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EditorialLe plafond de Verts français a cédé

Vous connaissez Grégory Doucet ? Et Anne Vignot ? Pierre Hurmic ? Non ? Jeanne Barseghian alors ? Et François Astorg ? Ils sont pourtant les nouveaux maires verts de Lyon, Besançon, Bordeaux, Strasbourg ou, plus près de chez nous, d’Annecy la pourtant si bourgeoise. Ils ont bousculé ce qui étaient des bastions historiques d’hommes, de femmes ou de partis. On peut ajouter que Martine Aubry a été à 200 voix de rester à quai de sa Lille au profit des Europe Ecologie les Verts (EELV, on peut gagner une élection avec le vieux continent en étiquette de parti) ou la Gaudinesque Marseille qui a aussi verdoyé.

Bien sûr, il ne faudrait pas faire de EELV les seuls vainqueurs de ce scrutin. Avec une abstention qui caracole en tête - mais qui reste proche de la moyenne suisse -, une droite qui détient la majorité des villes de plus 9000 habitants ou le Rassemblement National qui présidera, pour la première fois, aux destinées d’une cité de plus de 100 000 habitants, en l'occurrence Perpignan. Et dont l’essentiel des maires aux affaires ont été reconduits. Quant à la République en marche, elle fait surtout du sur place, sauf en son Havre de paix edouardo-philippien.

«Les écologistes ne sont pas seuls vainqueurs de ce scrutin»

Reste que les Verts français n’ont pas tout à fait poussé comme ailleurs. Ils ont peu été aux manettes municipales à quelques exceptions près (Dominique Voynet qui fera 1,57% à la présidentielle de 2007, ou Noël Mamère, qui a fait presque quatre fois mieux). Et leurs ministres sous François Hollande ou Lionel Jospin n’ont pas laissé un souvenir impérissable. La guerre des chefs en a aussi usé plus d’un.

Ce parti longtemps déchiré entre ses ailes a dû apprendre à faire avec un certain pragmatisme. En les voyant pour certain(e)s porter costard - sans cravate - ou tailleur, elles et ils se fondent assez bien dans le paysage... urbain. Assez loin de l’image du pionnier candidat René Dumont, qui posait pour les spots de télévision avec son éternel pull-over rouge, une pomme et un verre d'eau. La mue peut fonctionner. A témoin, Grenoble a largement réélu son édile écologiste dont le bilan est encensé par certains (piste cyclables, 30 km h au centre-ville, piétonisation, nettoyage de la pollution publicitaire) et relativisé par d’autres (quatrième ville la plus embouteillée de France, croissance molle voire décroissance assumée, insécurité). Bref, Green Lives Matter in France aussi.