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L’éditorialLe PS va virer à gauche

En choisissant le Valais plutôt que Berne, le jeune conseiller national aux dents longues Mathias Reynard laisse tomber comme une vieille chaussette sa colistière Priska Seiler Graf, avec qui il briguait la présidence du Parti socialiste suisse. La Zurichoise en tire les conséquences et se retire de la course.

Cette explosion en vol du duo romand-alémanique ouvre un boulevard au ticket zurichois-argovien composé de Mattea Meyer et Cédric Wermuth. Pas de quoi s’émouvoir. Les Romands ont été plus que bien servis au PS en occupant la présidence du parti avec Christian Levrat et la présidence du groupe parlementaire avec Roger Nordmann. La nouveauté avec le duo Wermuth-Meyer, c’est que le PS vire à gauche. Il va donner les clés à deux anciens dirigeants des Jeunesses socialistes qui adorent la provocation, prônent le dépassement du capitalisme et soutiennent la convergence des luttes de toutes les minorités qui s’estiment opprimées.

«Le PS ne fait pas vraiment rêver la jeunesse, qui va voir du côté des Verts. Pour le coup, le parti à la rose recule inexorablement»

Pourquoi pas. Cela peut donner un coup de fouet à un parti qui se distingue surtout par sa très bonne capacité à manœuvrer dans le marigot politique. En revanche le PS ne fait pas vraiment rêver la jeunesse, qui va voir du côté des Verts. Pour le coup, le parti à la rose recule inexorablement et se trouve bien loin derrière l’UDC, pourtant en perte de vitesse.

Reste à savoir si le remède, une piqûre de jeunes activistes, sera pire que le mal. Si Wermuth et Meyer peuvent attirer de nouveaux électeurs, il s’agit de ne pas perdre la frange modérée de l’électorat socialiste. Certains élus ont déjà quitté le navire pour les Vert’libéraux. Il s’agit de veiller à ce que la fuite ne se transforme pas en voie d’eau. Le pragmatique Pierre-Yves Maillard, dont l’étoile monte à Berne, pourra sans doute aider à ce que les choses ne partent en vrille.