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Le coup de fourchetteLe Petit Manoir de Morges veut allier charme et simplicité

Reprise depuis janvier, la belle bâtisse à l’entrée de Morges veut démocratiser sa réputation. Sa cuisine suit.

Dans le jardin de leur beau restaurant, le chef Éric Manent, à gauche de Sébastien, et Caroline Barrier.
Dans le jardin de leur beau restaurant, le chef Éric Manent, à gauche de Sébastien, et Caroline Barrier.
PATRICK MARTIN /24 Heures

On dit que l’habit ne fait pas le moine. Mais comment ne pas détourner le regard quand on passe devant le Petit Manoir, ce bâtiment de classe qui se trouve à l’entrée de Morges, en face de la zone sportive.

On se demande d’ailleurs si tout le monde y a sa place, tant l’établissement semble taillé pour le haut de gamme, un cliché qui n'a plus cours depuis sa reprise, en janvier, par Caroline et Sébastien Barrier, Madame étant issue de la famille Rougié, du nom du célèbre foie gras. «Nous voulons démocratiser cette adresse qui se veut ouverte à tous dans un cadre convivial, explique le nouveau propriétaire. Si les anciens exploitants ont rêvé d’une table gastronomique par le passé, nous voulons davantage être reconnus pour notre signature et qu’on parle de nous comme d’un bon restaurant d’où l’on ressort – et l’on revient – avec plaisir.»

On peut le croire sur parole après notre passage, l’ambiance décontractée, le service au verre ou les échanges avec les serveurs se mêlant somme toute fort bien à la terrasse nichée dans un jardin à la verdure et à la coupe exceptionnelles. En temps de Covid-19, et comme dans beaucoup d’autres établissements, la carte du chef Éric Manent – un ancien du Château de Divonne – est volontairement réduite, mais gourmande, avec un menu à trois plats pour 69 fr.

Une proposition retenue, avec en entrée – comment faire autrement? – la terrine de foie gras de canard signée «Rougié», à la saveur qui vaut le détour, et une jolie salade de moules de Bouchot aux légumes croquants (21 fr.). En plat principal, le confit de canard est une valeur sûre, parfaitement cuit, avec une purée contenant de nombreuses noix croquantes, une idée lumineuse, selon notre palais, mais qui peut surprendre ceux qui sont moins amateurs. Malgré la proximité du lac, le filet de féra du Léman (37 fr.) nous a paru un peu sec et plus proche d’une entrée au niveau de la quantité.

Une carte des vins très équilibrée

Le tout accompagné de crus au verre, comme le Servagnin de Morges 2017 (Ville de Morges) ou l’Étoile de la Côte (un gamay de chez Bolle), choisis parmi une dizaine de bouteilles posées au milieu de la terrasse comme une invitation à se faire plaisir avec modération. À noter que la carte des vins est très équilibrée, avec des crus régionaux et français, le conseil averti.

Restait à se faire une idée des desserts, le chef ayant pris un risque en vantant les mérites de son pâtissier lors de sa tournée des tables. Aussi bien pour la tartelette aux fruits rouges (15fr.) que la mousse au chocolat avec noix de pécan et caramel beurre salé (15fr.), la mission est accomplie avec le plaisir de voir de belles propositions «travaillées maison», ce qui n’est plus toujours le cas partout.

La direction espère maintenant s’affirmer comme un restaurant ouvert sur la rue, où l’on vient manger bien sûr, mais aussi boire un verre dans les fauteuils disposés dans le jardin, bref s’approprier cet endroit qu’il s’agit de «raccrocher» à la ville.