Le café ne nuit pas à votre santé, il la préserve!

Boire entre 3 et 5 petits noirs par jour est excellent: globalement, le café augmente l’espérance de vie.

Selon des épidémiologistes américains, la consommation quotidienne de deux ou trois tasses de café ferait baisser la mortalité de 10% chez les hommes et de 15% chez les femmes.

Selon des épidémiologistes américains, la consommation quotidienne de deux ou trois tasses de café ferait baisser la mortalité de 10% chez les hommes et de 15% chez les femmes. Image: Dana Neely/GettyImages

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Le café est l’une des boissons les plus populaires sur la planète. C’est sans doute ce qui explique que de très nombreuses études aient été consacrées à ses effets sur la santé. La dernière en date, menée par des chercheurs britanniques sur près de 18 000 personnes, conclut que le breuvage ne rigidifie pas les artères. Les auteurs suggèrent que cela vaut même pour les personnes qui en consomment jusqu’à 25 tasses par jour! C’est sans doute exagéré, estime le Pr Olivier Müller, chef du Service de cardiologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). «Si l’un de mes patients m’annonçait qu’il en boit autant, je lui conseillerais vivement de réduire sa consommation.»

Quoi qu’il en soit, les conclusions générales des médecins britanniques ne surprennent pas le cardiologue. Elles confirment d’ailleurs une étude réalisée notamment aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) par le Pr Idris Guessous, médecin-chef du Service de premier recours, et son équipe. «Nous avons analysé les urines de mille personnes et nous avons constaté que, plus leurs excrétions contenaient de caféine, plus leurs artères étaient souples. On peut sans doute l’expliquer par l’effet relaxant de la caféine sur les cellules musculaires des vaisseaux sanguins.»

La rigidité des artères n’est pas la seule concernée. D’une manière plus générale, la consommation de café «est associée à une diminution de la mortalité cardiovasculaire, explique le cardiologue du CHUV. C’est ce que montre notamment une méta-analyse portant sur plus de 1,2 million de personnes qui a été réalisée par des chercheurs américains et singapouriens.» Il est vrai que le café, à long terme, diminue l’un des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires, la tension artérielle. Sitôt la tasse bue, la pression commence par monter, «mais de façon transitoire car, à long terme, elle baisse». De plus, par son effet diurétique, la caféine favorise l’excrétion de sel.

Certes, on dit souvent que la boisson provoque l’arythmie et qu’elle favorise l’infarctus chez les personnes à risque, «mais jusqu’ici, aucune étude ne l’a prouvé», constate Olivier Müller. Il reste que la caféine provoque une accélération des battements du cœur chez certaines personnes. «Celles qui métabolisent rapidement cette substance voient en effet leur fréquence cardiaque augmenter mais, là aussi, de façon temporaire.» Le cardiologue ne voit donc «aucune raison d’inciter les gens à diminuer leur consommation».

Effet protecteur

Outre ses effets bénéfiques sur le cœur et les artères, le café semble nous protéger contre diverses maladies. À commencer par le diabète de type 2. «Une étude réalisée aux États-Unis a analysé des personnes qui modifiaient leur consommation. Chez celles qui l’augmentaient, le risque de diabète diminuait et, à l’inverse, chez celles qui avaient décidé de boire moins de café, ce risque était accru», explique le Pr Guessous. Des chercheurs néerlandais, qui ont obtenu un résultat analogue, expliquent que l’acide chlorogénique (auquel le café doit une partie de sa saveur) réduit l’absorption du glucose au niveau du foie et que le magnésium augmenterait la sensibilité à l’insuline. Des hépatologues ont constaté de leur côté que, chez les personnes alcooliques, la boisson protégerait contre la cirrhose. Sur ce point, le médecin genevois est un peu plus sceptique. En revanche, le café «diminuerait le risque d’avoir des calculs biliaires».

Il réduirait aussi celui de développer la maladie d’Alzheimer. «Peut-être en raison de son effet sur la tension artérielle qui, lorsqu’elle reste longtemps trop élevée, est un facteur de risque pour cette pathologie neurodégénérative, précise le médecin des HUG. Mais d’autres facteurs pourraient aussi intervenir.» Le café renferme en effet un millier de substances différentes dont on est loin de connaître les effets.

Quant aux personnes sujettes à la dépression, elles auraient, elles aussi, intérêt à consommer du café. «C’est un stimulant cérébral fort et l’on peut imaginer qu’il agit sur les neurotransmetteurs qui interviennent dans ce trouble de l’humeur.»

L’un des rares domaines dans lequel on a peu d’évidences sur les effets bénéfiques du café est celui du cancer. Plusieurs études ont été faites à ce sujet, mais leurs résultats sont contradictoires, ce qui n’a pas empêché l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de retirer en 2016 le café de sa liste des produits cancérigènes.

Il reste que, globalement, les amateurs du breuvage augmentent leur espérance de vie. À en croire des épidémiologistes américains qui ont analysé les causes de la mort de plus de 40 000 personnes de 50 à 71 ans, décédées entre 1995 et 2008, la consommation quotidienne de deux ou trois tasses de café ferait baisser la mortalité de 10% chez les hommes et de 15% chez les femmes.

Quelques effets indésirables

Toutes ces études doivent toutefois être considérées avec une certaine prudence. D’abord parce qu’elles ne résultent que d’observations. «L’idéal est de faire boire du café à des volontaires et d’en étudier les effets par rapport à ceux qui n’en boivent pas, précise Idris Guessous. Certains chercheurs le font, mais ils ne mesurent alors que les conséquences aiguës, à court terme», ce qui n’est pas suffisant pour trancher. En outre, lorsqu’on a une hygiène de vie saine, on a tendance à boire moins d’expressos que lorsqu’on est stressé. «Les auteurs des études prennent en compte ces facteurs pour pondérer leurs résultats. Mais parfois, cette pondération peut être exagérée», note pour sa part Olivier Müller.

Bien sûr, on ne peut pas nier que le café ait quelques effets indésirables. Il rend nerveux, favorise les tremblements et crée des difficultés à s’endormir – du moins chez certaines personnes, car la tolérance varie d’un individu à l’autre, notamment en fonction du bagage génétique. On en devient aussi facilement accro (lire le témoignage). Idris Guessous estime d’ailleurs que, dans nos pays, «la majorité de la population a du mal à se passer du café du matin».

Toutefois, après avoir eu longtemps mauvaise presse auprès du corps médical, le café a aujourd’hui été réhabilité. Au point que nos deux spécialistes conseillent d’en boire en moyenne de trois à cinq tasses par jour et deux pour les femmes enceintes. Inutile donc de bouder son plaisir.

Créé: 15.08.2019, 11h14

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Quand le café devient médicament

L’histoire est celle d’un enfant de 11 ans souffrant d’une maladie génétique rare, la dyskinésie, qui se manifeste par de fréquents épisodes de mouvements anormaux. Il a été quasi guéri grâce au café.

Lorsqu’ils l’ont reçu, les neurologues de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris n’avaient aucun traitement à lui proposer. Mais ils se sont souvenus que d’anciens patients atteints de cette pathologie disaient qu’ils arrivaient à prévenir leurs crises en buvant du café. Les médecins ont donc conseillé aux parents du garçon de lui donner une tasse de café serré le matin, une autre l’après-midi et une demie au coucher.

Le résultat a été spectaculaire: 45 minutes après avoir consommé la boisson, l’enfant n’avait plus de symptômes et cet effet durait pendant sept heures. Cela fait maintenant sept mois que le garçonnet suit ce «traitement» et il n’a tout au plus qu’une ou deux brèves crises de mouvements brusques quotidiennes. Selon ses médecins, «il peut écrire en classe, aller à pied à l’école et faire du vélo».

Comment expliquer cet étonnant effet thérapeutique du café? La mutation génétique que porte le bambin a pour effet de perturber le fonctionnement d’une zone du cerveau (le striatum) impliquée dans le contrôle du mouvement.

En bloquant ce mécanisme, la caféine réduirait donc les gestes anormaux.

Cette substance est en effet cruciale et,
à leur insu, les parents du garçon en ont d’ailleurs apporté la preuve. Au bout de quelques semaines, ils ont constaté que le traitement ne faisait plus d’effet.

Ils se sont rendu compte qu’ils avaient acheté du café décaféiné et, quand ils ont redonné du café renfermant de
la caféine à leur fils, son état s’est à nouveau amélioré.

Juliette, 97 ans: «Je l’avoue, je suis accro au café»

Quand on lui demande comment elle va, Juliette répond: «Je vais comme une femme de 97 ans qui vient de marcher 5,5 km grâce à ses cinq cafés.

Je ne me souviens plus quand j’ai commencé à en boire, sans doute dans ma jeunesse. Il faut dire que mon père en consommait beaucoup. Quand j’étais plus jeune, je prenais 5 à 6 tasses par jour. Maintenant, j’ai réduit à 4 ou 5 tasses.

Le matin, sans mon petit noir, je n’arrive pas à me réveiller, je suis comme dans une bulle. D’ailleurs, connaissez-vous la définition de la microseconde? C’est le temps qui s’écoule entre le moment où j’ouvre les yeux et celui où je me précipite sur le thermos que je mets tous les soirs sur ma table de nuit.

Je me souviens d’un séjour à l’hôtel. Au petit-déjeuner, j’ai goûté le café. C’était une vraie lavasse. J’ai bondi de ma chaise et, laissant mon mari en plan, j’ai fait le tour de la petite ville à 6 heures du matin pour trouver un bistrot ouvert. Depuis, je ne voyage plus sans avoir dans ma valise des dosettes de café et une résistance électrique pour chauffer l’eau!

Une fois, par erreur, une amie chez qui je séjournais m’a servi un décaféiné. Je ne vous dis pas dans quel état j’étais. Je l’avoue, je suis accro. Un jour, mon médecin traitant m’a conseillé de me contenter d’une tasse par jour. J’ai dit oui, mais je ne l’ai pas écouté. Je ne me fais pas de souci car, d’après mon cardiologue, j’ai un coeur de jeune fille.»

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