Le plus grand carillon de Suisse chantera Pâques
L'Abbaye accueille le premier festival suisse de carillon, dimanche et lundi.
Il y a Ursule, Léopold, Ducati ou Trinitas. Chacune a sa propre voix, qu'elle fait retentir en Agaune. Au total, elles sont 49 à faire partie de ce chœur de bronze de 14 tonnes: depuis 2004, l'abbaye de Saint-Maurice abrite en son clocher le plus grand carillon de Suisse.
Mais l'instrument n'était pas assez utilisé, estimaient les chanoines. «Nous nous demandions comment le mettre en valeur, explique Mgr Jean Scarcella, abbé de Saint-Maurice. Depuis le 1500e anniversaire de sa fondation, célébré en 2015, notre monastère s'est ouvert au monde et accueille les touristes. Nous cherchons des solutions pour le faire vivre, car il ne s'agit pas d'un musée.» C'est dans ce but qu'est né le festival Lumina, en décembre. Son pendant pascal a suivi naturellement: «Je me suis dit: «Pâques est associé aux cloches. Organisons des concerts de carillon!»
Une rencontre avec un jeune carillonneur savoyard – Antoine Cordoba – et le premier festival suisse dédié à cet instrument était né. Dimanche et lundi, le rocher agaunois vibrera aux airs de Mozart, de Chopin, de Charles Trenet ou de Céline Dion. «Car on peut tout interpréter sur cet instrument!» souligne Jean Scarcella. A chaque touche sa cloche
«Le carillonneur actionne les touches d'un clavier avec ses poings et ses pieds, décrit Antoine Cordoba. A chaque touche correspond une cloche.» Un système de câbles relie le clavier aux battants. «Ce sont eux qui bougent et frappent la cloche, qui reste immobile.» Le musicien a découvert le carillon il y a une dizaine d'années dans sa région natale de Taninges. «J'en suis tombé amoureux. Je suis d'un naturel plutôt discret. Vous allez dire que c'est raté lorsque l'on choisit cet instrument. Mais il me correspond bien. Tout le monde peut m'entendre jouer, mais personne ne me voit.»
Instrument romantique
L'ensemble de bronze paraît massif, «mais on peut donner beaucoup de subtilité à son jeu, produire un son léger ou retentissant. C'est un instrument qui se laisse dompter», décrit l'abbé. «Ce n'est pas le cas de tous les carillons, avertit Antoine Cordoba. Celui de Saint-Maurice est récent et intègre des mécanismes modernes qui lui confèrent cette subtilité. Il se prête bien à la musique romantique.»
S'il est le plus grand du pays, il reste modeste en comparaison de certaines installations françaises. «Celui du château des ducs de Savoie, à Chambéry – le plus grand de France –, compte 70 cloches», précise Antoine Cordoba.
Le chœur campanaire agaunois n'en a pas moins son âme. Comme le veut le rite catholique, chaque cloche porte un nom, souvent lié à son parrain ou donateur, et se voit baptisée avant d'être accrochée. «On personnifie beaucoup les cloches, confirme Jean Scarcella. Pourquoi? Je pense que leur rôle l'explique. Elles sont en quelque sorte la voix du ciel sur terre; ce sont des outils de communication. Elles invitent les fidèles à la messe. Célèbrent les grands temps liturgiques. Le tocsin prévenait d'un incendie, le glas annonçait un décès…»
Répétitions silencieuses
Dès jeudi soir, à l'heure où les fidèles entonneront le Gloria, elles se tairont. Et resteront muettes jusqu'à la veillée pascale ( lire ci-contre ). D'où la tenue du festival exclusivement dimanche et lundi. «Nous installerons un petit carillon portatif et électrique dans notre basilique. Les musiciens pourront travailler sans se faire entendre.» Et ainsi respecter l'atmosphère de deuil qui s'emparera de l'abbaye.
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