Passer au contenu principal

Covid-19 et télétravailLe retour au bureau sera dur pour certains

Les millenials et les femmes sont peu enclins à perdre la flexibilité acquise grâce au travail à distance, selon un sondage Manpower.

L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée semble être devenu pour les travailleurs un critère encore plus important depuis le début de la pandémie de Covid-19 qu’il ne l’était déjà avant celle-ci.
L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée semble être devenu pour les travailleurs un critère encore plus important depuis le début de la pandémie de Covid-19 qu’il ne l’était déjà avant celle-ci.
Getty Images/Maskot

Inévitablement, les mesures sanitaires de semi-confinement imposées pour lutter contre la pandémie de coronavirus vont être levées, au fur et à mesure que la propagation du Covid-19 va ralentir, voire disparaître. Inévitablement aussi, les employés actuellement en télétravail vont être appelés par la direction de leur entreprise à regagner leur bureau.

Ce retour à la normale, certains s’en réjouissent, d’autres l’appréhendent. C’est ce qu’indique un sondage commandé par le spécialiste des services en ressources humaines Manpower (qui porte sur les différents effets de la crise sanitaire sur le monde du travail, dont le télétravail, lire aussi l’encadré).

«Ce sont les plus désireux d’éviter les transports et les moins disposés à perdre la flexibilité qu’ils viennent de gagner»

Les auteurs du rapport

Si neuf actifs sur dix considèrent le fait de conserver leur emploi comme la chose la plus importante actuellement, la pandémie ayant provoqué une crise économique sans précédent et qui fait que chacun craint pour son poste, le retour au bureau soulève toutefois des réticences chez 94% des sondés. Cette proportion varie selon les classes d’âges. Les jeunes issus de la génération Y, appelés aussi les millenials (personnes nées entre 1980 et 1995 grosso modo), émettent pour la plupart des réticences à abandonner le télétravail. Ils ne sont que 38% à se réjouir de reprendre le chemin de la «boîte».

«Ils tiennent plus que les autres à être assurés que leurs collègues malades seront contraints de rester chez eux. Ce sont aussi les plus désireux d’éviter les transports et les moins disposés à perdre la flexibilité qu’ils viennent de gagner», commentent les auteurs du rapport.

À l’inverse, les autres générations de travailleurs, les baby-boomers (nés entre 1945 et 1965), les X (entre 1965 et 1980) et les Z (à partir de 1995) se montrent plus enclins, voire impatients à retrouver leurs collègues. Ceux-ci apprécient la séparation physique et claire entre vie professionnelle et vie privée que permet l’entreprise en tant que lieu de travail, et préfèrent collaborer «en vrai» avec leurs collègues plutôt que par écrans interposés, analysent en substance les enquêteurs.

Des différences apparaissent aussi entre hommes et femmes. Les premiers sont plus nombreux à percevoir positivement le retour au bureau (46%) que les secondes (35%). Celles-ci sont moins favorables à revenir en entreprise lorsqu’elles ont des enfants en bas âge, le télétravail leur permettant manifestement de mieux jongler entre obligations professionnelles et familiales.

Après les inquiétudes d’ordre sanitaire, les actifs redoutent un retour aux pratiques d’hier et le risque de perdre la flexibilité qu’ils ont acquise, lit-on dans le rapport. Parmi les sondés, 43% sont convaincus que la pandémie marque la fin de la traditionnelle journée au bureau de 9h à 17h. Et la plupart préfèrent n’être présents au bureau que deux à trois jours par semaine.

Les résultats du sondage indiquent que l’autonomie et la flexibilité des horaires de travail (au bureau comme en télétravail), l’équilibre à long terme entre vie professionnelle et vie privée, mais aussi le souhait de bénéficier de formations continues virtuelles adaptées aux besoins du marché du travail, font partie des besoins centraux exprimés par les travailleurs. Ces besoins ne sont certes pas nouveaux. Mais il semble que la crise sanitaire et ses conséquences les ont rendus plus importants encore qu’avant le début des événements.

11 commentaires
    Barbara_s

    Dans un forum pour les entreprises il y a 1 an un nombre incalculable de pme se posaient la question si adopter l horaire flexible est nécessaire pour leur attractivité!!! Si la Suisse veut rester innovante il va falloir trouver une solution sans oublier de protéger l employé d un surmenage avec la limite plus élastique vie privée/ vie professionnelle. On parle systématiquement de la pression de la génération z, mais la réalité est que toutes les générations sont plus sous pression avec l hyper mobilité de notre société; retrouvons un espace pour pouvoir à nouveau contribuer à la vie communautaire locale.