Le mur en Calamin «porte atteinte» au site de Lavaux
L'Office fédéral de la culture demande des modifications au projet de réfection cantonal situé au cœur de Lavaux Unesco.

Le glissement de terrain des Luges, en Calamin, sous le village d'Épesses, aura eu des répercussions jusqu'à Berne. L'Office fédéral de la culture (OFC), informé des travaux de réfection d'un mur au bord de la route cantonale, considère que «le projet actuel représente une atteinte légère au site Lavaux, vignoble en terrasses». En sa qualité d'autorité de surveillance des sites culturels inscrits sur la liste du Patrimoine mondial, il a formulé cinq demandes au maître d'ouvrage – le Canton – dans un courrier fin juin, précisant qu'il serait «tenu d'informer les instances de l'Unesco» si elles ne sont pas honorées. Le courrier a été pris au sérieux par le Canton et une réponse a déjà été envoyée à l'OFC mi-juillet.
En premier lieu, l'Office fédéral demandait de revoir la géométrie du mur en amont et d'en réduire la hauteur, déplorant le remplacement d'«un ensemble de murs hétérogènes» de 2 à 3 mètres de haut «épousant la topographie» des lieux par un mur «de forme géométrique» de plus de 4 mètres. «Nous avons travaillé avec un paysagiste afin de casser cette ligne homogène, répond Pierre-Yves Gruaz, chef de la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR). Le point culminant sera toujours à environ 4 mètres, mais le reste sera diminué au minimum.»
Un autre élément prolonge en hauteur l'effet visuel du nouvel aménagement, selon l'OFC: un garde-corps. Il propose d'ôter cette barrière, présente sur aucun autre mur de soutènement le long de la route cantonale. «Dans ce cas, doit-on appliquer la norme à la lettre? C'est une question de proportionnalité et de contexte. Mais nous travaillons en tout cas sur le type d'intervention, afin qu'elle ait le moins d'impact possible», indique le chef de la DGMR.
«Depuis le début, nous avons pris la mesure de l'intégration paysagère de ce projet dans ce site si particulier»
Le nombre d'ancrages destinés à contenir les poussées du terrain est aussi jugé «particulièrement élevé» par l'OFC. Il demande d'apporter la preuve de leur nécessité ou d'en réduire le nombre et de «privilégier une disposition visuellement plus aléatoire» des ouvertures aménagées dans le mur pour accéder aux têtes de ces ancrages. Pas possible d'en réduire le nombre, répond le Canton, mais un tiers des niches seront murées et donc invisibles. «Ce sont des niches prévues pour des ancrages de réserve, auxquelles nous devons pouvoir avoir accès en cas de besoin, auquel cas nous casserons le parement de pietra rasa», précise Pierre-Yves Gruaz.
Berne exige enfin que «l'ensemble des plans de détails» soit validé par la Division cantonale des monuments et sites. L'OFC fait donc surveiller à l'interne les travaux de la Direction générale de la mobilité et des routes. «Cette demande ne nous choque pas du tout, car nous travaillons déjà avec les Monuments et sites sur ce projet et bien d'autres, répond le directeur. Depuis le début, nous avons pris la mesure de l'intégration paysagère de ce projet dans ce site si particulier, mais les contraintes techniques sont extrêmement fortes!»
Pour rappel, les travaux de réfection contestés par l'Office fédéral de la culture ne devaient a priori pas être mis à l'enquête, s'agissant selon le Canton de simple entretien. La Commune de Bourg-en-Lavaux et quelques vignerons riverains avaient forcé l'État à suivre la procédure habituelle pour tous travaux entrepris dans le périmètre inscrit à Unesco.
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