Service militaire délaisséPourquoi le service civil gagne en popularité
Manque de sens, d’utilité ou difficulté à concilier avec la vie privée: une étude révèle les raisons pour lesquelles les jeunes désertent l’armée.

Le service militaire est vu comme «moins utile» et plus difficilement conciliable avec la vie privée. Ce sont les deux raisons majeures aux départs du service militaire vers le service civil, selon une étude dont a pris connaissance mercredi le Conseil fédéral.
Chaque année, environ 11’000 personnes astreintes au service militaire quittent l’armée avant d’avoir accompli leur obligation de servir au complet. Actuellement, plus de 60% d’entre elles optent pour le service civil. Face à ce constat, le Groupement Défense et l’Office fédéral du service civil ont fait examiner l’an dernier les motifs qui expliquent les départs vers le service civil. L’étude ne prend pas en compte le conflit de conscience.
Premièrement, l’utilité de l’engagement militaire est remise en question. Moins de la moitié (48%) des personnes astreintes au service civil estiment que le service militaire propose des activités intéressantes.
Plus de 75% ont déclaré qu’au-delà du conflit de conscience, elles estimaient que le service militaire manquait de sens à leurs yeux. Par contre, plus de deux tiers des militaires et plus de 95% des membres du service civil considèrent que ce dernier est utile.
La conciliation avec la vie privée est aussi un motif avancé. Pour 85% des personnes astreintes au service civil et qui possèdent une expérience militaire, le service militaire est difficilement compatible avec la vie privée. En comparaison, plus de 90% des personnes astreintes au service civil estiment qu’elles parviennent à concilier aisément leurs engagements avec leur vie privée.
Trop de pression psychologique
L’obligation de grader contribue aussi à diminuer l’attrait du service militaire, selon l’étude. Plus de la moitié des personnes astreintes au service civil et qui possèdent une expérience militaire ont déclaré qu’elles avaient éprouvé des difficultés avec le style de conduite et les structures hiérarchiques de l’armée ou qu’elles avaient vécu des expériences négatives pendant leur service.
Environ un quart de ces personnes ont indiqué qu’elles avaient ressenti trop de pression psychologique pendant l’école de recrues ou qu’elles avaient été victimes de discrimination dans l’armée. Certaines personnes estiment également que le contenu et la méthodologie de l’instruction militaire sont peu utiles et peu appropriés.
Face à ces résultats, des recommandations sont formulées pour diminuer le nombre de départs vers le service civil pour d’autres motivations que le conflit de conscience. L’armée doit notamment communiquer davantage et mieux sur l’utilité d’un engagement militaire et les buts poursuivis.
Il s’agit aussi d’améliorer la planification de la carrière des cadres et l’instruction. Le Département fédéral de la défense va analyser ces suggestions.
L’étude a été réalisée par l’Institut de recherche externe Interface Politikstudien Forschung Beratung AG. Un groupe de travail paritaire du Groupement Défense et de l’Office fédéral du service civil a encadré les travaux. Via un sondage en ligne anonyme, 3268 personnes astreintes au service civil et 1066 militaires ont répondu librement.
ATS
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