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Stratégie de mobilitésLe plan des circulations transforme le centre d’Yverdon en grand giratoire

Attendue avec impatience par certains et crainte par d’autres, cette vision stratégique vise à débarrasser les abords de la vieille ville du trafic de transit.

Une vue aérienne de la place d'Armes le mercredi 5 fevrier 2020 a Yverdon.
Une vue aérienne de la place d'Armes le mercredi 5 fevrier 2020 a Yverdon.
KEYSTONE

Mois de trois semaines après l’inauguration du premier tronçon de l’Axe principal d’agglomération (APA) qui doit désengorger le centre-ville, les autorités yverdonnoises sortent de leurs bureaux le très attendu Plan directeur des circulations. Une vision stratégique en termes de gestion de trafic par lequel la Municipalité demande un crédit de 890’000 francs pour les études de toutes les mesures qu’elle juge nécessaires d’ici à cinq ans: 17 projets, dont les deux tiers ne sont toutefois pas au calendrier des réalisations avant 2025.

INFOGRAPHIE YANNICK MICHEL

L’objectif avoué est aussi de faire progresser les modes de transport autres que la voiture et de protéger les riverains des nuisances générées par la densification de la ville: Yverdon attend quelque 10’000 nouveaux habitants, 6000 postes de travail supplémentaires d’ici à 2030, et rien de moins qu’un parking souterrain d’un millier de places en plein centre.

«C’est une refonte fondamentale. La ville évolue, les mœurs aussi. La politique à adopter aujourd’hui est celle de la multimodalité.»

Valérie Jaggi, municipale en charge de la mobilité

Ce dernier projet, maous, pèse du reste de tout son poids sur les décisions envisagées qui – schématiquement parlant – tendent à faire de la vieille ville le centre d’un giratoire géant, pour reprendre les termes du conseiller communal UDC Ruben Ramchurn. Les mesures imaginées visent à détourner le trafic de transit vers la périphérie pour ne laisser ce secteur qu’aux usagers motorisés devant aller au centre-ville, qu’ils y vivent, y travaillent ou y viennent en clients des commerces ou visiteurs de musées.

«C’est une refonte fondamentale, confirme Valérie Jaggi, municipale en charge de la mobilité. Certes, le parking de la place d’Armes a un gros impact, mais il faut aussi voir que la ville et les mœurs évoluent. La politique à adopter est celle de la multimodalité.» À ce titre, le traitement réservé à la rue des Remparts est un exemple parlant. Afin de permettre une meilleure perméabilité piétonne entre la gare et le centre historique, en passant par la place d’Armes, cet axe très fréquenté deviendra Zone 20. Et pour éviter un report de son important trafic sur l’avenue de la Gare, seuls les transports publics pourront transiter sur cette dernière. De part et d’autre, deux boucles à rebroussement permettront cependant aux automobilistes d’accéder à des places de dépose-minute.

Goulet fermé

En élargissant un peu le cercle, et toujours dans l’idée de soulager la rue des Remparts, le goulet de la rue du Casino – qui passe sous la passerelle de la Maison d’Ailleurs – sera tout bonnement fermé à la circulation, bus y compris. Autre but avoué: dissuader le transit de passer par la rue de la Plaine. Les autorités imaginent ainsi que cette importante poche d’habitation et de commerces en sortirait valorisée. Notamment dans l’optique d’un futur projet de réaménagement. Mais cette fermeture ne manquera pas de faire réagir, même chez les Verts où l’on se réjouit pourtant des propositions de ce plan directeur. «Cela signifie que tous les bus urbains devront passer par l’avenue Haldimand et je me demande si c’est une bonne chose», analyse le conseiller communal Benoist Guillard.

Autre mesure forte déjà prise, à l’autre bout du centre-ville: la mise à sens unique de la fin de la rue des Caserne. Ceci afin de sécuriser cet autre goulet et diminuer la pression sur le carrefour complexe Remparts-Ancienne-Douane, tout en libérant de l’espace pour la mobilité douce. Les deux-roues y héritent en effet d’une moitié de route pour eux tout seuls. Contrecoup, si l’accès au centre-ville y est toujours possible, la mesure empêche de le quitter par là. C’est par la rue d’Orbe, dont l’entrée attend le réaménagement nécessaire, qu’il faudra rouler. À noter que dans ce secteur, des feux de circulation devraient remplacer le grand giratoire des Remparts, afin de mieux filtrer le trafic généré par le parking souterrain.

Comme au temps d’Expo.02

Avant de quitter le centre-ville, un petit tour s’impose par la rue de Neuchâtel, autre axe important que les politiques souhaitent soulager d’une partie de son trafic et des nuisances sonores inhérentes. Pour ce faire, le quai de la Thièle voisin, qui présente l’avantage de n’avoir un front bâti que d’un côté, sera mis à double sens.

Le plan prévoit un projet lié à la mobilité douce dont rêvent certains Yverdonnois depuis la fin d’Expo.02: la rue de l’Ancien-Stand, qui conduisait les piétons à l’arteplage, sera définitivement fermée aux véhicules à moteur. Ce qui valorisera la liaison entre le centre-ville et le parc des Rives.

Quartiers résidentiels à 30 km/h

Et puis, le plan directeur vise aussi à tranquilliser les quartiers résidentiels. La plupart d’entre eux, à l’instar du quartier de Sablonnaire, deviendraient ainsi des zones 30.

Certaines choses ne changeront en revanche pas. Car malgré la mise en service du secteur sud de la route de contournement, l’axe qui conduit de la sortie d’autoroute d’Yverdon-Sud vers l’avenue des Bains restera une porte d’entrée importante de la ville. Elle le sera d’autant plus quand il s’agira de desservir le futur quartier Gare-Lac. Aujourd’hui délestée d’une partie de son flux de voitures par l’APA, la rue du Midi recevra inévitablement en revanche une partie des automobilistes priés d’éviter le centre-ville.