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Climat
Le réchauffement causé par l’homme à un «rythme sans précédent»

DEATH VALLEY, CALIFORNIA - APRIL 23: A 'Heat Kills' sign is posted as visitors walk nearby on April 23, 2024 in Death Valley National Park, California. Following torrential rains from Tropical Storm Hilary last August and subsequent winter storms, parts of Death Valley National Park are now seeing widespread blooms of wildflowers. Death Valley is the hottest and driest place in the United States and California was in severe drought in 2022. Climate scientists have predicted that both droughts and intense rainfall in California’s inland deserts will be aggravated by global warming in swings experts call ‘climate whiplash’.   Mario Tama/Getty Images/AFP (Photo by MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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Le réchauffement climatique causé par les activités humaines a atteint un «rythme sans précédent» et la fenêtre pour limiter à 1,5 °C la hausse des températures est déjà presque fermée, mettent en garde des dizaines de chercheurs renommés dans une étude parue mercredi.

«Le réchauffement causé par l’homme a augmenté à un rythme sans précédent dans les mesures instrumentales, atteignant 0,26 °C en 2014-2023», indiquent ces scientifiques.

Ce constat, publié dans la revue Earth System Science Data, est le fruit du travail de près d’une soixantaine de chercheurs de renom qui s’appuient sur les méthodes du Giec, les experts climat mandatés par l’ONU. L’intérêt de l’étude est de fournir des indicateurs actualisés à partir du rapport de ces derniers, sans attendre le prochain cycle dans plusieurs années. 

+1,31 °C en 2023

Par rapport à l’ère préindustrielle, ce réchauffement d’origine humaine a atteint 1,19 °C sur cette décennie, ce qui témoigne d’une nette augmentation par rapport aux chiffres du dernier rapport publié il y a un an (+1,14 °C sur 2013-2022).

Pour la seule année 2023, le réchauffement attribuable à l’activité humaine a atteint 1,31 °C. Le réchauffement total observé a lui touché 1,43 °C – car la variabilité naturelle du climat a également joué, à commencer par le phénomène El Niño.

Les scientifiques entendent fournir des données à jour chaque année, pour nourrir les négociations des COP et le débat politique, alors que la décennie actuelle est jugée décisive pour sauver les objectifs de l’accord de Paris de 2015, qui ambitionne de contenir le réchauffement bien en dessous de 2 °C et si possible à 1,5 °C.

Réunion à Bonn

Cette publication intervient au moment où des représentants du monde entier sont réunis à Bonn pour faire avancer les négociations climatiques avant la COP29 prévue à Bakou en fin d’année (11-22 novembre).

«Pour nous, ça rappelle l’urgence et l’importance des négociations et des accords afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre», a souligné devant la presse Pierre Friedlingstein, de l’université d’Exeter et du CNRS.

«L’action pour le climat est importante parce que chaque incrément de réchauffement dû aux activités humaines supplémentaire augmente des risques graves», rappelle aussi la climatologue Valérie Masson-Delmotte, évoquant les récentes canicules, sécheresses ou pluies extrêmes à travers le monde. Elle met aussi en avant «la réussite d’actions collectives», par exemple dans la protection de la couche d’ozone.

Le réchauffement est le fruit des émissions de gaz à effet de serre – causées majoritairement par l’utilisation massive des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) – qui se situent à des niveaux records: quelque 53 milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an sur 2013-2022. Elles étaient de 55 milliards pour la seule année 2022.

Un autre effet a également joué, soulignent les scientifiques: un moindre refroidissement occasionné par les particules polluantes dans l’air, qui réfléchissent le soleil et permettent la formation de certains nuages. 

«La raison principale est la dépollution de l’air, d’abord en Europe et aux États-Unis, et plus récemment en Asie, particulièrement en Chine», a expliqué à l’AFP Glen Peters, du Centre pour la recherche climatique internationale d’Oslo.

«C’est une décennie critique»

Certains chercheurs mettent en avant le rôle d’une récente réglementation plus stricte pour le transport maritime. Mais la réduction des émissions de dioxyde de soufre, notamment dans le secteur du charbon, a débuté dès les années 1980, souligne Glen Peters.

Le budget carbone résiduel – la marge de manœuvre, exprimée en quantité totale de CO2 qui pourrait encore être émise tout en gardant 50% de chance de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C – est en train de fondre. 

Ce «budget» n’est plus que de l’ordre de 200 milliards de tonnes, l’équivalent de quelque cinq années d’émissions au rythme actuel, contre encore 250 milliards dans la dernière édition de l’étude il y a un an.

«C’est une décennie critique», écrivent les auteurs. «On pourrait s’attendre à ce qu’un réchauffement mondial de 1,5 °C soit atteint ou dépassé dans les 10 prochaines années», en l’absence d’un refroidissement causé par une importante éruption volcanique. «Mais c’est aussi la décennie où on pourrait s’attendre à ce que les émissions mondiales atteignent leur pic et commencent à décliner substantiellement», soulignent-ils. 

Objectif zéro émission nette

Malgré les niveaux records atteints, le rythme d’augmentation des émissions de CO2 a en effet ralenti cette décennie comparé aux années 2000. Le rapport contient «un peu d’optimisme», juge ainsi Piers Forster, de l’Université de Leeds, auteur principal de l’étude.

«Les émissions de gaz à effet de serre augmentent moins vite qu’en 2000, mais elles augmentent toujours», donc leurs «concentrations continuent à augmenter et le réchauffement aussi», explique à l’AFP Pierre Friedlingstein, de l’université d’Exeter. «Il faut qu’elles descendent à zéro émission nette», a-t-il souligné.

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