Passer au contenu principal

Psychiatre accusé de viol«Le médecin cantonal m’a appris que je n’étais pas la seule victime»

Anna* a entretenu une relation intime avec son psychiatre après un long suivi thérapeutique. Elle raconte ce qui pousse une malade à «accepter la situation». Le médecin sera jugé en janvier.

Anna* a porté plainte contre son psy pour abus au-delà de la durée de sa thérapie.
Anna* a porté plainte contre son psy pour abus au-delà de la durée de sa thérapie.
Odile Meylan

Ce que décrit Anna* avec précision, c’est un petit tableau appuyé par terre contre la cheminée, qu’elle observait lorsqu’elle était couchée sur le divan de consultation: «C’est une vieille femme qui lit le journal. Je pourrais le dessiner.» Il y a aussi cette «odeur rassurante de café», à laquelle elle dit s’être accrochée chaque fois qu’elle se faisait abuser sur ce divan par le Dr X., son ancien psychiatre.

«Je ne veux plus te voir au cabinet, sauf pour un café.»

Dr X., psychiatre lausannois

L’affaire remonte à 2006. Anna souffre d’une importante dépression. Mère de trois enfants, elle traverse une crise conjugale et s’automutile. Après un passage aux urgences psychiatriques du CHUV, une amie lui recommande d’aller consulter le Dr X. «Son seul défaut, c’est qu’il est un peu complice», lui dit-elle. La thérapie dure cinq ans et comprend un tutoiement rapide et des embrassades réconfortantes en fin de séances difficiles. C’est le médecin qui met fin au traitement, estimant que la situation d’Anna s’est améliorée notablement, malgré les scarifications encore présentes. Aussi, il lui dit: «Je ne veux plus te voir ici, sauf pour un café.»

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.