Ils sont nos élus «vulnérables» en cas d’infection au coronavirus

Six parlementaires romands font partie des personnes à risque. Ils nous disent comment ils gèrent la situation.

De gauche à droite et de haut en bas: Hans Stöckli (PS/BE), Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE), Daniel Brélaz (Verts/VD), Jean-Paul Gschwind (PDC/JU), Olivier Français (PLR/VD), Jean-Pierre Grin (UDC/VD).

De gauche à droite et de haut en bas: Hans Stöckli (PS/BE), Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE), Daniel Brélaz (Verts/VD), Jean-Paul Gschwind (PDC/JU), Olivier Français (PLR/VD), Jean-Pierre Grin (UDC/VD). Image: Gaëtan Bally/Keystone

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Sous la Coupole, ils sont une douzaine de parlementaires âgés de 65 ans ou plus. Un âge qui, depuis l’apparition du coronavirus, est tout sauf anodin. Car ces élus sont désormais considérés comme des individus à risque. Selon l’Office fédéral de la santé publique, ils devraient éviter les transports publics aux heures de pointe, ne pas aller aux manifestations publiques et autres réunions privées ou professionnelles. Difficile, lorsqu’on est un élu en pleine session, et que les deux Chambres du parlement ont jusqu’ici décidé de poursuivre leurs travaux, coûte que coûte.

«Suspendre la session aurait été un très mauvais signal envers tous les gens qui continuent à travailler, explique Hans Stöckli (PS/BE), président du Conseil des États, qui fêtera bientôt ses 68 ans. Nous devons donner l’exemple.» Le Biennois en appelle à la responsabilité individuelle de ses collègues, qui doivent rester chez eux en cas de symptômes.

Un avis que partagent les cinq autres Romands qui font partie de cette population «plus vulnérable». Sans céder à la panique, ils nous expliquent comment ils ont changé leurs habitudes et abordent cette crise qui les concerne personnellement.


Hans Stöckli (PS/BE)

Président du Conseil des États, 68 ans en avril prochain.

«C’est la première fois que je me rends compte que je fais partie d’un groupe vulnérable. Alors, forcément, quand j’entends quelqu’un tousser, par exemple dans le train, j’y pense. Ce qui a changé chez moi? C’est de ne plus avoir de mouchoir en tissu dans la poche. Je suis désormais passé aux mouchoirs en papier. Longtemps, j’ai eu peur de pouvoir transmettre un virus. En tant que président du Conseil des États, je rencontre beaucoup de personnes. Avec l’annulation des manifestations, le problème se pose moins. Surtout, je n’ai pas de symptômes. Ma mère de 94 ans vit encore chez elle, alors je continue de la visiter, mais je garde mes distances quand je la vois.»


Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE)

Conseillère nationale, 65 ans en septembre prochain.

«Mes habitudes ont changé. Je prends de la distance avec les gens. J’évite d’embrasser ou de serrer la main. Ce sont des mesures que je ne prends pas que pour moi – j’ai la chance d’être en bonne santé – mais pour mon entourage, en particulier pour mon mari, qui est diabétique et souffre d’une maladie rhumatismale nécessitant la prise de médicaments. Je me dis: que se passerait-il si je suis infectée et lui transmets le virus? Je n’en fais pas une psychose, mais trouve très important de suivre les recommandations de l’OFSP. Ce message doit surtout passer auprès des jeunes. Ils sont moins vulnérables, mais peuvent propager le virus. Ils doivent faire preuve de prudence et de solidarité.»


Daniel Brélaz (Verts/VD)

Conseiller national, 70 ans depuis janvier.

«Je fais partie de la population vulnérable, mais comme je ne souffre d’aucune maladie chronique, les risques sont moins élevés. Selon mes calculs, environ trois fois moins élevés. J’estime ainsi la probabilité que ça se finisse très mal pour moi si je suis infecté par le coronavirus à moins de 3%. Or si j’attrape une bonne grippe, la probabilité serait à peine plus basse. Je n’ai pas beaucoup changé mes habitudes. Je n’allais déjà plus aux grandes manifestations. Ayant droit, en tant que parlementaire, à un AG 1re classe, je ne suis pas non plus confronté à des transports publics surchargés. Renoncer à la session, je n’y ai pas pensé. J’ai reçu un mandat des Vaudois, et je tiens à l’honorer.»


Jean-Paul Gschwind (PDC/JU)

Conseiller national, 68 ans en octobre prochain.

«Oui, c’est vrai, ça commence à me faire un peu peur. Lorsque j’ai vu les développements en Italie et l’émergence d’un foyer à Mulhouse, tout proche du Jura, avec notamment la contamination d’un député, je me suis dit: «Cette fois, c’est du sérieux.» J’ai eu un souci de santé il y a quelques mois, et je suis désormais sous médicaments. Ma femme reste sereine, mes enfants tentent de me rassurer en me disant que c’est une grosse grippe. Je me lave régulièrement les mains et, quand je suis à Berne, je passe plus de temps dans ma chambre d’hôtel que d’habitude. J’ai déjà renoncé à plusieurs invitations. Il ne faut pas céder à la panique, mais avoir du respect vis-à-vis de ce qui arrive.»


Olivier Français (PLR/VD)

Conseiller aux États, 65 ans en octobre prochain.

«Quand j’étais jeune, j’ai eu un problème de santé, qui est désormais corrigé. Et heureusement, mon parcours de vie fait que, aujourd’hui, je vais bien. Je me fais vacciner chaque année contre la grippe et je n’ai jamais eu de pneumonie. J’essaie de mener une vie saine et sportive. Ces derniers temps, je me suis entraîné pour la Patrouille des Glaciers, j’étais donc rarement dans des espaces confinés. Je n’ai pas encore dû renoncer à des événements, mais je suis devenu plus prudent. Comme tout le monde, je suis plus attentif aux mesures d’hygiène. Des mesures auxquelles je suis sensibilisé lors de mes rencontres au quotidien, même si parfois il m’est difficile de ne pas tendre la main à un ami.»


Jean-Pierre Grin (UDC/VD)

Conseiller national, aura 73 ans ce 16 mars.

«J’ai beau être le doyen, je ne me sens pas en danger au parlement. Il n’y a pas eu de cas parmi les élus, et j’attends de mes collègues qu’ils restent chez eux en cas de symptômes. Comme je suis paysan, je me lavais déjà souvent les mains; désormais, je les dés­infecte aussi. Mais j’ai décidé de renoncer aux transports publics et je prends maintenant ma voiture pour aller à Berne. Lorsque je dois assister à des événements, j’évalue les risques, et j’ai déjà renoncé à certains d’entre eux. Le week-end passé, j’étais à un mariage. La situation était bizarre avec les recommandations de ne plus se serrer la main, mais je dois dire que c’est bien respecté par la population.»

Créé: 14.03.2020, 22h59

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