d’architecture Christian Constantin SA. Notre identité, on l’a affirmée aussi à travers le FC Sion. Il y a quelques années, quand tout le Valais se déplaçait à Berne pour la Coupe de Suisse, quand l’autoroute était rouge et blanche, ce n’était plus du sport, mais de la politique.» Dans une récente interview à «Mise au point», le promoteur assurait mettre quelque 500 000 francs par mois dans le football, soit 6 millions par année. «C’est mon club, mon pognon», aime à répéter le président. Mais au concours de celui qui met le plus d’argent, le «gagnant» serait plutôt le contribuable: contrairement à d’autres cantons, le Valais prend en charge la totalité des frais de sécurité engendrés par le stade de Tourbillon, comme le confirmait le conseiller d’État Oskar Freysinger en 2016. Tous les matches étant considérés comme «à risque», cela représente un coût annuel de 5 à 7 millions pour la collectivité.

Le système Constantin, tout rodé soit-il, n’est sans doute pas éternel. Avec une constance digne d’un gimmick, le président envoie valser ses entraîneurs, les gratifiant au passage de qualificatifs assassins – comme pour l’Allemand Uli Stielike, dont il dénonçait en 2008 «l’odeur pas très agréable». La vision il y a quelques semaines encore du dernier entraîneur en date Maurizio Jacobacci, gesticulant sur la pelouse de Tourbillon et hurlant derrière sa frange en direction des joueurs, avec dans son dos, le profil d’aigle du promoteur fulminant en bas des gradins, appelle une autre image de la Rome antique: celle de l’empereur qui, à la fin des jeux du cirque, orientera son pouce vers le haut ou vers le bas. Quand le Bernois en costard, qui a failli partir cette semaine, giclera-t-il? Selon le quotidien valaisan «Le Nouvelliste», 48 meneurs se sont succédé sur le banc de Tourbillon en vingt années de présidence. Une pratique qui fait le beurre de Constantin (du coup, il est omniprésent dans les médias), mais qui ne sert pas vraiment le football, à voir les résultats. De fait, le club vient de friser la relégation en Challenge League, malgré un budget colossal par rapport à d’autres formations romandes. Une chute que certains supporters appelaient de leurs vœux, y voyant une occasion de faire tabula rasa. En effet, selon le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS), fidèle des rouges et blancs, «Constantin lasse par ses coups de gueule, sa manière de traiter les gens comme des pions et de les jeter. Le Valais est aux antipodes de son attitude et de son culte du pognon.»

Dans deux semaines exactement tombera le second couperet, soit le résultat de la votation cantonale concernant Sion 2026. «Ce projet, c’est moi qui l’ai pensé», précisait le Valaisan aux sourcils froncés dans sa salle de réunion, peu après l’histoire des citrons pressés. Allez dire ça aux Vaudois. Dénoncé pour ses appétits de promoteur, exclu du comité suite à son agression contre Fringer, raillé pour avoir allumé un bidon d’essence au sommet du Cervin, l’homme a voulu contrer le vent en distribuant son livre, où l’émotion prime le reste. Dans cet ouvrage, il affirme ne pas savoir s’il est «quelqu’un d’aimé». Un peu comme dans ces vieux couples mutuellement dépendants, qui se raccrochent aux miettes d’une passion ancienne, Constantin connaît sans doute une partie de la réponse au fond de lui. Et nous aussi. Car cet homme que le comique Yann Lambiel a décrit un jour comme «prisonnier de son personnage», nous avons certainement contribué, tous ensemble, à en façonner l’image.

Méthode 1: Se poser en sauveur

Les grandes lignes de l’enfance de Christian Constantin sont connues, elles font partie du mythe: une mère décédée trop tôt d’un cancer, dont la disparition a forgé son caractère. Un père bourreau de travail, patron d’une entreprise de pierres artificielles et moulages, qui, même à 80 ans passés, ne connaît pas le repos. Un gamin de Martigny timide et bosseur, qui s’entraînait seul au foot dans son garage. Tu n’as pas demandé à Constantin de te parler de ses premières années, ni de ses débuts dans le football qui était «mieux que la drogue» – cela, tu l’as lu partout. Mais il est venu dessus spontanément, parce que tous ces éléments, aussi véridiques soient-ils, l’aident à poser son image, celle du type qui a souffert, qui s’est battu pour être là où il est, en travaillant comme un fou. C’est une image de self-made-man, à qui personne n’est en droit de faire la leçon, pas même les plus hautes instances du football, et à qui personne, aucun employé, ne peut dire qu’il a besoin de repos, parce que lui, Constantin, ne s’arrête jamais. C’est aussi, et il l’explique ainsi, la vision de ce gamin qui, à la mort de sa mère, refuse le monde tel que les adultes le lui présentent. Il y a, dans le personnage de Constantin, quelque chose du sulfureux Limonov d’Emmanuel Carrère: «Quelqu’un qui toute sa vie a su rester fidèle à son rêve d’enfant.» Et ce quelque chose fait sans doute que, aussi insupportable soit-il, beaucoup de ses détracteurs n’arrivent pas à le détester. Léonard Bender, ancien président de la Société des ingénieurs et architectes valaisans, résume ainsi la situation: «Il impose sa vision du monde à des gens qui n’en veulent pas, il multiplie les zones commerciales alors que le Valais est déjà le canton qui a le plus de supermarchés par habitant. C’est un non-sens, il a profité de l’absence de politique claire d’aménagement du territoire. Le pire c’est qu’il me fait rire, alors que la situation n’est pas drôle du tout.»

Ses activités dans l’immobilier, Christian Constantin les commence au début des années 1980. Le jeune homme de 25 ans arrive alors au terme d’une carrière de gardien de but, accomplie notamment au sein de Neuchâtel Xamax et du FC Lugano. À Neuchâtel, «chez Facchi» – Gilbert Fachinetti, le président d’alors – il a mis de l’argent de côté, et a observé l’impact de l’ouverture du tronçon d’autoroute Berne-Châtel-Saint-Denis sur le développement du commerce dans la région.

Au terme d’un apprentissage de dessinateur en bâtiment, il repère un terrain avec un garage et des vignes situé près de la sortie de l’autoroute, à Martigny. La partie valaisanne de l’A9 est alors en pleine construction. «Ce coin appartenait à Fiat, qui voulait en faire sa base en Suisse, explique Christian Constantin, dans un récit qui confine également à la légende. Avec Xamax, on avait joué contre la Juventus. Grâce au football, j’ai pu obtenir un rendez-vous chez Gianni Agnelli à Turin. J’y suis allé avec 25 000 francs pour les droits d’emption sur deux parcelles.» Un document datant d’août 1985 montre cependant que pour l’achat des terrains, le promoteur a investi quelque 460 000 francs de fonds propres.

À Martigny, une troisième parcelle appartient à André Couturier, un ingénieur valaisan de 45 ans, et là, nous ne sommes plus du tout dans la légende. Ce dernier voit dans Constantin un jeune loup charismatique et culotté, qui promet de «casser la baraque». Les deux hommes se mettent d’accord pour créer ensemble un hôtel quatre étoiles qui s’appellera La Porte d’Octodure, d’après le nom latin de Martigny, Octodurus. Les travaux débutent durant l’année 1984. Mais ils coûtent plus cher que prévu. Selon la famille Couturier, la pression financière est énorme.

Le 25 février 1985, André met fin à ses jours, laissant derrière lui une épouse et trois filles âgées alors de 15 à 23 ans. Désormais seul pour construire son hôtel, qui nécessite un investissement total de douze millions, Constantin doit négocier avec les banques malgré son manque d’expérience. L’histoire est généralement racontée de cette manière: le jeune loup continue à avancer, grâce à une succession de personnes qui croient en lui, et l’hôtel voit le jour, malgré l’adversité. Mais il manque un pan du récit, moins glorieux, qui fait aujourd’hui l’objet d’un appel au Tribunal cantonal.

Septembre 1985. Femme au foyer ignorant tout des affaires de son mari, la veuve Couturier signe une convention avec Christian Constantin. Le promoteur s’est rapproché d’elle et l’a persuadée de lui prêter les 500 000 francs d’assurance vie qu’elle a touchés suite au décès de son époux, racontent leurs filles. Ces dernières sont aujourd’hui des femmes dans la force de l’âge, qui ont décidé de parler pour la première fois après s’être tues longtemps. «Sans notre père, Christian Constantin ne serait pas celui qu’il est aujourd’hui, précise l’aînée. Ma mère a accepté de lui prêter cet argent parce que son mari avait confiance en lui. Elle était fragilisée et perdue.»

La convention précise que le jeune entrepreneur reprend la part de son associé décédé, dettes hypothécaires comprises. Le document stipule qu’en cas de vente ultérieure ou de développement positif de La Porte d’Octodure, les montants investis par feu André Couturier dans l’affaire, dont ses honoraires d’ingénieur, doivent être remboursés à la famille, de même que les 500 000 francs d’assurance vie. Au total, cela représente près d’un million de francs, sans compter les intérêts.

Durant les décennies qui suivent, les Couturier voient défiler des chiffres et des images: jet privé, Ferrari, villa d’architecte, entrée parmi les «300 plus riches de Suisse» en 2011. Mais leur million, lui, n’est toujours pas remboursé: malgré son train de vie, Constantin conteste le «développement positif» de son hôtel. «On le voyait se pavaner alors qu’on était détruites, confie l’une des sœurs. Lors d’une séance de conciliation, il a dit à notre mère qu’il ne la rembourserait jamais. Pour elle, ça a été extrêmement éprouvant, financièrement et émotionnellement.»

Depuis 1985, la famille a effectué plusieurs démarches infructueuses pour récupérer son prêt. «Devant le tribunal, Christian Constantin était extrêmement arrogant, précise Grégoire Rey, avocat de la famille. Il tutoyait le juge et lui disait: «Tu salueras bien tel et tel.»

En février 2017, c’est la douche froide: un jugement donne raison à Christian Constantin, en se basant sur la convention de l’époque. Selon une expertise commandée par le tribunal, l’hôtel n’aurait pas dégagé de bénéfices entre 2004 et 2015. «Le juge a écrit qu’il tenait compte du droit, et non pas de la morale, souligne Grégoire Rey. Or, le droit, quand il est appliqué de manière inhumaine n’est pas seulement immoral. Ce n’est plus du droit. On voit bien ce que la veuve Couturier demandait: c’est d’être remboursée quand Christian Constantin le pourrait. Qui parle de comptabilité et même d’hôtel? C’est indécent de prétendre qu’il ne peut pas! Cette dette est une dette d’honneur. Le corps d’André Couturier n’était pas encore froid quand Christian Constantin a touché son assurance-vie, en en privant la famille du même coup. Il a tout bâti à partir de ce projet immobilier et il continue à en profiter.»

Selon l’avocat, la comptabilité de l’établissement aurait en outre volontairement été calibrée à la baisse dans un but d’optimisation fiscale. «La provision pour la dette Couturier a disparu des comptes et a été remplacée par une provision pour gros travaux, le taux des amortissements a tout à coup changé à la hausse, d’importants frais ont été consentis et ont eux aussi plombé la comptabilité, sans compter que l’hôtel a subitement fait de moins bons chiffres le jour où la fille de Christian Constantin a été placée aux manettes», précise l’homme de loi. Fait encore plus surprenant: en 2000, le promoteur bénéficie d’un abandon de créance de 2 millions de francs de la part du Credit Suisse. Un geste inhabituel, alors que l’homme est loin d’être sur la paille: la même année, il fait une demande de concession à la Commission fédérale des maisons de jeu pour ouvrir un casino, ce qui lui sera refusé.

Grégoire Rey souligne en outre qu’en 2011, Christian Constantin a créé une société anonyme à laquelle il a cédé l’entier de son patrimoine, contre une créance de 11 millions. «Pour nous, cela correspond à une vente. Et de toute façon, nous avons à ce sujet-là un autre joker, que je réserve au Tribunal cantonal.»

«Cet hôtel, ça tourne, mais tu ne deviens pas riche avec», déclare aujourd’hui Constantin. Et pour cause: l’homme y a désormais installé son propre bureau d’architecture ainsi que le QG de l’Olympique des Alpes, dont il est l’administrateur unique. Il se verse donc en quelque sorte à lui-même un loyer, sur la base d’un contrat «oral», selon l’expertise de 2015. En 2012, cela représentait quelque 300 000 francs de rentrées annuelles. Quant aux chambres, elles sont principalement occupées par les joueurs, d’après nos informations, et leur coût est donc facturé au club, de même que celui du terrain d’entraînement situé sur le complexe hôtelier. «Cet établissement n’a jamais eu pour vocation d’être rentable», conclut Grégoire Rey.

- D’avoir gardé ce million ne vous pose pas un problème de conscience? - Je vais être très clair avec toi: c’était une assurance risque pour garantir le crédit de construction. J’ai accepté de reprendre ce crédit pour que la famille n’ait pas à répudier la succession. Elle a signé la convention et devrait dire «merci Christian».

Méthode 2: Retenir certains paiements et salaires

En mettant Constantin en poursuite en 2005, les héritières d’André Couturier et leur défenseur n’avaient sans doute pas conscience d’un élément essentiel: en bon patronus , Christian Constantin ne supporte pas de se voir signifier un commandement de payer. «Ça me rend malade», lâche-t-il, avant d’adoucir son propos: «Ce n’est pas fair, même s’il m’arrive aussi d’en envoyer.» «La veuve Couturier a longuement hésité, parce qu’elle avait peur de lui. Par la suite, il a prétendu qu’il aurait été prêt à discuter si on ne l’avait pas mis en poursuite», précise Grégoire Rey.

D’autres témoignages confirment cette tendance: un commandement de payer, un avocat, et le président se braque complètement. «Il lui arrive de retenir des honoraires qu’il doit ou la garantie usuelle de 10% ou 20% sur de longues périodes, souligne Pablo* un ex-prestataire de services de Christian Constantin. Dans ce cas, il faut y aller pas à pas. Ce sont des amis qui m’ont expliqué comment faire avec lui, sans le brusquer. Une chose est sûre: sur ses chantiers, mieux vaut être une grosse entreprise qu’un balayeur si on veut solder les comptes rapidement.» D’ex-collaborateurs du club et du bureau d’architecture confirment. Christian Constantin, lui, se défend de faire traîner les choses: lorsque c’est le cas, c’est qu’il n’est pas satisfait des prestations, ou qu’il ignore certaines décisions prises par ses nombreux employés.

Les litiges, le promoteur aime les régler entre quatre yeux, dans l’intimité de son hôtel d’Octodure, où ceux qui obtiennent un rendez-vous poireautent une heure à une heure trente pour cinq minutes d’entretien. «Passe à la Porte», lâche généralement Christian Constantin à ceux qui l’appellent pour lui réclamer des comptes. «Il ne s’énerve pas, il argumente, précise Pablo, qui a mis plus de deux ans pour récupérer plusieurs dizaines de milliers de francs. Il prend son téléphone, appelle ses directeurs de travaux, et tu ressors avec un petit bout de la somme qu’il te doit.» Selon Pablo, si certains cadres du bureau d’architecture sont présents depuis de longues années, la valse des directeurs de chantier, qui rappelle celle des entraîneurs du club, fait traîner le bouclement des affaires. Malgré cela, l’entrepreneur garde une certaine empathie pour le personnage: «Christian me fait de la peine, confie Pablo. Il a fait le vide autour de lui, et je le sens très seul.»

Ceux qui témoignent le font généralement de manière anonyme: Constantin est très puissant dans le monde de la construction, et beaucoup craignent, légitimement, de se le mettre à dos. Dans une interview donnée à «Temps présent» en 2016, le directeur d’Implenia Valais, Peter Maurer, était le seul à dénoncer ouvertement ces pratiques qui, même si elles ne sont pas illégales, peuvent mettre des petites entreprises en péril. Il expliquait avoir dû attendre quasi une année pour obtenir une signature des métrés permettant de solder les comptes. Lassé, il avait fini par accepter de laisser tomber une partie des montants qui lui étaient dus, soit 40 000 francs environ. Dans le reportage, Christian Constantin se défendait en évoquant des plus-values non justifiées.

Gabriel Imboden est un solide gaillard qui dirige une entreprise de toiture créée il y a vingt et un ans et sise à Gamsen, dans le Haut-Valais. Tout comme Implenia Valais, qui s’est occupé du terrassement, il a travaillé entre 2012 et 2015 sur le chantier du centre commercial Migros de Brigue pour l’entreprise générale Christian Constantin SA. Il réclame aujourd’hui à la société du président du FC Sion quelque 190 000 francs de travaux réalisés dans le cadre du contrat et jamais payés. Il a porté l’affaire devant le tribunal. «J’ai contacté plusieurs avocats avant d’en trouver un qui accepte de me défendre, souligne l’entrepreneur. Christian Constantin pense qu’il peut tout se permettre, parce que certains en Valais le considèrent comme un dieu. Je ne baisserai pas les bras pour autant.» Alexandre Zen-Ruffinen, l’avocat du promoteur, évoque des malfaçons qu’il a fallu faire réparer par des entreprises tierces: «C’est plutôt Christian Constantin SA qui se retrouve avec des montants impayés.»

Plusieurs témoignages d’anciens employés du club et du bureau d’architecture montrent que la problématique ne s’arrête pas aux collaborateurs extérieurs: lorsqu’un salarié le quitte, il arrive que Christian Constantin ne paie pas son salaire jusqu’au bout, particulièrement s’il est chiffonné par le départ en question. Bernard Jordan, qui a travaillé comme médecin au FC Sion entre 2004 et 2006, en a fait l’expérience: «J’ai démissionné du jour au lendemain, parce qu’on ne me laissait pas faire mon travail correctement. J’ai fait les choses dans le respect du contrat. Quand Constantin l’a appris, il m’a dit: «Tu quittes cette salle immédiatement.» À la fin de mois, je n’ai pas reçu mon salaire. J’ai appelé le club où on m’a dit: «Tu ne seras pas payé, c’est un ordre du patron.» J’ai pris un avocat et j’ai envoyé un courrier recommandé. Par la suite, j’ai essayé de contacter Constantin plusieurs fois, sans succès. Ça s’est terminé comme ça se termine habituellement: il a fini par me donner rendez-vous dans son bureau, il m’a dit: on te doit «15», je te paie «10» tout de suite, et on est quittes. J’ai accepté. Mais je ne suis plus jamais retourné voir un match.»

Malgré tout cela, Constantin ne serait pas arrivé là où il est si ces pratiques étaient systématiques. Dans son staff comme dans son entourage entrepreneurial, le promoteur compte également de nombreux fidèles, souvent très impliqués eux-mêmes dans le football, avec qui il entretient des relations harmonieuses depuis de longues années. C’est le cas par exemple d’Edmond Sauthier, patron du bureau d’études techniques Betica, qui cultive «une relation d’amitié» avec le président du FC Sion, où son fils a joué comme professionnel. «Depuis dix ans que je travaille avec lui, je n’ai jamais dû faire un seul rappel. Il est vrai qu’il est très strict sur la qualité du travail, ce qui explique pourquoi il serre la vis à certaines entreprises.»

Méthode 3: Négocier du sponsoring contre des chantiers

Si Edmond Sauthier assure que Christian Constantin ne lui a proposé de soutenir le club qu’après huit ans de collaboration dans la construction, d’autres entrepreneurs ont vécu une expérience différente. «Il te donne du boulot, à condition que tu lui prennes, par exemple, deux places ou une table de gala au FC Sion», témoigne Pablo. D’anciens employés du club et du bureau d’architecture confirment cette pratique de donnant-donnant, pour des petits montants comme pour des gros. Certains sponsors enchaîneraient ainsi les chantiers, sans que les soldes du travail précédent ne soient vraiment réglés – une manière de les «fidéliser». Aujourd’hui chauffeur dans une grande entreprise de transport, Antoine* a vécu une expérience amère il y a quelques années. Jeune patron d’une société de transport et de terrassement, il entre en contact avec les dirigeants du FC Sion alors qu’un sponsor important s’est retiré du devant des maillots. «Je soutenais le club comme supporter et j’aimais l’idée d’en être le sponsor principal, même si cela représentait une somme importante. En échange, Christian Constantin m’a promis du travail sur plusieurs chantiers, qu’il a listés. J’ai fait l’erreur de ne pas lui demander de mettre cela par écrit, contrairement à d’autres.»

Antoine verse le montant convenu pour le sponsoring et obtient deux adjudications. «J’ai investi pour m’équiper, parce que je n’avais qu’une petite machine de terrassement, et j’ai engagé un technicien de plus. Pour moi, c’était un challenge, que je n’aurais jamais relevé si Constantin ne m’avait pas promis du travail.» L’année suivante, le jeune entrepreneur rempile pour une saison complète, payable en quatre tranches. «J’attendais les autres chantiers qu’il m’avait promis, mais ça ne venait pas. Je n’ai pas réussi à verser la première tranche.» La faillite de la société est prononcée en octobre 2013, avec pour plus gros créancier l’Olympique des Alpes. «J’ai tout perdu, et ma famille en a fait les frais, raconte Antoine. Quand j’étais sponsor, je n’avais que des amis, qui ont tous disparu par la suite. En m’engageant avec Christian Constantin, j’ai signé mon arrêt de mort.»

Interrogé à ce sujet, le président dément catégoriquement les propos d’Antoine et de Pablo: «Je ne force jamais personne à mettre de l’argent dans le club. Si les gens aident le FC Sion, je les favorise pour les marchés. Et ceux à qui j’ai donné du boulot, mes commerciaux leur proposent une participation financière. Souvent, ils m’aident parce qu’ils sont reconnaissants.»

Reste que les sponsors locaux ne sont plus très visibles à Tourbillon. À en croire plusieurs observateurs, certains entrepreneurs valaisans auraient également délaissé la traditionnelle choucroute, le gala annuel du FC Sion, ces dernières années, pour laisser la place à des Vaudois, des Fribourgeois et des Neuchâtelois.

Sur le devant des maillots est imprimé désormais le nom de la société Capital Markets Consulting, dont l’administrateur unique est Antonio Cogliandro, ancien président du FC Chiasso. Spécialisée dans la gestion de patrimoine, cette boîte a son siège à Lugano, non loin de celui d’un autre gros sponsor, la société d’assurance Assimedia. Quel intérêt pour ces entreprises italophones de figurer dans un stade de foot valaisan? Assimedia veut s’implanter en Valais, explique Christian Constantin. Quant à la première, elle aurait conclu un deal avec le FC Sion, selon nos informations: du sponsoring contre des nouveaux clients. Ces étranges parrains en rappellent un autre, présent en 2015, et qui a disparu depuis: les skis Cohen, une marque «fantôme» appartenant aux Kogan. La famille russe est à la base du projet Aminona Luxury Resort and Village, dont les travaux ont à nouveau été stoppés par la commune de Crans-Montana en février pour des raisons de manque de liquidités.

Méthode 4: «Ultrabien» payer et être «ultraexigeant»

Et être un employé de Christian Constantin, c’est comment? Une grande lessiveuse, à en croire certains de ceux qui ont tenté l’expérience. «Il m’est arrivé de bosser 60 heures d’affilée, témoigne Fabien Girard, qui a créé la Web TV du club. Il disait: «A ton âge, on peut passer 60 heures sans dormir.» Les années passées chez lui comptent triple.» La tactique du président? Bien, voire «ultrabien» payer ses salariés, et être exigeant, voire «ultraexigeant» en retour, selon plusieurs témoignages. Plus l’employé fait partie de sa garde rapprochée, plus la pression est forte, particulièrement au club. Constantin, c’est ce patron capable de téléphoner à un subalterne après 19 heures, («Ah bon, t’es déjà à la maison?!»), ou de débarquer dans son bureau à la même heure, poser ses chaussures sur la table, et exiger de consulter des dossiers en cours. Il veut emmener un collaborateur visiter un chantier avec sa Ferrari? En voiture, Simone: il ne lui demande pas son avis. Ah, et puis tiens, demain, on prend le jet et on part chercher un joueur en Turquie. Selon ses propres déclarations, le patron passe quelque 300 heures par années dans son avion – qu’il ne partage désormais plus avec l’ex-champion du monde de rallye Sébastien Loeb.

Au club, Christian Constantin, c’est aussi cet homme qui sort une enveloppe de cash, parfois de sous le siège de sa voiture, pour dissuader un employé de partir. La spirale peut s’avérer infernale, au point de rendre malade. Cette exigence, Christian Constantin l’assume: c’est du reste ce qui l’a amené à la métaphore des citrons pressés. Et puis, certains y trouvent leur compte, notamment au bureau d’architecture, où l’homme est moins présent: «C’est un monde particulier, raconte Elsa*, ex-employée. Il y a des gros ego, et chacun fait des efforts pour avoir son petit susucre. Moi, il m’a donné carte blanche dans mon domaine. J’ai beaucoup appris durant mes années chez lui.»

Mais à d’autres, Christian Constantin fait peur: «Les lendemains de match, quand Sion avait perdu, on savait qu’on ne devait pas l’approcher», confie Stéphanie*, qui a travaillé au bureau d’architecture. Au FC Sion, les collaborateurs ont conscience du fait qu’ils peuvent subir une humiliation publique. «Je me souviens de scènes dans les vestiaires où un joueur ou un entraîneur était insulté devant tout le monde et mis subitement au ban de l’équipe, relate le médecin Bernard Jordan. Christian Constantin est quelqu’un d’extrêmement visionnaire, qui a une capacité d’analyse impressionnante. Mais il est mégalomane.» Punitions collectives, vacances sucrées suite à une défaite, «cage à foot» pour ceux qui sont exclus provisoirement de l’équipe: avec ses joueurs également, le président alterne carotte et bâton. En s’appuyant sur des mises en scène et des discours grandiloquents, il galvanise, paterne, encourage, puis casse, déprécie, châtie. Ceux en qui il n’a plus confiance, Christian Constantin est capable de les faire espionner, en assumant pleinement la démarche. Quant aux footballeurs qui n’ont plus de jus, ils peuvent être «balancés» sans ménagement à n’importe quel club qui voudra bien d’eux, confie un collaborateur.

Méthode 5: Pratiquer la tierce propriété avec une société offshore

Dès ses premières années à la tête du FC Sion, au début des années 1990, le «jeune et riche promoteur» de 37 ans frappe par ses «méthodes musclées», à en croire les comptes rendus de l’époque. Visage impassible, froideur, solitude, attrait pour les chiffres: le Valaisan qui se décrit alors comme «timide», n’a visiblement pas encore eu l’occasion de travailler son image médiatique. Dans un article publié dans «L’Hebdo» en 1994, il est même décrit comme «en porte à faux total avec la mentalité du canton».

Homme d’affaires avant tout, le nouveau responsable trouve rapidement des connexions entre ses deux passions. Un document issu des «Panama Papers» et datant de 1995 révèle ainsi que Christian Constantin pratiquait la tierce propriété ou TPO (Third Party Ownership). Cette pratique, née en Amérique du Sud, et qui est alors peu répandue en Europe, consiste à vendre à un tiers investisseur un pourcentage des droits fédératifs d’un joueur. Lors de la réalisation du transfert, le tiers empochera ainsi une partie de la plus-value. La TPO a engendré de nombreuses dérives – spéculation à outrance, blanchiment d’argent, fraude fiscale – et a été interdite en 2015 par la Fédération internationale de football association (FIFA).

En l’occurrence, le tiers se trouve être une société domiciliée dans les îles Vierges britanniques (BVI), Abaco Finance Limited. Elle est représentée par un notaire officiant à Genève, inconnu dans le milieu du football. L’ouverture d’un compte au Crédit Lyonnais, également dans la Cité de Calvin, est prévue par les dirigeants de la société. Trois joueurs sont concernés par l’accord. Le plus cher, le brésilien Mirandhina, est acquis pour 1 200 000 dollars américains – une somme importante pour l’époque – à raison de 75% pour le FC Sion et de 25% pour Abaco.

Détail troublant, la société a vu le jour peu avant la signature du contrat en question, et a été dissoute au printemps 1998, soit quelques mois après que Christian Constantin a quitté la présidence du FC Sion – il y reviendra en 2003. Le promoteur assure pourtant qu’il n’était pas propriétaire d’Abaco, ni titulaire du compte.

Selon un article publié dans «Dimanche.ch» en 2003, le footballeur Mirandinha aurait été revendu un an plus tard, en 1996, au club brésilien d’où il venait. Un montant de 1,2 million de dollars aurait été versé sur un compte ouvert à la BPS-Crédit Suisse de Martigny au nom de Christian Constantin.

À l’époque déjà, le président déclarait dans les médias que les recettes potentielles du football suisse étaient trop limitées sur un plan national et qu’il avait été contraint de baser toute sa politique sur les transferts.

Au niveau footballistique les efforts de Christian Constantin s’avèrent payants: en 1997, le FC Sion n’est rien moins que le meilleur club du pays. Mais une élimination en Ligue des champions face à Galatasaray fait tout capoter. Le président pique la mouche, accuse l’arbitre d’avoir été acheté. Il finit par claquer la porte, laissant quelque 16 millions de dettes au 31 décembre 1997, selon l’avocat Stéphane Riand, qui tente alors de redresser le FC Sion avec une poignée de notables. Selon Constantin, la majorité de cette somme correspondait à des contrats signés avec des joueurs sur plusieurs saisons. À son départ, le Valaisan a déjà réussi à influencer son image médiatique: il n’est plus un «président glaçon», mais un Bernard Tapie des Alpes, à qui les journalistes s’adressent à la troisième personne, façon Alain Delon: «Christian Constantin ne serait-il pas cet oiseau rare?» lui demande le «Journal de Genève» dans une interview en 1997, au sujet de son rôle dans le football suisse.

Méthode 6: Creuser d’abord et aviser ensuite

Cinq ans après son départ, en 2003, Christian Constantin opère un retour triomphal à la tête du FC Sion. C’est l’époque où il «achète» des matches, dont il paie toutes les places pour les offrir aux supporters. Trois ans après son arrivée, Sion devient le premier club de Challenge League à décrocher la Coupe de Suisse. Les sponsors affluent, le club a la baraka. Dans les années qui suivent, le président se taille une réputation de battant, de David défendant le Valais contre les plus hautes autorités du football.

Entre-temps, l’homme a développé ses activités immobilières, notamment à Montreux, où il a flairé le potentiel des immeubles Belle-Époque, qu’il rénove et revend à prix d’or. Contrairement à beaucoup d’autres, le promoteur a survécu à la crise des années 1990. Durant les décennies qui suivent, son aura médiatique croît encore, et fait prospérer ses affaires. Centres commerciaux, villas de luxe: le bulldozer Constantin ne connaît pas de limites. Jusqu’à l’histoire dite «des Clos de Chillon», qui pourrait faire l’objet d’une fable.

Lorsqu’elle a acheté sa maison à la fin des années 1990, Anne-Marie de Kalbermatten pensait vieillir tranquillement devant un tableau de Hodler. Seule habitation située sous la voie de chemin de fer entre la ville de Montreux et le château de Chillon, sur la Riviera, sa villa est entourée d’un jardin féerique. Mais la beauté sur la terre suscite la convoitise, et celle des paysages aimante les promoteurs. Pas étonnant dès lors qu’un beau jour d’octobre 2011, cette élégante sexagénaire ait reçu sur sa terrasse un certain Christian Constantin, récent acquéreur de la parcelle voisine où il venait de démarrer un imposant chantier.

Elle le trouve charmant («des beaux yeux») mais pressé – l’entrevue dure cinq minutes. Quelques jours plus tard, pour son anniversaire, la retraitée reçoit autant de roses de couleur rose que son âge. «La vendeuse m’a dit qu’elle n’avait jamais fait un bouquet pareil. M. Constantin a même interrompu le chantier pour que je puisse profiter de ma journée», relate Anne-Marie de Kalbermatten. D’autres présents suivront, dont des bouteilles de vin. «Je l’ai beaucoup remercié, mais je ne suis pas käuflich.» C’est que la Bernoise est une opposante historique au projet, pour lequel deux permis de construire ont été délivrés sous le propriétaire précédent. Et elle craint les nuisances du chantier, qui devrait donner le jour à trois villas. Il s’agit donc de la caresser dans le sens du poil. Une indemnisation, qui ne sera jamais versée, est négociée.

Son compagnon, Jean-Claude Maggioli, architecte, est alors positif. L’avocat neuchâtelois et ancien président de l’Association suisse de football, Freddy Rumo, fait office de médiateur, explique-t-il. Ces messieurs sont tous trois des passionnés du ballon rond, entre footballeurs, on se comprend. Et puis, quand même, «Constantin, c’est quelqu’un qui est parti de rien et qui a monté quelque chose d’assez fabuleux», résume Jean-Claude Maggioli.

Mais au lieu du terrassement prévu, le Valaisan creuse… un trou «pharaonique. En voyant cela, on était babas, se souvient son compagnon. C’est large comme une entrée d’autoroute.» Le vacarme dure des mois. «Un jour, j’ai annoncé à M. Constantin que j’avais failli péter les plombs, raconte la retraitée. Il m’a répondu: «T’aurais dû me dire, je t’aurais prêté mon jet pour que tu ailles faire un petit séjour à Paris.» Constatant que les travaux ne correspondent pas aux permis de construire, le couple interpelle la commune, qui demande des explications à Christian Constantin.

Ce dernier soumet à l’enquête publique un projet modifié, auquel il renoncera, puis un second, refusé par la Municipalité en 2016. En cause notamment: «Le gigantisme des surfaces envisagées pour relier en sous-sol les villas», qui ne respecte ni le PPA ni la loi sur l’aménagement du territoire. «Il a tenté de passer en force», explique Nicolas Mattenberger, avocat d’Anne-Marie de Kalbermatten. Dans un recours déposé en octobre 2016, Christian Constantin SA évoque effectivement la possibilité de créer un carnotzet, un local pour des activités sportives (aquatique) ou encore un fitness. Le promoteur a-t-il tenté de forcer la main des autorités? Il s’en défend: «Dans le projet, il y avait un parking avec des boxes devant le lac. Tu trouves ça joli? Moi, je voulais mettre les voitures en sous-sol, avec l’accord de la commune. Là, je vais faire modifier le plan de quartier et remettre à l’enquête. Quant à la voisine, elle me réclamait de l’argent. Moi, je suis d’accord d’en donner mais à condition qu’on m’emm… pas.»

Municipal en charge de l’urbanisme et vice-président de Veytaux, Jean-Marc Emery évoque des séances où tout le monde levait la tête en entendant le vrombissement de la Ferrari, annonçant l’arrivée (tardive) du promoteur. «Ce n’est pas en nous tutoyant qu’il va réussir à imposer ses vues. Il nous a mis dans l’embarras, à présent nous attendons un nouveau projet qui corresponde à ce qui était prévu.» Suite à une décision de justice, la commune a retiré à Christian Constantin ses permis de construire et l’a sommé de remettre la parcelle en état. Un nouveau recours est pendant. Elle l’a en outre enjoint d’entreprendre urgemment des travaux pour consolider un mur de soutènement dont l’effondrement menaçait les voies CFF. Le promoteur s’est exécuté. Pour Nicolas Mattenberger, le Valaisan a pourtant bénéficié d’un traitement de faveur. «J’ai des clients qui sont dénoncés à l’autorité préfectorale parce qu’ils ont construit une fenêtre de trop. Pourquoi pas lui?»

Méthode 7: Prévoir de bétonner pour les vingt prochaines années

Dans les années 1990 et 2000, après la construction de La Porte d’Octodure, Christian Constantin poursuit son idée de racheter les sorties d’autoroute du Valais, colonisant la plaine du Rhône à coups de grandes surfaces. Le mariage du foot et de l’immobilier engendre rapidement un autre gimmick: les projets de stade qui se transforment en centres commerciaux. À Collombey, puis à Aigle et à Martigny, des temples de la consommation sont érigés là où Christian Constantin avait fait miroiter des matches. La technique permet, via les communes concernées, de faire passer des terrains de zone industrielle à zone commerciale et touristique, ce qui amène une plus-value financière conséquente. Elle est également un bon moyen de pression sur la Ville de Sion, que le président veut faire investir davantage dans le stade de Tourbillon – ce sera le cas à partir de 2006. «Dans mon bureau, j’avais une grande maquette, se souvient Fabien Girard. Elle était très belle, mais tout le monde savait que Constantin ne bâtirait pas de stade: ce type de construction ne rapporte rien et met trente ans avant d’être rentabilisée.»

À Riddes, dernier exemple en date, l’ancienne municipale socialiste Marcelle Monnet-Terrettaz se souvient que le promoteur est arrivé «avec les plans du projet de stade de Martigny, qui n’avaient même pas été adaptés au terrain.» Quelques années plus tard, suite à une opposition de la communauté d’Ecône, la commune accueillait le grand magasin de bricolage et de jardinage Hornbach, premier d’une série de grandes surfaces dont l’aménagement est désormais planifié sur vingt ans.

Marcelle Monnet-Terrettaz se souvient de la première fois qu’elle a eu vent de la présence de Christian Constantin à Riddes: «Un soir, le président de la commune et lui ont convoqué tous les propriétaires qui possédaient des terrains dans cette zone, alors plantée d’arbres fruitiers. Ils leur ont offert 90 francs au lieu de 6 à 10 francs le mètre carré. Tous ont signé le soir même. J’étais alors conseillère communale, mais personne ne m’a prévenue avant.»

En réalité, assure Jean-Michel Gaillard, le président de la commune, tout avait été pensé depuis longtemps: «Depuis 2005, nous voulions modifier cette zone industrielle en zone commerciale. Nous avons créé un groupe de travail, auquel participait le conseiller d’État Jean-Michel Cina. Nous nous sommes assurés que tous les propriétaires soient partants et nous avons fixé un prix de vente. Ensuite seulement nous avons reçu plusieurs propositions, dont la plus conséquente était celle de Christian Constantin SA.»

En décembre 2007, l’assemblée primaire de Riddes acceptait à une écrasante majorité le changement d’affectation des zones nécessaires à la réalisation du complexe. «Pour moi, Constantin a joué un rôle crucial dans l’évolution du secteur, conclut la socialiste. Les Valaisans aiment son côté caïd: ils ont souvent le sentiment d’être méprisés par le reste de la Suisse et ils se sentent valorisés par ce personnage perçu comme tout-puissant. Le président est aussi un ancien gardien de football. Comme il connaissait bien Christian Constantin, il était normal que ce dernier vienne discuter avec lui de ce projet. Être ami avec Constantin ou l’admirer, en Valais, c’est quelque chose. Mais pour moi, on a partiellement loupé le développement de notre commune.»

Méthode 8: Attaquer au-dessous de la ceinture

Quand elle parle de Christian Constantin, Marcelle Monnet-Terrettaz évoque un personnage «à la fois brut de décoffrage et touchant». Avec les femmes particulièrement, le promoteur peut s’avérer l’un comme l’autre. «Kathleen, tu aimerais te faire violer et rentrer chez toi sans rien dire?» Cette phrase, lâchée en direct à une journaliste sur un plateau de la chaîne Canal 9, et que de nombreux Valaisans ont gardée en tête, donne une idée du rapport que peut avoir Christian Constantin au sexe féminin. «Dans cette émission sur le football, il a dérapé à quelques reprises, notamment en tenant des propos déplacés vis-à-vis de mes collègues, raconte Kathleen Pralong-Cornaille, la journaliste en question. Quand il est face à une femme, il essaie d’attaquer tout de suite, en sous-entendant que tu ne connais rien au foot. Mais ce qu’il m’a dit ce jour-là lui a surtout causé du tort à lui: j’ai reçu de nombreux messages de soutien de personnes choquées. Par moments, il devient la caricature de lui-même, et le lendemain, cela ne l’empêche pas de t’envoyer un message où il commence par: «Ciao, bella» et de prendre des nouvelles de tes enfants. Il est comme ça, spontané, c’est à prendre ou à laisser. Personnellement, je le prends comme il est.» Journaliste également, Laetitia Guinand a eu l’occasion d’interviewer le promoteur au sujet du projet, aujourd’hui enterré, de village olympique à Collombey-Muraz: «Je lui ai rapidement posé des questions un peu rentre-dedans, ce qui l’a vraisemblablement déstabilisé. Il a été très désagréable, en me disant notamment sur un ton méprisant: «Je crois que vous avez mal compris, chère mademoiselle.» C’est quelqu’un qui est dans une logique archaïque. Pour lui, les femmes, comme les journalistes, sont des faire-valoir, qu’il ramène à leur condition de cruches. Mais il sait que ça ne sera jamais vraiment à son discrédit: les gens lui pardonnent tout, même quand il est odieux.»

Selon nos informations, le promoteur aurait également tenu des propos «en dessous de la ceinture» face à Claudine Amstein, directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, lors d’une réunion dans le cadre du projet de JO 2026. En désaccord avec lui sur certains points, cette dernière lui aurait tenu tête, et Christian Constantin n’aurait pas apprécié, d’où ses propos déplacés. «Effectivement, il a confondu cette séance officielle avec un vestiaire de foot, confirme la principale intéressée, et au lieu d’argumenter il m’a attaquée pour me rabaisser et me blesser personnellement.»

Parfois, les dérapages vont au-delà du verbal: une jeune femme raconte ainsi s’être fait mettre trois fois de suite la main aux fesses en public par Christian Constantin, qu’elle rencontrait dans un cadre professionnel. «Je lui disais d’arrêter, mais il recommençait à chaque fois. Il n’avait visiblement pas l’intention d’aller plus loin, c’était juste «pour rire».» Autre exemple: selon deux témoignages concordants, lors d’une soirée dans un lieu public, le promoteur aurait ouvertement peloté les seins de la femme d’un de ses employés, alors enceinte, devant une assistance gênée. «Dis donc, ça pousse!» aurait-il commenté.

Méthode 9: Jouer de la carotte et du bâton avec les médias

Lorsqu’on demande à Christian Constantin de réagir sur son rapport aux femmes et sur certains propos méprisants qu’il a tenus, il explique que celles-ci sont supérieures aux hommes – parce que les enfants, etc. Il dit aussi que quand il s’agit de femmes journalistes, «ça ne compte pas», parce que ces dernières sont «toujours en train de chercher quelque chose». Avec les professionnels des médias, si indispensables au bon fonctionnement de ses affaires, l’homme entretient une relation d’amour-haine constante, passant d’un sentiment à l’autre avec la rapidité d’un Ronaldo. De nombreux témoignages rapportent comment Christian Constantin oscille entre la flatterie et l’insulte, le rire et la menace en quelques secondes. «Il peut se fâcher très fort, et l’instant d’après, c’est totalement oublié», témoigne un journaliste qui, comme d’autres, a écopé de wagons de SMS injurieux.

Auprès d’autres professionnels des médias, par contre, le promoteur a ses entrées. «Un jour, il a pris son téléphone et il m’a dit: «Tu veux voir comment fonctionnent les médias?» raconte Fabien Girard. Il a appelé un journaliste et lui a dicté un texte. Le lendemain, l’article était quasi retranscrit tel quel dans le journal.»

Lorsqu’il sent le vent tourner, le Valaisan est aussi champion pour allumer des contre-feux. En mars dernier, deux jours après les révélations du «Matin Dimanche» sur son litige de 4,2 millions avec le fisc, Christian Constantin avait fait savoir dans les médias qu’il avait donné une interview au magazine «Playboy».

En Valais, ses rapports houleux avec le quotidien «Le Nouvelliste» sont connus, et des tensions ont eu lieu récemment suite à des prises de position du rédacteur en chef, Vincent Fragnière. «Christian Constantin est un personnage plus clivant qu’il ne l’imagine, avance ce dernier. Un promoteur, par définition, est clivant».

Surtout, Christian Constantin est un être susceptible, qui n’admet pas la critique. «Suivant ce qui sort dans les médias, il peut être réellement touché dans son affect, analyse Christian Despont, de l’agence Sport-Center, à Lausanne. Il lui est arrivé de nous reprocher de vouloir le «flinguer». Il estime que nous faisons des bénéfices grâce à lui, parce qu’il figure régulièrement en une des journaux. Dans sa logique, soit tu es avec lui, soit tu es contre lui.»

Méthode 10: Contrer la peur du vide

Durant la nuit de jeudi à vendredi, tu as reçu six SMS de Christian Constantin. Des messages courtois, où il continuait d’argumenter en t’écrivant: «Arrête d’avoir des a priori négatifs.» Tu l’as imaginé, dans son avion pour Dubaï, ou déjà dans son hôtel, repassant dans sa tête pour la dix millième fois tous les éléments de son propre parcours et de son fonctionnement. Grosse fatigue. Quand tu l’avais rencontré à La Porte d’Octodure, il t’avait dit qu’il ne faisait confiance à personne. Souvent entouré, Constantin semble, dans le fond, très seul. Mis de côté pour la première fois par le monde politique valaisan, qu’il embarrasse dans le cadre de la votation sur les Jeux olympiques, remis en question en permanence pour sa manière de gérer son équipe de football, le promoteur semble être à un tournant de son existence publique. N’aurait-il pas envie, comme l’ont suggéré tant d’interlocuteurs, de calmer le jeu pour profiter de la vie? Non, dit-il, car il a «peur du vide».

Créé: 26.05.2018, 23h01

En dates

1957: Naissance à Martigny
1985: Ouverture de l’hôtel La Porte d’Octodure, qui est aujourd’hui le stamm du FC Sion
1992: Première présidence du club
1997: Quitte le FC Sion
2003: Retour et seconde présidence du club

Un accord a été trouvé, Constantin paiera plusieurs millions au fisc

Le litige entre Christian Constantin et l’État, pour lequel le promoteur avait reçu un commandement de payer en février, est désormais réglé, comme le confirment les deux parties. «La majeure partie de la somme pour laquelle nous l’avions mis en poursuites est due, précise Beda Albrecht, chef du Service des contributions valaisan. Nous allons procéder à l’encaissement.»

Les poursuites représentaient un montant total de 4,2 millions. Suite aux révélations du «Matin Dimanche», Beda Albrecht avait admis dans «Le Nouvelliste» que son service était allé trop vite en besogne et qu’une réclamation était pendante. Les poursuites avaient été levées, le temps de traiter la réclamation.

C’est désormais chose faite. Comme l’expliquait alors Christian Constantin, le litige portait sur la taxation des sommes qu’il transfère de sa société anonyme active dans l’immobilier vers son club de football. Le rattrapage portait sur plusieurs années de taxation.

Suite à des négociations avec le fisc, le promoteur a signé une convention fixant des montants déductibles à titre de sponsoring. Comme le confirme Beda Albrecht, «le sponsoring en lui-même n’est pas contesté fiscalement et est déductible à 100% à titre de charges d’exploitation. On ne peut dès lors parler d’un quelconque traitement de faveur pour le contribuable en question.»

Le chef de service relève en outre que «le cas est particulier dans le sens où il n’existe que peu d’équipes de football évoluant en Super League en Suisse, dont l’actionnaire sponsorise l’activité sportive par le biais d’une société anonyme.»

Le Canton n'étant pas compétent en matière de perception des impôts communaux, ces derniers doivent être perçus à part. Selon Christian Constantin, le rattrapage représentera un montant total de 5 millions de francs environ, tout compris.

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