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AboAttaque djihadiste de Morges
«Si Omer A. avait été réincarcéré, il n’aurait pas tué»

Omer A., âgé de 29 ans, a été condamné il y a deux mois à 20 ans de prison pour assassinat par le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone. La peine a été assortie d’une mesure thérapeutique.
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C’est une information qui avait fait grand bruit suite à l’assassinat d’un Portugais de 29 ans dans un kebab à Morges, poignardé à mort en septembre 2020. Il était rapidement apparu que le tueur de 26 ans était sorti deux mois plus tôt de détention provisoire pour sa tentative de mise à feu de la station-service de Prilly-Malley en 2019, et qu’il se trouvait notamment sous la surveillance du Ministère public de la Confédération (MPC) dans l’attente de son procès.

De lourdes questions se posaient dès lors quant à la responsabilité du parquet fédéral dans cette affaire. Le drame aurait-il pu être évité? Des manquements de la part du MPC sont en tout cas pointés dans un rapport de son Autorité de surveillance, dont un résumé a été publié ce mardi.

«Ma cliente avait l’intention de déposer une demande d’indemnisation auprès de la Confédération dès lors que la responsabilité de l’État semblait engagée dans ce drame. Elle le sera prochainement.»

Me Fabien Mingard, conseil de la compagne de la victime

Omer A. devait notamment se présenter à la police chaque semaine depuis sa sortie de prison, mais il ne le faisait pas. Les auteurs du rapport concluent que le parquet aurait dû prendre des mesures, sans préciser lesquelles. Car il n’est pas contesté que rien n’a été entrepris.

Demande d’indemnisation

«L’Autorité de surveillance est venue confirmer à demi-mot ce que mes mandants pensaient pratiquement depuis le début de l’affaire, à savoir qu’il y a eu des manquements dans la surveillance des mesures de substitution, souligne l’avocat de la famille de la victime, Me Dario Barbosa. Il aurait été appréciable que le MPC ou la Confédération l’assument dès les premiers mois de l’enquête. Nous verrons en temps utile de la suite que nous donnerons à tout cela.»

«Il aurait été appréciable que le MPC ou la Confédération assument ces manquements dans la surveillance des mesures de substitution dès les premiers mois de l’enquête.»

Me Dario Barbosa, mandataire de la famille de la victime

«Ma cliente avait l’intention de déposer une demande d’indemnisation auprès de la Confédération dès lors que la responsabilité de l’État semblait engagée dans ce drame, réagit le mandataire de la compagne du Portugais tué, Me Fabien Mingard. Les conclusions de ce rapport confirment ce constat, selon lequel le MPC aurait dû faire quelque chose, et qu’il n’a rien fait: la demande sera donc déposée prochainement. Il est assez particulier qu’une Autorité de surveillance dise au parquet qu’il aurait dû prendre des mesures, sans mentionner lesquelles!»

Pour cet homme de loi, la seule décision qui s’imposait était une réincarcération du Turco-Suisse. «Et s’il l’avait été, il n’y aurait bien évidemment pas eu cet assassinat en septembre 2020».

Les auteurs du rapport relèvent également que le MPC aurait dû mieux apprécier la dangerosité du djihadiste de Morges pendant la période précédant son attaque en septembre 2020.

L’inquiétude du Canton de Vaud

Le Canton de Vaud, qui avait averti le MPC du non-respect par Omer A. des mesures de substitution qui lui étaient imposées, s’était inquiété de lacunes dans le suivi de cet individu. L’Autorité de surveillance émet également des recommandations à l’attention du MPC.

Omer A., âgé de 29 ans, a été condamné en janvier à 20 ans de prison pour assassinat, assorti à une mesure thérapeutique. C’est la première fois en Suisse qu’un individu est reconnu coupable d’un homicide à caractère djihadiste. Sa responsabilité pénale a été moyennement diminuée en lien avec sa schizophrénie.

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