Passer au contenu principal

Elections communales 2021Le PS de Crissier s’efface dans une gauche unie

Une nouvelle formation intégrant Verts, indépendants et POP adopte une stratégie rare dans ces élections.

Seul parti de gauche au Conseil communal, avec 19 élus sur 69, le PS est prêt à se fondre dans une nouvelle formation pour changer les équilibres politiques dans la commune.
Seul parti de gauche au Conseil communal, avec 19 élus sur 69, le PS est prêt à se fondre dans une nouvelle formation pour changer les équilibres politiques dans la commune.
Florian Cella

Les PS se prépare à disparaître volontairement du Conseil communal de Crissier. En vue des élections de mars, la section locale du parti a effectivement fait le choix de se fondre dans une nouvelle formation, le RESOC (Regroupement écologiste et social de Crissier), qui inclut également des candidats indépendants, popistes et Verts. La stratégie détonne, alors que d’autres communes ont vu voler en éclats des unions larges de la gauche, à Lausanne, par exemple, où les Verts font cavaliers seuls, et à Renens, où les popistes n’ont pas été conviés à un ticket rouge-rose-vert.

«Au niveau local, nous voyons des gens qui désirent s’engager pour une politique de gauche, mais qui ne veulent pas l’étiquette d’un parti.»

Oriane Sarrasin, conseillère communale PS, candidate et présidente du RESOC

«Le PS est minoritaire au Conseil communal et nous n’avons personne à la Municipalité. Nous sommes partis du constat que l’union fait la force, d’autant que nos valeurs se rejoignent très largement», explique Oriane Sarrasin, élue socialiste et à la fois candidate et présidente du RESOC. À l’heure actuelle, les socialistes sont en effet 19 au sein d’un plénum à 69 membres, qui ne compte pas d’autre parti de gauche. Non seulement le RESOC relève que lors des élections fédérales de 2019, le PS est arrivé en tête des votes à Crissier, mais aussi que la gauche dans son ensemble en a totalisé 45%.

Peur des étiquettes

«Nous avons étudié d’autres modèles d’alliance, comme l’étiquette «PS +», mais nous avons opté pour une identité commune, plus inclusive», explique Oriane Sarrasin. L’enjeu de recruter des candidats en vue de l’élection a pesé. «Au niveau local, nous voyons des gens qui désirent s’engager pour une politique de gauche, mais qui ne veulent pas l’étiquette d’un parti. Ce sont en particulier des femmes, qui disent que sans cette formule, elles ne se seraient jamais lancées.»

Mais si les couleurs politiques s’estompent, elles ne disparaissent pas complètement. Dans ce modèle hybride, le logo RESOC sera le seul à apparaître sur les listes de vote, mais l’affiliation de chaque candidat sera aussi mentionnée. Une transparence qui laisse apparaître le poids important du PS. Les trois poulains du RESOC à la Municipalité, Emmanuel Mayer, Béatrice Gitera et Wembo Jah Olela, sont socialistes, tandis que sur la liste au Conseil communal, ils sont 17 sur 26.

Dans le paysage socialiste vaudois, la démarche est inédite pour cette campagne, comme le confirme le PS Vaud. Un exemple similaire se trouve pourtant à Prangins, où Socialistes et Verts siègent déjà au plénum sous l’étiquette «Alternative pranginoise». Au Mont-sur-Lausanne, c’est le PLR qui a tout récemment accepté de se fondre dans une nouvelle étiquette. Comme le PS de Crissier, il conservera toutefois sa section locale.

2 commentaires
    Catherine Calantzis Robert

    Vous oubliez le PSIG de Bussigny qui réunit le PS, les indépendant•e•s de gauche et les Vert•e•s.