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EspaceLe premier tir de la fusée Ariane 6 est reporté en 2022

Des difficultés techniques accentuées par la crise sanitaire ont poussé l’Agence spatiale européenne à reporter le tir inaugural d’Ariane 6 au deuxième trimestre de 2022.

Une maquette de la fusée Ariane 6 photographiée en avril 2018 près de Berlin, en Allemagne.
Une maquette de la fusée Ariane 6 photographiée en avril 2018 près de Berlin, en Allemagne.
AFP

Le tir inaugural de la fusée Ariane 6 est reporté au deuxième trimestre de 2022 à cause de difficultés techniques, a annoncé jeudi l’Agence spatiale européenne (ESA). Ces problèmes ont été aggravés par les conséquences de la crise du Covid-19.

Déjà repoussé une fois à la deuxième moitié de 2021, «le vol inaugural d’Ariane 6 est maintenant prévu pour le deuxième trimestre de 2022», a dit le directeur du transport spatial européen de l’ESA Daniel Neuenschwander, dans un point de presse. La décision a été prise à l’issue d’un Conseil de l’agence, tenu mercredi et jeudi, qui a aussi entériné un lancement inaugural du petit lanceur Vega-C en juin 2021, a précisé le directeur.

Il a expliqué que «le chemin vers les vols inauguraux des deux lanceurs doit surmonter des défis techniques, dans un contexte de productivité réduite» à cause de la pandémie.

Il a cité en exemple deux parties du programme. Côté lanceur, avec des difficultés techniques dans le développement de l’unité de puissance auxiliaire (APU), un petit réacteur multirôle, «embarqué pour la première fois dans le lanceur», et qui doit permettre de «pénétrer le marché des constellations de satellites».

Interrompu par les mesures sanitaires

Autre exemple, avec le développement du nouveau bras cryogénique qui reliera le lanceur à la tour de lancement, à Kourou, jusqu’aux derniers instants avant le décollage. «Nous avons des difficultés techniques et la situation a été encore dégradée par le Covid-19», a dit Daniel Neuenschwander.

À Kourou le chantier du pas de tir EL-4 a été interrompu par les mesures sanitaires avant de repartir plus lentement. «Nous sommes encore aujourd’hui à la moitié de l’effectif de départ» qui était de 600 personnes, selon le responsable. La pandémie a aussi eu des conséquences chez les industriels en Europe, «avec un impact sur des étapes clé du programme», en citant par exemple «l’impossibilité d’accéder à des bancs de tests».

Le deuxième écueil est selon Daniel Neuenschwander que «l’industrie va entrer dans une période très tendue en 2021-2022». Parce que la production d’Ariane 5 arrive à sa fin et que celle d’Ariane 6 va démarrer plus lentement que prévu. «Au point où cela impacte l’industrie à un moment où le marché est très tendu, avec une compétition féroce», a-t-il expliqué.

C’est pourquoi l’ESA, qui veut «assurer un lissage de production» pour amortir le choc chez les industriels, va aussi demander une rallonge de 230 millions d’euros (environ 245 millions de francs) aux pays participants, qu’elle «espère obtenir dans les prochains mois», toujours selon Daniel Neuenschwander. Cette somme représente environ 6% de l’enveloppe actuelle du programme.

ATS/NXP