Passer au contenu principal

Produits de boulangerieLe pain importé devra être vendu en toute transparence

Pour favoriser les artisans et fabricants suisses face à la concurrence étrangère, le parlement a plébiscité le principe de la traçabilité à l’étalage.

Une employée d’une station-service sort le pain et les croissants du four. À l’avenir, les clients devraient être informés clairement de la provenance de ces produits de boulangerie.
Une employée d’une station-service sort le pain et les croissants du four. À l’avenir, les clients devraient être informés clairement de la provenance de ces produits de boulangerie.
KEYSTONE

Vous arrive-t-il de faire une halte dans une station-service après le travail pour acheter une baguette ou une livre de mi-blanc? Si oui, c’est peut-être du pain fabriqué en Pologne que vous mangez le lendemain au petit-déjeuner. Car, bien souvent, ce produit est simplement réchauffé sur place, «après avoir parcouru des centaines de kilomètres dans un camion frigorifique», nous expliquait l’an dernier un artisan boulanger jurassien. De quoi surprendre bien des clients, persuadés d’avaler des tartines 100% suisses.

Or l’heure de la transparence à l’étalage est pour bientôt. Mercredi soir, le Conseil national a plébiscité une motion qui veut obliger les boulangeries et autres commerces vendant du pain à indiquer le pays de provenance à un endroit visible pour les clients. Pour les produits transformés, tels que les sandwichs, il s’agirait de déclarer le pays de production du pain. Les restaurants qui mettent du pain à disposition de leurs clients seraient aussi concernés.

Au gouvernement de jouer

Le vote n’a souffert aucune discussion: le texte a été approuvé par 166 voix contre 14. Aucun élu romand ne l’a rejeté. L’écrasante majorité de la Chambre du peuple a ainsi suivi l’argumentaire de la commission ad hoc: «Face à la concurrence accrue à cause de l’augmentation des importations de produits de boulangerie, la nécessité de tracer ces produits et d’indiquer de façon transparente leur origine devient de plus en plus importante». Il s’agit de «favoriser un achat conscient» auprès des consommateurs.

Comme le Conseil des États avait déjà plébiscité cette proposition l’automne dernier, la balle est désormais dans le camp du Conseil fédéral, qui devra présenter un projet de loi au parlement. Du tout cuit? Pas si sûr: le secteur de la restauration n’y est guère favorable, car il craint un changement lourd à mettre en œuvre. Lorenz Hess (Centre/BE) a dit lors du débat au National que «cela entraînerait un effort supplémentaire bien plus important que ne le suggère le texte de la motion». Bretzels, biscuits, pain en tranches, croûtons… Certains professionnels redoutent déjà de devoir procéder à un étiquetage fastidieux.

3 commentaires
    Pierre Porchet

    Il faudrait aussi indiquer "frais du jour" ou "décongelé".

    Certains "artisans" boulangers trichent encore abondamment avec ça. À quand un véritable label de qualité incontestable ?

    On doit se méfier de tout de nos jours; et ça devient pénible toutes ces tentatives d'entourloupes. Et puis il faudrait interdire, ces "SALE" ou soldes à perpète, qui ne sont que des attrape-gogos. Le problème aujourd'hui avec les tricheurs, c'est que ce sont les honnêtes commerçants qui mettent la clé sous la porte. C'est triste de voir que ce n'est que la malhonnêteté qui paie.