Épisode 7, LE jour de l’alunissage

Comme en 1969 (7/7)20 juillet 1969, à Houston et sur la Lune. L’aigle a aterri. Notre feuilleton des 50 ans des premiers pas sur la Lune.

La une de la «Tribune de Lausanne» du 20 juillet 1969

La une de la «Tribune de Lausanne» du 20 juillet 1969

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C’est le grand soir, puisque l’alunissage aura lieu après 21 h, heure suisse. Pour Armstrong et Aldrin, la journée débute par une longue séance d’habillage. L’envoyé spécial de la Tribune de Lausanne apprécie en connaisseur. «Nous avions été informés ces derniers mois quant aux difficultés qu’auraient les deux hommes pour revêtir leur scaphandre dans la cabine exiguë et dans des conditions de faible pesanteur de la Lune. Pour avoir personnellement essayé cette combinaison lunaire, sur Terre et sans pressurisation, donc dans des conditions d’extrême facilité, j’imagine ce qu’ont pu être leurs difficultés. Il avait fallu deux hommes pour m’aider.»

Enfin équipés, les deux astronautes prennent place dans le LEM, cet Aigle qui doit les mener sur la Lune. Ce n’est qu’après 21 heures que débute la descente pour Armstrong et Aldrin. Dès lors, Collins va rester en orbite et faire des rotations en solitaire autour de la Lune. Il héritera du surnom de «The Forgotten Man», l’homme oublié.


Notre long format: Comment on a décroché la Lune


À l’époque, personne n’évoque de difficultés dans la descente, et même les pulsations du commandant Armstrong, mesurées depuis Houston, semblent confirmer cette impression de business as usual. Si l’astronaute lâche un «Fantastique» après avoir posé le vaisseau sur l’astre de la nuit, son rythme cardiaque ne dépasse pas les 156 pulsations minute, au moment où il prononce sa première phrase historique, «Houston, ouf, ici base de la Tranquillité. L’Aigle a atterri.» Dès le début de la descente, le pouls du pilote était passé de 70-75 pulsations à 110. C’est ce qu’on appelle le sang-froid.

Il faut attendre 21 h 54 pour découvrir les premières images en direct de la Lune. «Neil Armstrong est apparu, prêt à mettre le pied sur la Lune au nom de tous les Terriens. Bien sûr, ce n’était pas la première fois que nous regardions la Lune en direct et à bout portant, raconte l’envoyé spécial. Mais cette fois, l’exploit était tout autre. C’était un être venu de la surface d’une autre planète, d’une planète riche de vie, où l’air et l’oxygène abondent. Un être qui débarquait sur une planète que la vie a quittée depuis longtemps. Une planète déchirée, ravagée que, tout de suite, l’écran nous montra encore plus antipathique que nous ne l’avions imaginée.»

Armstrong a marché sur la Lune, et les images tournent en boucle durant toute la nuit du 20 au 21 juillet, qui devient la nuit blanche du siècle.

Demain, 21 juillet 1969, La Tribune de Lausanne sortira une édition spéciale, dont vous pouvez retrouver une réédition de 12 pages dans Le Matin Dimanche de demain, ou que vous pouvez lire en e-paper ici.

La une de la «Tribune de Lausanne» du 20 juillet 1969

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Cette semaine, nous revivons le compte à rebours qui va du décollage de la fusée «Saturne 5» au premier pas sur la Lune, comme les lecteurs suisses de 1969 ont pu suivre cette actu. Les informations, citations, reportages et anecdotes que vous trouvez ici ont été puisés dans les pages de la «Tribune de Lausanne», l’ancêtre du «Matin Dimanche». Un feuilleton en 7 épisodes, où l’on retrouvera souvent notre envoyé spécial d’alors, le journaliste aérospatial Jacques Tiziou, auteur d'«À l’assaut de la Lune» et décédé en 2017 à Washington. C’était l’un des rares francophones accrédités à Cap Kennedy.

Vous retrouverez encore dans ce feuilleton une rubrique intitulée «Les autres mondes», toute l’actu qui est survenue à côté d’«Apollo 11», où l’on retrouve Joe Dassin et Pascal Couchepin, Eddy Merckx et Ted Kennedy. Bonne semaine lunaire! Jocelyn Rochat

Créé: 20.07.2019, 07h09

Insolite

La réussite spectaculaire du vol Apollo 11 laisse à penser que la Lune sera bientôt accessible à tous. On apprend dans La Tribune de Lausanne, l’ancêtre du Matin Dimanche, que 154 Suisses ont déjà demandé leur réservation pour un vol sur la Lune et retour, auprès de la Compagnie de navigation aérienne américaine «Pan American Airways». Un porte-parole de la Compagnie a déclaré lundi que tous ces billets seront confirmés par le bureau new-yorkais de la «Pan Am». Il a ajouté que les intéressés seront inscrits sur une liste d'attente. Quant à notre Compagnie nationale «Swissair», elle a déclaré qu'elle n'était en rien concernée par ce problème.

L’alunissage a provoqué une autre effervescence chez les PTT suisses, qui ont enregistré 2450 ordres de réveils supplémentaires à leur No 11 dans la nuit de dimanche à lundi. De même, le nombre des renseignements demandés au No 11 a été de 3750 supérieur à la moyenne. La plupart des renseignements demandés concernaient l’heure exacte de l’alunissage, alors que les ordres de réveil étaient donnés par des téléspectateurs soucieux de ne pas manquer la retransmission en direct de cet événement, annoncé par la télévision.

Dans les autres mondes…

Mais où est passé «Luna 15» ? Après avoir marqué l’histoire à sa manière (pour la première fois deux vaisseaux, un américain et un soviétique, volaient en même temps en orbite lunaire), l’engin spatial a disparu. Il faudra attendre le 21 juillet pour apprendre que le vaisseau soviétique a touché la Lune dans la région de la Mer des Crises, ça ne s’invente pas, probablement après avoir manqué son alunissage et s’être écrasés sur la Lune. Selon un observatoire occidental, l’engin a percuté le sol à 480 km/h. L’agence officielle Tass va contredire cette version dans la soirée, en assurant que le vaisseau soviétique «Luna 15» s’est «posé sur la Lune, complétant ainsi sa mission». On apprendra longtemps après que les Soviétiques espéraient ramener des échantillons lunaires avec cette mission. Ils avaient même envisagé un accueil en grande pompe en cas de réussite, puisque la capsule d'échantillons devait traverser Moscou dans un véhicule blindé. Quant aux téléspectateurs soviétiques, ils n’ont pas vu les images d’Apollo. Ils ont eu droit, à la place, à une émission de grande écoute qui passe tous les dimanches: «Vos chanteurs préférés».

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